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interview de Pascal Laizé, Président de la commission environnement eau de la FDSEA
Irrigation : le pire a été évité, mais la campagne n’est pas terminée

Pascal Laizé
Pascal Laizé
© Anjou agricole
Cette année, les restrictions de prélèvements d’eau ont été précoces et généralisées sur le département. Comment s’est déroulé ce début de campagne d’irrigation ?
Pascal Laizé : Une baisse prononcée des débits des cours d’eau a été constatée dès avril-mai et s’est poursuivie jusqu’en juillet. Les nappes sont également à des niveaux exceptionnellement bas. La Chambre d’agriculture a donc mené une estimation des besoins en eaux superficielles et des capacités de prélèvement sur les bassins les plus critiques, pour anticiper les passages en-dessous des seuils réglementaires de restriction puis d’interdiction de prélèvements. Une communication avec l’administration et les associations environnementales a également été menée. Nous avons alerté le préfet sur le caractère très critique de la situation en juin. Puis, avec des responsables de la FDSEA, de JA et de la Chambre d’agriculture, nous l’avons à nouveau rencontré à deux reprises en juillet. Il s’agissait de lui présenter les quantités nécessaires en eau pour limiter la perte sur les cultures, et des propositions de gestion des débits. Nous avons été entendus : nous avons abouti à des mesures de compromis, pour sauver les cultures tout en préservant un débit dans les cours d’eau suffisant pour la vie aquatique et les usages prioritaires. Cela s’est traduit, pour chaque bassin, en concertation avec les irrigants, par des tours d’eau, et des limitations de prélèvements volontaires. Nous savons déjà que les rendements ne seront pas optimisés, mais nous avons évité le pire. La Fédération de Pêche et la Sauvegarde de l’Anjou ont été informées de nos demandes et des mesures prises.

À partir de mi-juillet, la pluviométrie a donné un peu de répit aux irrigants. Comment s’annonce le mois d’août ?
Mi-juillet, nous avons effectivement vu le débit de la Loire et des ses affluents remonter. Mais malheureusement, depuis le 25 juillet environ, une nouvelle baisse est amorcée. Même si les besoins des cultures en eau ont un peu diminué, rien n’est encore gagné pour les semaines qui viennent. Nous allons poursuivre notre travail d’anticipation et de négociation pour mener les cultures jusqu’au bout.

Peut-on déjà tirer des enseignements de cette campagne difficile pour les prochaines années ?
D’abord, on peut constater que l’anticipation et la concertation ont payé. Sur les bassins où une gestion collective est déjà en place, nous voyons l’efficacité du système pour gérer au mieux la ressource. Nous avons la volonté d’étendre ce type d’organisation, notamment sur le bassin de l’Authion, pour sécuriser l’accès à l’eau. Enfin, l’expérience de la mise en place des tours d’eau montre qu’elle nécessite une bonne connaissance des besoins des irrigants et de leur capacité de prélèvement d’eau.
PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE CALMEJANE, FDSEA
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