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Dégâts de gibier
À Jarzé, le fléau des choucas

Les dégâts causés par les animaux sauvages sont un fléau récurrent pour les agriculteurs. Si les sangliers et les chevreuils sont bien connus, un petit corvidé se fait de plus en plus remarquer : le choucas des tours. À Jarzé Villages, Patrice Maugour aimerait pouvoir obtenir l'autorisation de réguler l'espèce.

Il y a cinq ans, la problématique du choucas des tours était encore assez marginale pour les agriculteurs de Jarzé. Aujourd'hui, elle est devenue une menace concrète. Patrice Maugour, l'un des 3 associés du Gaec de la Pinochère, en a encore fait l'amère expérience cette année : sur les 66 ha de maïs ensilage de l'exploitation laitière, 4 ont été détruits par les petits corvidés qui nichent à proximité dans le parc du château de Jarzé, ainsi qu'un demi hectare de maïs semences sur les 25 que compte le Gaec. Il y a 2 ans, c'était déjà 2 ha de maïs semences. "Ça finit par nous coûter cher, et encore plus en maïs semences car quand nous ne faisons pas notre rendement de référence, nous sommes pénalisés aussi l'année suivante", explique l'agriculteur. Celui-ci a d'ailleurs remarqué que les dégâts sont particulièrement importants dans les zones "où il y a des ronds d'argile, parce que quand ça sèche, les motilles de terre s'écartent et les oiseaux vont directement au grain", soulignant que le problème peut persister jusqu'au stade quatre feuilles de la plante.

Le comportement du choucas est d'autant plus difficile à gérer qu'il diffère de celui de ses cousins, le corbeau et la corneille. Paul Gayssot, technicien de la FDGDON 49 (Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles), souligne la spécificité de l'espèce : "contrairement au corbeau ou à la corneille qui peuvent être 2 ou 3 dans une parcelle, les choucas peuvent débarquer à 30 ou 40 d'un coup", une invasion rapide et massive qui ne laisse aucune chance aux jeunes pousses de maïs.

La solution de l'effaroucheur

Face à ce constat, le Gaec de la Pinochère a expérimenté cette année l'efficacité d'un effaroucheur Tonnfort T5, loué à la FDGDON 49. Ce canon, positionné verticalement, émet des détonations qui propulsent une cloche et un leurre le long d'un mât de 7 m de haut. Pour Patrice Maugour, l'effet a été immédiat :"ça a été très efficace, du jour au lendemain on n'a plus eu de dégâts", reconnaît-il. Malheureusement, cet effaroucheur a été installé trop tard et le mal était déjà fait. De plus, le nombre d'appareils disponibles est limité : 12 pour l'ensemble du département. Bien insuffisant pour répondre à la demande. Pour son utilisation, compter 30 € pour la pose et la dépose par un technicien, ainsi qu'un loyer de 65 € par semaine.

Les répulsifs en enrobage de semences comme le Korit sont une autre piste, mais leur efficacité a ses limites. "Le Korit c'est efficace, mais quand tout le monde en met en même temps, ça a du mal à faire effet très longtemps", estime Patrice Maugour. Un constat qui confirme le besoin de trouver d'autres solutions pérennes pour faire face à ce phénomène.

L'urgence d'une régulation encadrée

Pour l'agriculteur jarzéen, qui est aussi chasseur et piégeur, la solution réside dans la régulation de la population de choucas des tours : "les choucas ont pris le dessus sur les corbeaux et les corneilles, qui sont des espèces régulées". Patrice Maugour espère "avoir le droit de réguler un peu l'espèce l'an prochain", confie-t-il, en précisant qu' "il n'est évidemment pas question de l'éradiquer, mais de la réguler comme nous le faisons pour les autres espèces". Il propose une approche concrète : "si au comptage, on détecte 50 couples, il serait sans doute utile d'en prélever une dizaine". Avec l'appui de la FDGDON 49, il envisage de réunir cet hiver les agriculteurs, piégeurs et élus du secteur, pour organiser cette stratégie de comptage, prérequis indispensable pour obtenir des autorisations de prélèvement, comme cela a pu être fait par le passé dans le Segréen. Cependant, le 2ème étage de la fusée reste la déclaration de dégâts par les agriculteurs, sans quoi les autorités ne vont accorder aucune autorisation. "J'incite vraiment mes collègues à le faire quand ils en ont. Avec l'application, c'est quand même très pratique de prendre une photo, de se géolocaliser sur le terrain, et d'envoyer sa déclaration", insiste l'agriculteur. Encore faut-il prendre le temps de le faire. L'enjeu est de taille, car sans un nombre suffisant de déclarations, aucune régulation ne peut être justifiée, comme l'explique Paul Gayssot : "malgré les 3 000 comptages qui ont été effectués ce printemps dans le Segréen, nous n'avons pas eu suffisamment de remontées de dégâts pour justifier un prélèvement cette année", regrette-t-il. Qu'on se le dise !

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