ESA
Jean et Baptiste, futurs acteurs du monde agricole
Futurs ingénieurs agronomes, Jean Jagu et Baptiste Corbel pilotent la quatrième édition de la journée des agricultures. Des étudiants plutôt optimistes quant aux perspectives d'avenir des filières de production animale.
Ils sont nés en 2005 et sont tous les deux Bretons -l'un est Morbihannais, l'autre Costarmoricain. Jean Jagu et Baptiste Corbel sont étudiants en troisième année d'ingénieur agronome à l'Esa (École supérieure des agricultures), à Angers. Et ont tous les deux opté pour la spécialité productions animales, avec un intérêt particulier pour les espèces monogastriques. Des points communs qui les rapprochent et qui les ont guidés dans l'élaboration de la journée des agricultures ce jeudi 2 avril : une initiative étudiante qui se déroule pour la quatrième fois au sein de l'établissement et dont l'objectif est "d'ouvrir le dialogue sur les enjeux agricoles et alimentaires de demain".
Acteurs de l'amont
En tant que futurs acteurs du monde agricole, où imaginent-ils leur place justement ? "En amont de la chaîne de production", déclarent-ils d'emblée. Baptiste Corbel, fils de producteur de porcs, envisage de reprendre l'exploitation familiale. "Mais à long terme, dit-il. Avant cela, j'aimerais travailler dans le domaine de la nutrition, car je pense que c'est un des leviers d'amélioration de l'élevage porcin, comme la génétique". Jean Jagu, actuellement en alternance dans un laboratoire pharmaceutique à Segré-en-Anjou bleu, souhaite poursuivre dans le domaine de la santé animale. "Pour que les solutions proposées par les laboratoires soient vraiment adaptées aux besoins des éleveurs, argumente-t-il. Quand on voit les conséquences de la diffusion des maladies comme l'influenza aviaire ou encore la FPA, on se rend compte de l'importance de la sécurité sanitaire des élevages".
Éduquer le consommateur
Les deux étudiants se positionnent plutôt du côté de la défense de la production animale. "Certains la démantèlent, d'autres exercent une pression sur les éleveurs au nom du bien-être animal, mais moi je crois à l'avenir de la production", affirme Jean Jagu. "Il y aura toujours besoin de nourrir la population", constate Baptiste Corbel. Tous les deux s'accordent sur la nécessité "d'éduquer le consommateur" pour "mieux manger", mais aussi le producteur "qui doit respecter les réglementations", avec en ligne de mire " la bataille du prix". La communication autour de la "défense du bien produire" est un enjeu dans lequel ils prendront leur part. Déjà, lors des échanges avec leurs pairs, ils affirment leur point de vue sur l'actualité. "Certains camarades ne comprenaient pourquoi l'abattage des bovins était obligatoire dans la lutte contre la DNC", cite par exemple Jean Jagu.
Rencontres professionnelles
Exprimer son opinion et écouter celles des autres, c'est ce que Baptiste Corbel et Jean Jagu vivent au quotidien en tant qu'étudiants à l'Esa. "Nous venons de partout, avec des parcours différents : les discussions sont très enrichissantes", avoue Baptiste Corbel. Président du BDE, il coordonne de nombreuses activités extra-scolaires, et pas uniquement festives. Avec Jean Jagu, responsable des relations entreprises au sein du BDE, ils organisent une fois par mois une rencontre avec des professionnels et ont lancé un afterwork où sont invitées des entreprises susceptibles d'être intéressées par les profils des étudiants de l'Esa. Une façon de se créer un réseau bien utile pour leur future carrière.
Confronter les opinions
Ce réseau transparaît dans les invités de la journée des agricultures. Grâce à Marine Colli, consultante et spécialiste des politiques agricoles - un contact donné par Christiane Lambert-, les organisateurs ont pu faire venir Dacian Ciolos, ancien premier ministre de la Roumanie, pour répondre aux questions de Clément Traineau, éleveur à Neuvy-en-Mauges et administrateur de la fédération nationale bovine. Ils ont également donné la parole à Jean-Baptiste Vervy, agriculteur qui explique son métier sur la chaîne Youtube et à Hervé Le Prince sur l'activisme alimentaire. "L'idée est que tous les acteurs soient représentés dans les conférences, de la fourche à la fourchette, disent-ils. Et que les opinions se confrontent pour lutter contre les idées simplistes". Les étudiants suivent ainsi la maxime du philosophe Averroes : "l'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence".