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Interview
« J’entends donner aux paysans la fierté de leur métier »

Xavier Beulin, nouveau président de la FNSEA dévoile les grandes orientations.

De gauche à droite : Xavier Beulin, nouveau président de la FNSEA. Christiane Lambert, 1re vice-présidente. Dominique Barrau secrétaire général. Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint.
De gauche à droite : Xavier Beulin, nouveau président de la FNSEA. Christiane Lambert, 1re vice-présidente. Dominique Barrau secrétaire général. Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint.
© Actuagri

Vous venez d’accéder à la présidence de la FNSEA. Quel est votre projet pour l'agriculture ?
Xavier Beulin : J’entends donner aux paysans la fierté de leur métier et de ce qu’ils représentent dans la société. Nous avons trois défis à relever : assurer dans les meilleures conditions possibles l’aboutissement d’une nouvelle Pac moins protectrice que  la précédente ; rétablir un climat de confiance entre les producteurs et leur environnement économique, c'est-à-dire les partenaires, d’aval jusqu’à la distribution ; créer les conditions d’une France agricole leader en Europe qui redonne aux agriculteurs de vraies perspectives en termes de revenu tout en continuant à être attractive pour les jeunes.

Quelles sont vos priorités ?
Il y a urgence pour les éleveurs. Ils sont pris en tenaille entre l’augmentation du prix des matières premières et l’impossibilité de passer des hausses à la grande distribution. Une combinaison de solutions est à trouver  pour retrouver des marges de manœuvre en agissant à la fois sur les prix, en repensant les relations entre les secteurs végétal et animal et en promouvant une plus grande organisation économique des agriculteurs et de nos filières.

Face à la volatilité des prix des matières premières, vous évoquiez de nouvelles relations entre le végétal et l’animal. Comment cela peut-il se concrétiser ?
Il y a des discussions entre Orama et les représentants des fabricants d’aliments du bétail. Il faut aller vers des relations contractuelles pour écrêter et amortir les excès de la volatilité, à l’échelle des bassins, au niveau national et enfin, imaginer des mécanismes financiers pour prévoir et se protéger des variations de prix. Quoi qu’il en soit, l’implication des pouvoirs publics est indispensable pour la mise de dotations pour aléas ou de dispositifs fiscaux adaptés. Il faut aussi trouver, dans le cadre du G20, les solutions pour enrayer cette volatilité devenue incontrôlable.

Y-a-t-il d’autres relations que celles du rapport de force avec la grande distribution ?
Le rapport de force fait partie des moyens d’action. Mais je préfère un autre type de relation basé sur la confiance et l’équité. Toutefois, je ne suis pas naïf quand on sait que quatre ou cinq opérateurs réalisent 85 % des mises en rayons des produits alimentaires.
L’Observatoire des prix et des marges permettra d’avoir un regard nouveau sur la formation des prix et des marges dans les filières. On ne peut faire des producteurs la variable d’ajustement des filières agroalimentaires. Ceci étant, nous avons besoin de la grande distribution pour écouler nos produits.

Vous avez contribué à la construction d’une filière oléagineuse performante. Le modèle est- il généralisable ?
Ce n’est pas tant le modèle que l’esprit qui est à généraliser. Il se traduit par la volonté des agriculteurs de se regrouper et d’investir collectivement pour être plus et mieux présents dans l’aval. C’est une forme d’organisation moderne, même si elle n’est pas transposable partout.

Les orientations du Grenelle de l’environnement auxquelles la profession a été associée sont-elles une chance ou un handicap pour l’agriculture française ?
C’est une chance si le Grenelle de l’environnement aboutit à une harmonisation des règles au niveau européen. Mais je redoute que cela devienne un handicap et, de décisions malencontreuses en affichage médiatique, on aille vers un affaiblissement de l’agriculture française. Nous devons être extrêmement vigilants là dessus et je pense que les pouvoirs publics devraient faire davantage confiance aux agriculteurs. L’excès de la réglementation tue la réglementation.

Extraits d’une interview accordée à Actuagri

Réactions

Joël Limouzin, président de la FRSEA.
La démocratie s’est exprimée au sein de la grande maison sans aucune opposition entre les deux candidats. Il y a une vraie volonté de travailler ensemble dans l’intérêt des agriculteurs et de l’agriculture française.  Nous attendons des signes forts pour nos régions d’élevage afin de pérenniser l’élevage avec une  agriculture de territoire et avec toutes les filières.

Michel Dauton, président de la FDSEA de la Sarthe.
Ma première réaction est de saluer la détermination avec laquelle Xavier Beulin a immédiatement fixé le cap. La FNSEA est garante de l'unité professionnelle, avec un syndicalisme qui doit rester très ancré sur le terrain. Elle doit s'impliquer avec la même force dans le développement des filières courtes et des filières longues, si on veut que les agriculteurs tirent le meilleur parti de marchés bien différents. Et il est absolument nécessaire de rapprocher davantage les filières végétales et animales pour mieux garantir un équilibre économique sur toutes nos exploitations, quelles que soient leurs productions.

Florence Desillière : présidente de la FDSEA de Mayenne.
L'unité affichée entre les principaux responsables témoigne de l’état d’esprit constructif et du sens de la responsabilité des uns et des autres. L’essentiel est de conserver l’efficacité et le respect de la FNSEA tel que le souhaitent les agriculteurs, les militants et les adhérents mais plus largement tous les agriculteurs de notre pays. Xavier Beulin est le président de tous les agriculteurs et de toutes les productions. Il devra travailler pour retrouver des marges de manœuvre en agissant à la fois sur les prix, en repensant les relations entre les secteurs végétal et animal et en promouvant une plus grande organisation économique des agriculteurs et de nos filières. Je me réjouis également que la vice-présidente de la FNSEA soit dans la région.

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