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Lait
La contractualisation en production lait, un outil nécessaire et indispensable

Lors de son assemblée générale à Aurillac (Cantal), la Fédération nationale des producteurs de lait a expliqué aux opposants à la contractualisation qu’ils faisaient fausse route.

Henri Brichart, président de la FNPL : “Les contrats sont 
indispensables si nous ne voulons pas demain être soumis au 
bon vouloir de nos acheteurs”.
Henri Brichart, président de la FNPL : “Les contrats sont
indispensables si nous ne voulons pas demain être soumis au
bon vouloir de nos acheteurs”.
© Actuagri

Bel, Lactalis, Sodiaal, Danone… Le 1er avril prochain, les entreprises industrielles laitières seront dans l’obli-gation de proposer des contrats écrits à “leurs” producteurs livreurs. Ceux qui s’opposent à cette contractualisation, inscrite dans la dernière Loi de modernisation agricole (LMAP), ils “nient les réalités”, a fermement dénoncé Henri Brichart, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), lors de son assemblée générale annuelle les 16 et 17 mars à Aurillac (Cantal). Ils “font croire au grand soir où tous les producteurs de lait européens se réu-niront dans la même marmite”, fustige encore Henri Brichart à l’adresse de l’Apli (Association des producteurs de lait indépendants) qui milite pour une gestion ultra administrée du secteur.

La FNPL a décidé, à Aurillac, de durcir le ton envers les opposants à la contractualisation au nom de l’avenir des éleveurs laitiers français. “Les contrats (…) sont indispensables si nous ne voulons pas demain, dans un monde où nous serons moins protégés par l’intervention de la puissance publique, être soumis au bon vouloir de nos acheteurs”, explique-t-elle. Quand les quotas disparaîtront en 2015, “il s’agira alors de gérer collectivement notre production pour être des acteurs du marché et garder l’équité que nous avons toujours défendue”, poursuit Henri Brichart. Xavier Beulin, président de la FNSEA, dans un discours prononcé le 16 mars à Aurillac, a dénoncé, lui, l’appropriation par d’autres syndicats agricoles des outils de la contractualisation et de l’organisation économique des producteurs (OP) “pour en faire un instrument de revendication syndicale”.

Instruments européens de régulation

Mais la FNPL ne veut pas non plus qu’on se trompe sur ses intentions : l’entrée du secteur laitier européen dans le libéralisme “n’était pas notre vision du monde et nous continuons de le dénoncer”, explique son président. Avant de rappeler à Bruno Le Maire – dont l’avion n’a pu atterrir du fait du brouillard épais au-dessus d’Aurillac – et à la Commission européenne que l’agriculture a “besoin d’instruments de régulation” des marchés dans la Pac post- 2013. Car, souci de “réalisme”, toujours, la FNPL rappelle que “ce seront les marchés qui orienteront les prix et non les contrats”. Le président de la FNSEA explique en outre que les contrats sont “le meilleur outil qui sécurisera demain la relation entre le producteur et son aval” à condition d’“emmener la contractualisation jusqu’à la distribution”. Il propose aussi que l’indexation des prix des produits finis sur l’évolution des cours des matières premières, défendue par la FNSEA, “entre dans une démarche de contractualisation”.
Déplorant une évolution menée “au pas de course”, Henri Brichart a qualifié le ministre de l’Agriculture de “Lucky Luke de l’agriculture”. Mais la FNPL est convaincue que la massification de l’offre est “nécessaire” au travers d’ “organisations collectives et économiques de producteurs” afin de renforcer la position de la production dans la chaîne alimentaire. Xavier Beulin pose, lui, deux conditions à la réussite de la contractualisation : “Des interprofessions solides” et “le renforcement des OP”. Cette organisation économique prendra du temps, le président de la FNPL avouant que les premiers contrats proposés par les industriels “pourraient très majoritairement se discuter sans cet échelon indispensable” de l’OP. Les producteurs attendent d’ailleurs l’adoption définitive du “mini-paquet lait” par les 27 États-membres de l’Union et son application française par décret, qui devraient assouplir les règles du regroupement économique des producteurs.

ACTUAGRI

Création de la première Organisation de producteurs en Maine-et-Loire

Suite à la LMA et à l’obligation de contractualiser, les producteurs de lait s’organisent en Maine-et-Loire. Les trois groupements de producteurs de lait des Mauges livrant à Lactalis ont décidé de créer ensemble une organisation de producteurs. Cette OP a pour objectif de négocier les contrats pour ses adhérents. Elle est ouverte à tous les producteurs ligériens livrant à Lactalis et qui souhaiteraient s’y rattacher.
Jeudi matin, à la mairie de La Poitevinière (dans les Mauges), les responsables des groupements ont déposé les statuts de “l’Association ligérienne des producteurs de lait” qui doit négocier prochainement les contrats avec l’entreprise Lactalis. “La Loi de modernisation de l’agriculture impose aux entreprises laitières de proposer des contrats aux producteurs avant le 1er avril. Nous considérons que ces contrats doivent être négociés collectivement, ce que la Loi propose d’ailleurs. C’est pour cela que nous avons créé cette OP”, expliquent Dominique Godard, Jean-Michel Lebrun et Rémy Coulonnier, présidents des trois groupements des Mauges. À ceux qui s’étonneront de la création d’une nouvelle structure, ceux-ci expliquent que “les règles françaises et européennes imposeront, pour avoir le droit de négocier collectivement, que les OP participent à l’organisation de la production et respectent un certain nombre de critères. Nos groupements ne répondaient pas “statutairement” à ces règles. De plus, nous souhaitons nous ouvrir à tous les producteurs Lactalis de la zone, en créant cette structure. Il y aura des élections et chacun pourra y être représenté. De plus, au travers de ses statuts, nous espérons avoir fourni à notre association tous les moyens nécessaires pour équilibrer au mieux le rapport de force entre producteurs et transformateurs. Ce qui fera la réussite ou l’échec de ce projet, ce sont les producteurs. La balle est dans leur camp aujourd’hui, pour demain”.
Les conseils d’administration des groupements ont validé cette création après avoir recueilli l’avis de leurs adhérents lors de réunions locales. Le 29 mars, lors d’une assemblée générale commune des trois groupements, ils proposeront aux producteurs de confirmer leur choix en adhérant massivement à l’OP.

Sylvain Daury

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