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Énergies
La filière bois bocager recherche des producteurs

L’association Mission bocage et le CRDA des Mauges ont commencé à structurer une filière locale d’approvisionnement de bois de chauffage.

Vendredi 18 février, à La Tessoualle, des agriculteurs ont assisté à une démonstration d’élagage de têtards avec une pince coupante et de déchiquetage de bois.
Vendredi 18 février, à La Tessoualle, des agriculteurs ont assisté à une démonstration d’élagage de têtards avec une pince coupante et de déchiquetage de bois.
© AA

En fin 2009, le CRDA des Mauges et Mission bocage ont décidé de structurer une filière locale d’approvi-sionnement en bois bocager. Objectif : fournir des chaudières qui s’approvi-sionnaient, faute de ressources locales, à partir de sites distants ou en plaquettes industrielles. Un an plus tard, 30 producteurs fournissent 500 tonnes de bois. Sur cette quantité, 330 tonnes sont valorisées en bois de chauffage, pour alimenter des chaudières dans des collecti-vités (maisons de retraites, des établissements de formation…) ou chez des particuliers. D’autres clients potentiels sont en cours de prospection. Le reste de la production, de qualité insuffisante pour le chauffage, est écoulé en bois de paillage pour les aménagements paysagers, ou en litière. Cela peut représenter, pour les éleveurs, une alternative à la paille. “Les conditions de stockage et de séchage sont encore insuffisantes pour tout valoriser en bois de chauffage, explique Stéphane Boireau, directeur du CRDA des Mauges. Pourtant, c’est bien notre objectif. Pour ce faire, nous sommes à la recherche de nouveaux sites de stockage”.

Les chaudières attendent…

Vendredi 18 février, les agriculteurs du Bassin versant Ribou-Verdon étaient conviés à une demi-journée d’informa-tion et de démonstration de chantier d’élagage et de déchiquetage. “Il nous faut de nouveaux fournisseurs, les chaudières attendent. Nous avons un challenge à relever”, ont sou-ligné Stéphane Boireau et Samuel Legrais, coordinateur filière bois à Mission bocage. Alors que s’entame la campagne d’abattage et de déchiquetage, les agriculteurs disposant de bois ont été appelés à se faire connaître. À terme, l’enjeu est de constituer un réseau d’agriculteurs fournisseurs et de consolider les engagements, pour sécuriser la filière. Comment se structure-t-elle pour l’instant ? La gestion est assurée par le CRDAM et Mission bocage, qui s’appuient sur des référents locaux pour organiser la logistique de chargement de livraison. Une SCIC, entité
juridique, assure la commercialisation du bois et les paiements aux producteurs et prestataires de services.

Une société coopérative à terme

En 2010, la moitié du bois provenait de haies, l’autre de peupleraies. Il est abattu et déchiqueté par des entreprises spécialisées. Le bois énergie est vendu à 100 euros la tonne et le bois de paillage, à 18 euros  HT par m3, prix départ plate-forme. “La gestion assurée par nos deux organismes est temporaire, a expliqué Samuel Legrais. L’idée est d’aboutir à la création d’une société coopérative beaucoup plus pérenne, avec un système de paiement qui limite les risques financiers pris par les agriculteurs.” En effet, le bois est abattu et stocké en mars ou avril, pour n’être vendu que l’hiver suivant. Une partie du règlement pourrait être effectuée au printemps. 

S.H.

La Tessoualle

Pascal Paquier se lance dans l’agroforesterie

“Mon projet consiste à remplacer le gaz par le bois énergie pour la chaudière de mes bâtiments veaux de boucherie”. Pour alimenter cette chaudière, dont le fonctionnement lui coûte 5 200 à 5 500 euros par an, Pascal Paquier va planter 3 km de haies sur son exploitation de
La Tessoualle. L’agriculteur a également monté, avec Mission bocage, un projet d’agroforesterie. Sur 40 hectares, 1 800 arbres vont être plantés en lignes, à partir du mois de mars : des frênes, des chênes, des poiriers, des ormes... Dans les parcelles exploitées en prairies, un espacement de 15 mètres sera laissé entre chaque ligne, et dans celles dédiées aux cultures, 26 mètres seront nécessaires pour laisser passer les machines agricoles.
L’agriculteur a d’ores et déjà commencé à déchiqueter du bois provenant de sa ferme et il prévoit de mettre en route la chaudière fin 2011 ou début 2012. Mais il ne sera autonome en bois énergie qu’à une échéance de dix à quinze ans, en fonction de la croissance des arbres.

S.H.

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