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Interview
« La flambée du prix du blé menace l’équilibre animal-végétal »

Pour Frédéric Vincent, président de JA49, céréaliers et éleveurs doivent travailler de façon concertée.

FRÉDÉRIC VINCENT
FRÉDÉRIC VINCENT
© AA

Jean-Michel Schaeffer, président national de Jeunes agriculteurs, a adressé le 12 octobre une lettre aux pouvoirs publics et aux opérateurs des filières agricoles pour les alerter sur la hausse du prix du blé. Le point avec Frédéric Vincent, président de Jeunes agriculteurs de Maine-et-Loire.

Dans sa lettre ouverte, JA national affirme que « le partenariat durable entre productions végétales et animales est en danger ». Pourquoi ?
Frédéric Vincent : Il faut d’abord souligner que la hausse du prix du blé est loin de ne profiter qu’aux agriculteurs, puisque le blé est devenu une valeur refuge au bénéfice du monde financier. Et si des céréaliers vont y trouver une valorisation de leur production, le modèle de polyculture-élevage, qui domine dans notre région, pâtit plutôt de la situation. Dans les productions animales, déjà en crise pour des problèmes de répartition de marge, si demain les coûts de production augmentent en raison d’une alimentation trop onéreuse, on risque de voir disparaître une partie des activités d’élevage. C’est l’équilibre des territoires et la biodiversité qui sont en danger. En Pays de la Loire, nous avons la chance d’avoir une grande diversité de productions et la région est quasiment auto-suffisante en céréales pour l’alimentation animale. Il faut prendre garde à ne pas détruire ce maillage très riche, très équilibré, en perdant des élevages de viande bovine, de volaille, de porc...

Quels enseignements tirez-vous de cette situation ?
Elle nous montre clairement que, malgré la volonté des pouvoirs publics de les démanteler, de les balayer, nous avons besoin de maintenir un certain nombre d’outils de régulation européens et mondiaux pour les matières premières. Elle met aussi en valeur la nécessité de travailler de façon concertée, entre les céréaliers et les éleveurs, grâce à un contrat gagnant-gagnant.

Qu’est-ce que ce contrat gagnant-gagnant prôné par JA ?
Aujourd’hui, 50 % de la récolte de céréales française est valorisée par l’alimentation animale. Il ne faudrait plus être victime des fluctuations sur ce débouché assuré. Jeunes agriculteurs propose de contractualiser le volume utilisé pour l’alimentation animale. C’est ce que nous appelons le contrat gagnant-gagnant, un contrat à mettre en place avec les coopératives. Un système de prix minimum permettrait, en cas de baisse des cours,  de sécuriser les producteurs de céréales et un prix plafond, en cas de hausse, garantirait aux éleveurs une accessibilité aux produits. 
Nous cherchons, à travers ce projet, à structurer les liens entre productions végétales et animales pour garder la valeur ajoutée au sein des filières. Car quand le prix du blé flambe à 250 euros la tonne, ce n’est pas aux producteurs que revient la valeur ajoutée. Nous pensons que chaque agriculteur doit pouvoir être acteur au sein de sa filière.

Recueilli par S.H.

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