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Congrès de la FNSEA
La FNSEA demande à l'Etat d'accélérer le mouvement

En ouverture de la séance publique le 27 mars, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a insisté pour que le Gouvernement tienne ses promesses et avance sur les 62 demandes du syndicalisme agricole pour tourner la page de la crise qui dure depuis quelques mois.

« Arrêtez d'emmerder les agriculteurs », a lancé de la tribune, Patrick Valois, vice-président « Ruralité » du Conseil départemental du Nord, en paraphrasant Georges Pompidou. Celui-ci aurait vilipendé en 1966 un de ses jeunes collaborateurs de Matignon, qui venait lui présenter un parapheur rempli de décrets : « Arrêtez d'emmerder les Français ». Ce jeune collaborateur s'appelait Jacques Chirac. Patrick Valois a résumé ce qu'une immense majorité des agriculteurs français pensent des surtranspositions qui pèsent sur leur quotidien. D'où la nécessité pour Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA, de vouloir « changer de logiciel ». C'est le principal message que les agriculteurs ont fait passer lors des manifestations du mois de janvier.

« Ras-le-bol »

La FNSEA a consacré une partie du congrès à revenir, sans nostalgie, sur la genèse de ce mouvement d'ampleur, le plus important du monde agricole depuis une trentaine d'années. « Un mouvement venu de loin » a témoigné Jean-Marie Dirat, secrétaire général de la FRSEA Occitanie qui voyait qu'on « ne gagnait plus d'argent », notamment en raison de l'effet ciseaux dans de nombreux secteurs, avec une hausse des coûts de productions et une baisse des prix payés au départ de ferme. Les pressions extérieures comme les recours juridiques contre des installations ou des extensions de bâtiments ont agacé les syndicaux locaux. « En 2023, à cause de ces recours, on n'a installé personne en volailles dans mon département », s'est agacé Thierry Coué, secrétaire général adjoint de la FNSEA, éleveur en Bretagne. Son collègue, Romain Blanchard a évoqué un « long sentiment de frustration, de résignation puis de ras-le-bol dans toutes les filières ». Pour lui, c'est ce sentiment qui a été « le point de bascule » pour sortir des tracteurs.

« C'est brûlant »

« Il faut encore attendre un peu avant de tirer le bilan de ces manifestations », a tempéré Arnaud Rousseau, assurant « être toujours dans la bagarre car on n'a pas terminé le temps du travail. Comment continuer le dialogue respectueux mais ferme avec les pouvoirs publics pour sortir de cette crise par le haut ? ». Si l'écoute est là, a ajouté Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs, « elle n'est pas suffisante ». « Ce qu'on attend, c'est le déploiement des 62 mesures que nous avons portées au Gouvernement. Il doit répondre aux questions : Comment ? et quand ? », a martelé le président de la FNSEA très attaché à la « culture du résultat ». En clair, le mouvement est en sommeil et les agriculteurs sur leurs gar- des ? Pourrait-il reprendre ? « L'attente est toujours là, car toutes les décisions du gouvernement ne sont pas encore arrivées dans les cours de ferme et dans le portefeuille », a rappelé Thierry Coué, suivi par Romain Blanchard : « On est toujours dans le rapport de force ». Fort du soutien d'une grande majorité de la population, les manifestations pourraient reprendre s'ils n'obtenaient pas gain de cause : « C'est brûlant », a concédé Jean-Marie Dirat. « On veut du sonnant et du trébuchant, car les discours, on n'en veut plus ». Le message est on-ne-peut plus clair. 

Espérons que le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau l'entendra, lui qui se rendait au congrès de la FNSEA jeudi en fin de matinée.

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