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Production laitière
La grogne monte chez les éleveurs laitiers

À défaut de fixation du prix, JA49, soutenu par la FDSEA, est passé à l’action dès samedi dans des grandes surfaces de la région angevine.

Opération de stickage dans les grandes surfaces samedi, pour réclamer le juste prix.
Opération de stickage dans les grandes surfaces samedi, pour réclamer le juste prix.
© AA

"Nous livrons le lait, sans même savoir à quel prix il sera payé". Trois jours après l’échec de la négociation sur le prix du lait (pour rappel le mercredi 21 juillet, date de la dernière réunion de l’interprofession laitière), JA49, soutenu par la FDSEA, a décidé de passer à l’action. Un mot d’ordre régional que les Angevins ont souhaité mettre en œuvre aussitôt, afin de dénoncer
« l’attitude irresponsable des transformateurs», lesquels, en dépit d’un contexte favorable, se dérobent à l’application de l’accord du 3 juin 2009.
C’est un petit comité, « afin de ne pas gêner les consommateurs », qui a entrepris, samedi après midi, de coller des étiquettes sur les produits laitiers de deux grandes surfaces d’Angers et de sa périphérie : carrefour Saint-Serge et hyper U de Murs érigné. Les clients ont donc pu acquérir camembert, crème fraîche, ou autres yaourts estampillés d’un logo jaune signalant : « les JA demandent le juste prix ».
Des contacts devaient être pris avec chaque laiterie pour savoir à quel prix le lait sera payé. Mais cette démarche n’est qu’un pis aller. « Nous voulons protester contre le non accord et la détermination, de façon unilatérale, du prix par les entreprises », explique Samuel Aubert, le JA chargé de ce dossier. Des chiffres circulent déjà : 307 euros les mille litres, voire 296…. Soit un montant bien inférieur à ce qu’il devrait être selon l’accord du 3 juin, soit 325 euros les mille litres, prix de base. « Les producteurs ont accepté la saisonnalité pendant les mois de mars, avril et mai et sans indice pour le mois de juin, donc, un prix inférieur, et  à présent que les prix devraient remonter pour les mois de juillet, août et septembre, selon le même principe, on s’aperçoit que les entreprises ne veulent plus en entendre parler ». Pour les jeunes agriculteurs, rien de pire que de travailler sans visibilité. « Le prix est  fixé pour le trimestre », s’insurge Samuel Aubert. Cette attitude des entreprises va encore fragiliser nos exploitations, compliquer le remboursement des prêts, minorer la rémunération de l’éleveur ».
Cette semaine toujours, une délégation de JA a rencontré le président du Tribunal de commerce, Alain Saulnier, pour envisager les recours éventuels face au non respect de cet accord. Après discussion, il ressort que c’est auprès du Tribunal de grande instance que la plainte devra être déposée. « Cet entretien avec le président du Tribunal de commerce va nous permettre de voir comment étayer notre démarche », précise Frédéric Vincent. La situation du lait a également été évoquée avec le préfet de Maine-et-Loire, lors de la rencontre qui s’est déroulée le mercredi après-midi (voir ci-dessous).
Que va-t-il se passer maintenant ? En Maine-et-Loire, la FDL se réunit la semaine prochaine pour décider des actions à conduire dans le prolongement de celles initiées par JA49. Car le pire pourrait être à venir, estime Alain Cholet, le président de la FDL. « Ce qui est inquiétant, c’est que, à défaut d’accord pour le mois de juillet, les entreprises vont s’aligner, au mois d’août, sur les moins disantes. Cela permettra de renflouer les entreprises qui ne vont pas bien et à engraisser celles qui s’en sortent. Et les producteurs, là dedans ? ».
Les producteurs ? Ils sauront aux alentours du 15 août, lorsque tomberont les paies de lait du mois de juillet sur les comptes, combien ils seront payés. Mi-août.  Juste à point pour une mobilisation après la période estivale. Car c’est clair : dans cette opération “Juste prix”, les producteurs n’ont certainement pas dit leur dernier mot.

M. L.-R.

Rencontre avec le préfet

Les trésoreries et le climat sont à sec

Revenus et trésoreries au plus bas dans la quasi-totalité des productions avec une année 2009 marquée par une baisse de 32 % des revenus agricoles dans le Maine-et-Loire : une délégation de responsables de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d’agriculture a rencontré le préfet de Maine-et-Loire afin de l’alerter sur la crise sans précédent que traversent l’ensemble des productions agricoles.
Les échéanciers bancaires et de Cuma, d’assurances ou de MSA ont de plus en plus de mal à être honorés. La situation est critique. Pour preuve, la hausse des demandes de RSA avec déjà 79 contrats d’accompagnement signés au 1er semestre 2010, presque autant qu’en 2009.
Les prix bas des ventes des produits, soumis à une pression incessante de la grande distribution, se conjuguent avec des charges et des coûts d’intrants qui eux restent élevés. Pour beaucoup, la situation n’est plus tenable.
Il a également été question de la sécheresse qui touche très fortement le département et qui a de lourdes conséquences sur les comptes des exploitations. « Le climat fait certes partie de notre métier mais là, il sape le moral des agriculteurs », souligne Christiane Lambert, présidente de la FDSEA.
En effet, les rendements sont en baisse, les restrictions d’eau mettent à mal certaines productions et les stocks de fourrages déjà faibles de l’hiver prochain ont dû être entamés pour nourrir les animaux. Cette rencontre fut aussi l’occasion pour Mickaël Bazantay, responsable de la section viande bovine de la FDSEA, de faire un point sur la filière confrontée à une campagne médiatique anti-viande qui impacte la consommation et à l’effondrement des exportations vers l’Europe du Sud.
Quant à Alain Cholet, il a rappelé les difficultés actuelles de l’interprofession laitière à respecter l’accord du 3 juin et à confirmer les hausses de prix attendues. Les difficultés actuelles sont nombreuses et les réponses compliquées. Le gouvernement doit rester attentif à ce nouvel appel au secours des agriculteurs.

D. B.

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