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Conjoncture
La hausse des prix et la pénurie des matériaux inquiètent

Acier, cuivre, matières plastiques, bois... Après une chute mondiale en 2020, les prix de ces matières premières connaissent depuis le début d’année une hausse exceptionnelle. Ces augmentations impactent les fournisseurs du secteur agricole angevins. 

Les entreprises para-agricoles n’avaient jamais connu une telle hausse des prix. La principale cause est la sortie de crise Covid-19. Il existe un décalage temporel entre la reprise de la demande et l’offre qui ne suit pas.
A Cholet, l’entreprise Thomas est spécialisée dans la construction métallique. Les bâtiments agricoles représentent 40 % de son activité. L’envolée des cours de l’acier impacte directement l’entreprise du bâtiment. “Les produits comme les poutrelles ont augmenté de 35 à 45 %, constate Gilles Chargé, dirigeant de l’entreprise. Les tôles de couverture et de bardage ont augmenté de 45 %...” Cette hausse se réfère au prix de décembre 2020. Gilles Chargé n’est pas optimiste pour la suite. “Que ce soit pour les poutrelles, ou pour les produits plats comme les tôles, la tendance est toujours haussière, il n’y a pas de répit annoncé pour le 3e trimestre.” Aujourd’hui, les prix fixés par son fournisseur sont valables 15 jours. Conséquence de ces augmentations, le dirigeant augmente ses tarifs de construction auprès de ses clients. Cette hausse représente en moyenne une augmentation de 15 % sur les devis. “Depuis 3 à 4 mois, j’anticipe cette hausse dans mes devis. Mais quand des devis datent de 8 à 9 mois, je suis obligé de réviser mes prix pour ne pas travailler à perte...” L’activité de l’entreprise se maintient même si Gilles Chargé déplore des décalages de livraison de 2 à 3 semaines sur les tôles. L’entreprise utilise aussi comme matériau du bois. Le prix a augmenté de 20 % et l’approvisionnement devient complexe. “Pour certains produits, on ne connait même pas les dates de livraison.”

Des devis valables 48 h
Les entreprises comme I3E qui réalise les aménagements de bâtiments agricoles subissent aussi des difficultés d’approvisionnement. “Les chantiers commencent à prendre du retard avec les charpentiers qui n’ont pas reçu le bois par exemple...”, explique Gaël Thibaut, dirigeant de la société basée à Cholet. L’entreprise constate une hausse de son activité sur les premiers mois de l’année. “Les agriculteurs ont anticipé les hausses. J’ai eu beaucoup de retours de devis en janvier et en février.” La hausse du prix du cuivre impacte l’activité de I3E. “On subit des hausses dans l’électricité et la plomberie”, souligne Gaël Thibaut. Jusqu’ici en électricité, le gérant alterne entre 2 fournisseurs pour obtenir ce dont il a besoin. “Mais pour certaines sections de câble, cela devient tendu. Rexel fait des devis valables uniquement 48 h.” Selon Gaël Thibaut, la situation n’est pas près de s’améliorer. “Toutes les semaines, on nous annonce de nouvelles hausses. Par exemple, je viens d’apprendre que les génératrices augmentent de 12 %”. Pour assurer ses chantiers, l’entreprise d’aménagement anticipe et stocke un maximum de fournitures. “Cela demande d’avoir une bonne trésorerie...”  

Le secteur du machinisme impacté
Le fournisseur de matériels agricoles Modema Agri constate des augmentations de la part de ses fournisseurs allant de 3 à 25 %. “Par exemple, les tonnes à lisier Joskin ont augmenté de 25 % depuis le début de l’année”, explique Fabien Subileau, dirigeant de la concession agricole. En cause de cette hausse, l’augmentation du prix de l’acier et des pneumatiques qui constituent les éléments principaux d’une tonne à lisier.
Modema commercialise aussi des produits tubulaires destinés à l’élevage. Les prix ont augmenté de 20 à 25 % depuis le début de l’année. Les délais de livraison sont de plus en plus longs. “Un de nos fournisseurs ne donne plus de date de livraison, ni de prix...” Et la situation ne va pas en s’améliorant... Les hausses s’accélèrent. “D’autres fournisseurs ne prennent même plus de commandes...”
Quant à l’activité machinisme de l’entreprise, Modema avait anticipé et commandé beaucoup de tracteurs Massey Fergusson avant la hausse des tarifs, en décembre 2020. “Normalement, quand on commande en décembre, les livraisons sont prévues en avril. Cette année, les tracteurs devraient arriver dans l’été...”
A Doué-la-Fontaine, le concessionnaire de matériel agricole MGAV constate lui aussi des hausses de tarifs sur l’ensemble des produits qu’il commercialise. “Certains constructeurs ne sont pas capables de donner des tarifs aux revendeurs à cause de la hausse du prix de l’acier, souligne l’un des dirigeants, Yannick Gabard. D’autres ne prennent même plus de commandes jusqu’à la fin de l’année." Point positif pour MGAV : Horsch, la marque phare de l’entreprise n’accuse pas de retard. “Nous n’avons aucun problème de disponibilités. Par exemple, nous avions commandé un semoir Avatar fin septembre, la date de livraison était prévue pour fin juin, il est déjà arrivé. Un pulvé automoteur a été commandé en janvier, nous avons la confirmation qu’il sera bien livré en août."

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