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Chambre d’agriculture
La LMA doit redonner du poids aux agriculteurs dans les filières

En session jeudi 7 octobre à Angers, les projets de la FNB et de la FNPL ont été présentés.

« Outil de la LMA, l’Observatoire des prix et des marges doit donner les moyens de contrôler les pratiques de la grande distribution. Mais il ne suffit pas de constater, les observations devront être suivies de sanctions », 
a souligné Christiane Lambert, lors de la session Chambre d’agricuture.
« Outil de la LMA, l’Observatoire des prix et des marges doit donner les moyens de contrôler les pratiques de la grande distribution. Mais il ne suffit pas de constater, les observations devront être suivies de sanctions »,
a souligné Christiane Lambert, lors de la session Chambre d’agricuture.
© AA

Redonner du poids au maillon production dans les filières en crise, aider les entreprises agricoles à retrouver une compétitivité : c’est l’objectif fixé par la Loi de modernisation agricole votée en juillet. Ses grandes lignes ont été rappelées lors de la session de la Chambre d’agriculture, jeudi 7 octobre. Christiane Lambert, vice-présidente, a présenté les projets de contractualisation FNB pour la viande bovine et FNPL pour le secteur laitier. « Grâce aux outils qu’elle donne pour s’organiser, la LMA devrait permettre aux organisations agricoles de retrouver du pouvoir », a-t-elle souligné.
En viande bovine, le projet vise à tirer la valorisation du produit vers le haut, par divers moyens :  un observatoire des prix et des marges, pour obtenir la transparence et agir sur les dérives, une transparence dans la pesée et le classement. Un accord a été signé avec les abattoirs le 1er septembre « mais il reste de grandes différences d’estimation entre les transformateurs, jusqu’à 70 euros sur un même animal », a dénoncé Michel Brossier, élu Chambre d’agriculture et producteur de viande bovine. Les éleveurs cherchent aussi à faire évoluer le dispositif de cotations entrée-abattoirs (lire l’Anjou agricole du 8 octobre, page 3). La FNB veut agir pour un regroupement de l’offre mise en marché par les OP (organisations de producteurs), en planifiant, entre autres, les sorties d’animaux dans le domaine des réformes laitières.

Atteindre 30 % du marché contractualisé
Et le projet prévoit une contractualisation tripartite (éleveur-OP-abatteur), qui se base sur des coûts de production réels, avec un système de sécurisation de marge. « Il s’agit d’un schéma volontaire et progressif », a précisé Christiane Lambert. L’objectif est d’atteindre au moins 30 % du marché des Jeunes bovins, génisses et bœufs. Un cofinancement public est sollicité pour amorcer le dispositif. La réussite d’un tel projet repose sur l’engagement de l’éleveur, ce qui « n’est pas inné pour l’agriculteur », concède l’élue. Mais avec « le contexte de découplage total des JB, le prix des céréales à la hausse, l’aléa sécheresse, il y a un vrai intérêt pour les producteurs et les structures économiques ».
Présent à la session, le préfet de Maine-et-Loire, Richard Samuel, a souligné la « situation oligopolistique » du marché des produits agricoles, en particulier en viande bovine. Dans la LMA, il estime que l’observatoire des prix et des marges a un rôle essentiel, car  « l’économie de marché repose sur l’information et la transparence ». Il aussi insisté sur la nécessité d’éduquer le consommateur : « s’il ne mange plus de viande, tout ce travail ne sert à rien ».

Fédérer les éleveurs laitiers
Concernant le projet laitier, la FNPL prépare un dispositif de remplacement du système des quotas, dans un contexte plutôt porteur puisque, a rappelé Christiane Lambert, « trois rapports du Parlement européen confirment la nécessité de régulation ». Seraient mis en place des organisations de producteurs livrant à une même entreprise de collecte, et qui seront les interlocuteurs de cette entreprise. Les éleveurs s’engageraient en signant des contrats de 5 ans minimum. La facturation serait reprise en main par les producteurs. La Loi de modernisation prévoit des contrats-types et si les producteurs ne s’organisent pas, elle pourra les rendre obligatoires. « Longtemps l’intégration a été diabolisée. Il y a pourtant des secteurs où cela fonctionne bien par exemple en volaille label… », a rappelé Christiane Lambert. Pascal Gallard, au nom des élus de la commission lait de la Chambre, a résumé leur position pour l’avenir en trois priorités : « Il nous faut réaliser des contrats, fédérer les éleveurs et parler d’une seule voix, et impliquer les pouvoirs publics pour la surveillance ».

S.H.

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