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Maraîchage
La mâche, une petite feuille à forte valeur ajoutée

La coopérative Fleuron d’Anjou a lancé, il y a trois ans, la production de mâche. Une culture très mécanisée et rémunératrice. Six producteurs sont impliqués dans la démarche.

Fleuron d'Anjou a lancé la production de mâche en 2007
Fleuron d'Anjou a lancé la production de mâche en 2007

Avec une progression des ventes de 5 à 6 % par an, la salade aux petites feuilles vert foncé a la cote auprès des consommateurs. C’est pour se faire une place sur ce marché porteur qu’en 2007 la coopérative Fleuron d’Anjou a mis en place cette culture chez quelques producteurs. Trois ans après, la structure produit 1 100 tonnes, réalisées par six maraîchers. Elle espère atteindre les 1 500 tonnes d’ici un à deux ans, afin de rentabiliser la chaîne de lavage et de conditionnement installée sur la zone industrielle de La Ronde, à Allonnes. La mâche s’est développée en complémentarité de la culture du radis. Certes, la production angevine reste modeste au regard de celle de la zone voisine nantaise qui, avec ses 150 producteurs et ses 31 000 tonnes annuelles, fournit 85 % de la mâche française. Mais « la progression est significative, souligne Cédric Marchand, responsable Développement et qualité des fruits et légumes chez Fleuron d’Anjou. La production est portée par des jeunes, exploitants ou salariés des exploitations, ce qui est assez rare pour être signalé en production maraîchère. Ils ont entre 26 et 34 ans ».

Des investissements spécifiques

Anthony Magault, 33 ans, de Varennes-sur-Loire, est l’un d’entre eux. Installé avec son père en 1999, il produit de la mâche essentiellement en plein champ, sous petits tunnels, l’hiver. « La mâche est une production mécanisable, qui nécessite peu de main-d’œuvre, apprécie le producteur. Sur l’exploitation, nous employons deux salariés permanents. Nous avons investi dans du matériel spécifique pour la plasticulture, pour les semis et la récolte. » Pour rentabiliser ces achats, il faut s’engager sur des surfaces importantes. La mâche ne peut pas être envisagée en diversification. Pour démarrer, des solutions de mutualisation de matériel ont été possibles par le biais de la coopérative.

Un potentiel maraîcher à exploiter

En terme de qualité, la mâche est exigeante : « Il est nécessaire de se caler rapidement sur le haut niveau si l’on veut prendre des parts de marché », indique Cédric Marchand. La maîtrise technique est jugée assez difficile par le producteur Anthony Magault : « C’est un produit délicat, et un hiver trop doux et pluvieux, par exemple, peut favoriser les maladies sous les petits tunnels. Or le revers de la récolte mécanique, c’est que l’on ne peut pas trier. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Il faut avoir une récolte saine. » Mais, bien menée, la culture est rémunératrice et des initiatives de ce type favorisent le maintien des cultures végétales spécialisées en Anjou, estime Cédric Marchand :
« Nous assistons aujourd’hui, dans notre région aux terrains sableux, à une course aux surfaces pour les grandes cultures. Il n’y a pas du tout le potentiel agronomique suffisant pour des grandes cultures. Il est bien plus intéressant de développer des cultures à forte valeur ajoutée. Trois à quatre cultures maraîchères peuvent être développées par an sur une même surface ».

S.H.

CDDL*

Le plan de relance maraîchère se recentre sur l’appui technique

« Initié en 2007, le plan de relance du CDDL a peut-être été un peu ambitieux sur ses objectifs, mais il a permis aux producteurs d’une même petite région, voire d’une même commune, de se rencontrer et d’échanger », souligne Jannick Cantin, président du CDDL. Un bilan a été dressé après trois années de fonctionnement. Le CDDL, qui avait accompagné la constitution d’un groupe de professionnels leader, pour une réflexion sur la filière,  a décidé de recentrer ses actions sur des visites d’exploitations, très prisées des producteurs, et des rencontres techniques, comme celle qui a eu lieu fin septembre à Vivy. Cette demi-journée avait rassemblé 70 personnes, dont la moitié de maraîchers. Un déplacement de deux jours est prévu en Belgique début décembre.
En terme de développement de production, le CDDL explore la piste du bio, secteur où la demande en produits locaux est croissante, notamment de la part de la restauration hors domicile. « Aujourd’hui, les installations en bio se font surtout en vente directe. Il faudrait des filières organisées avec des marchés conséquents, pour offrir de la lisibilité », estime le président du CDDL. La structure travaille également sur la problématique de l’emploi.

S.H.
*Comité départemental de développement légumier.

Conjoncture

« Correct, mais pas excellent »

C’est ainsi que Michel Masse, vice-président de Fleuron d’Anjou, qualifie la campagne actuelle en légumes. Après une très mauvaise année en 2009, la production d’échalote retrouve de meilleurs cours, avec des volumes plus réduits (lire l’Anjou agricole du 29 octobre 2010). Les légumes anciens continuent à se développer. Quant aux légumes bottes, « les prix se maintiennent de façon correcte cette année ». Le responsable professionnel souligne l’exigence croissante du marché, « qui recherche à la fois des légumes de qualité et moins de traitements ».

Congrès de Légumes de France

Mardi 30 novembre et mercredi 1er décembre, aura lieu le 54e congrès des producteurs de Légumes de France, à Bordeaux. Le thème choisi est “Quelle place pour les producteurs de légumes de France en Europe : contraintes, opportunités et perspectives … LMA : une lueur d’espoir ?”. Deux jours d’échanges et de discussions sont prévus autour des questions centrales de la production. Dans le même temps, la fédération organisera une opération grand public baptisée “Les légumes dans la ville”, du 27 au 30 novembre. Programme complet sur www.legumesdefrance.fr.

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