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Horti/Arbo
La ministre défend le stockage de l'eau pour toutes les filières

En visite en Anjou, la ministre de l'Agriculture a annoncé une enveloppe de 11 millions d'euros pour les projets de recherche en horticulture et l'ouverture de l'offre assurantielle. 

La ministre de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire a profité de son invitation au congrès de la FNP le 13 juin (lire en page 3) pour effectuer une séquence "horticulture", comme promis à la présidente de Verdir(1), Marie Levaux. Avant d'arriver à Angers vendredi midi, Annie Genevard a donc fait un arrêt à Mazé-Millon, dans l'entreprise Turcieflor. Créée en 1944 par Pierre Turc à Angers, la société s'est rapprochée de la vallée de l'Authion dans les années 1970. Dirigée par Cécile (petite-fille du fondateur) et Mark Hodson depuis 2010, elle s'est adaptée au marché en se spécialisant aujourd'hui dans l'hybridation et l'obtention de nouvelles variétés d'agapanthes, d'alstroemeres et tulbaghias. Une activité qui représente 66% du chiffre d'affaires de l'entreprise.

Stabilité fiscale

Malgré leur dynamisme pour développer leur société - avec de récents investissements dans leur outil de production (grande serre en verre, système de récupération de l'eau)- et leur volonté de préserver leur environnement (certification plante bleue), Cécile et Mark Hodson subissent, comme leurs confrères, "le contexte tendu" de ces dernières années pour l'horticulture. "Nous avons besoin de stabilité pour envisager l'avenir", affirme la co-gérante face à la ministre. Et plus particulièrement de stabilité fiscale. La requalification des points de vente en espace commercial met actuellement en difficulté certaines entreprises horticoles qui doivent alors payer un impôt disproportionné par rapport à leur chiffre d'affaires. "Nous avons besoin de dispositifs de soutien sur-mesure pour notre filière", renchérit la présidente de Verdir.

Assurance récolte et recherche

Parmi ces dispositifs, celui de l'assurance récolte, très attendue par les horticulteurs. Jusqu'à présent aucune offre assurantielle subventionnable n'était en effet possible pour la filière car le critère retenu était fondé sur le rendement et non le chiffre d'affaires. "La commission européenne vient de donner son accord pour faire évoluer le règlement pour prendre en compte la comparaison des chiffre d'affaires, annonce la ministre. Nous devons travailler ensemble, avec les assureurs, pour tarifer le risque et proposer les contrats d'ici 2027". Une "bonne nouvelle", saluée par Marie Levaux, qui n'a pas été la seule puisque Annie Genevard a également notifié l'attribution d'une enveloppe pour les projets de recherche de solutions alternatives pour la protection des cultures. "Deux projets Parsada déposés par la filière ont reçu un avis favorable pour un montant de global de 11,2 millions d'€, indique-t-elle. L'un pour lutter contre les adventices (3,8 millions d'€) et l'autre contre les thrips (7,4 millions d'€)".

Loi Duplomb

La protection des cultures est un sujet malheureusement d'actualité pour la filière arboricole. Des attaques de pucerons cendrés sont enregistrées dans la plupart des vergers de pommiers du Val de Loire, occasionnant des pertes de chiffre d'affaires importantes pour les entreprises, comme celles de Pascal Pineau, président du syndicat des producteurs de fruits, et d'Albert Richard. "Il va falloir trouver des solutions alternatives sur le moyen et long terme,  insiste le président du Sival. Et arrêter la surtransposition. La France est le seul pays qui interdit deux molécules pour lutter contre les pucerons. Cela induit une vraie différence de compétitivité avec les pays voisins. Si on veut des pommes françaises sur les étalages, il faut que la loi Duplomb, notamment l'article 2 sur l'acétamipride, soit votée".

Stockage de l'eau

Dans cette loi, dont le passage en commission paritaire est prévue le 30 juin, le président de la FDSEA49 s'est arrêté sur l'article concernant le stockage de l'eau et a demandé à la ministre "plus qu'un discours volontariste". "À cause de l'arrêté cadre étiage revu en 2023, la filière horticole n'a plus accès à une goutte d'eau en cas de crise dans le Maine-et-Loire, rappelle-t-il. On gère aujourd'hui ce choix qui a été fait d'opposer les filières alimentaires et non alimentaires". "Et à l'inverse, en cas d'excès d'eau comme l'hiver dernier, pourquoi n'est-il pas possible d'en retenir une partie pour soutenir l'étiage", déplore Emmanuel Lachaize. Considérant comme "légitime et indispensable le stockage de l'eau pour toutes les filières", la ministre a évoqué les "52 projets déjà labellisés du fonds hydraulique", tout en annonçant un deuxième appel à projets.

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