Formation agricole
La ministre fait sa rentrée en Anjou
Le lycée du Fresne est l'un des 25 établissements de formation agricole à proposer le nouveau bachelor agro. La ministre de l'Agriculture s'est déplacée ce mardi, en Anjou, pour marquer ce lancement.
Avec une augmentation des effectifs " de +10% en trois ans", le lycée du Fresne illustre la dynamique de croissance de l'enseignement agricole, de +7% en cinq ans, à l'échelle nationale. Des chiffres qui confortent l'ambition du gouvernement à " former davantage de jeunes pour renouveler les générations et préparer l'agriculture de demain", avec un objectif inscrit dans la loi LOSARGA de "+ 30 % d'apprenants dans les formations agricoles techniques, + 30 % d'ingénieurs agronomes et + 75 % de vétérinaires d'ici 2030". La ministre de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire a choisi deux établissements angevins pour porter ce message, en ce jour de rentrée 2026. En commençant par le lycée du Fresne, à Sainte-Gemmes-sur-Loire, mardi matin où elle a notamment rencontré les étudiants en bachelor agro, nouvelle formation reconnue par l'État.
Première promo de 17 étudiants
"25 classes ouvrent leurs portes cette année, se réjouit Annie Genevard. Ces bachelors agro sont l'une des concrétisations de la nouvelle sixième mission de l'enseignement agricole sur la transition agroécologique". Les 17 étudiants de cette première promotion préparent un diplôme de niveau licence, dont l'organisation a été co-construite avec l'Institut Agro dans les locaux duquel se dérouleront la majorité des cours. "C'est l'occasion pour eux de découvrir l'enseignement supérieur et la voie de la recherche scientifique, soulignent les formateurs. Ce diplôme est une bonne transition vers les diplômes d'ingénieur. Accessible après un BTS, le bachelor va trouver sa place dans le cursus de formation". Majoritairement originaires du Grand-ouest, ces étudiants ne sont que deux à être issus du milieu agricole : fils d'éleveur au Bénin et de maraîcher à La Réunion. Plusieurs ont choisi la voie de l'apprentissage, en partenariat avec des entreprises locales (Vilmorin-Mikado, BioLoire Océan), alors que d'autres auront des périodes de stage. L'un d'eux bénéficie du partenariat du lycée angevin avec un établissement de Meknès, au Maroc. Une autre a choisi la formation via le hasard de Parcoursup après des études littéraires.
Encouragement et gratitude
"Nous avons besoin de jeunes qui embrassent ces métiers, rappelle la ministre. Et pour amplifier cette dynamique, nous lançons cette année le programme national d'orientation et de découverte des métiers du vivant (PNOD), destiné à faire connaître, à tous les âges, la diversité et les perspectives des métiers de l'enseignement agricole". Face à un amphi plein, Annie Genevard, ancienne professeur de lettres classiques, a encouragé les jeunes engagés dans des études agricoles. "C'est vous qui conduirez l'adaptation de l'agriculture au changement climatique, vous êtes de ceux qui agissent et ne subissent pas les événements. Ayez confiance en votre capacité à relever les défis : la terre attend de nouvelles mains", affirme-t-elle. La ministre a exprimé au passage "sa gratitude" envers le corps enseignant qui entoure cette génération et "transmet l'excellence", comme en témoignent le taux de réussite aux examens (88,8%) et le taux d'insertion professionnelle (+90%). Et n'a pas omis, à quelques jours de l'annonce du plan en faveur de l'agriculture, d'insister "sur la nécessité d'un mouvement de soutien massif" pour défendre la production. Elle a d'ailleurs rencontré les représentants de la FDSEA49 (lire en page 4).
Production et innovation
Après la visite du plateau technique préparatoire au Worldskills, Annie Génevard a découvert l'exploitation horticole du lycée, support pédagogique de "10 000 heures d'apprenants par an". Elle regroupe les productions de maraîchage bio, de la floriculture (90 000 plantes en pots produites par an) et une pépinière (1,2 million de jeunes plants par an). Elle participe également à l'innovation dans la filière végétale avec plusieurs expérimentations en cours autour de la lutte contre les ravageurs (Phybi-1, Trans'Thrips), de la réduction des IFT (Défi), et de la baisse des coûts d'introduction des auxiliaires.