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SIVAL/EMPLOI
La profession agricole mobilisée sur le front de l’emploi et du social

Couverture santé et prévoyance, formation continue et campagne de communication pour attirer les salariés.

Serge Ménard, salarié agricole et président du Fafséa Pays de la Loire, Dominique Bouhier, salarié et membre de l’Arefa, Jean-François Vinet, maraîcher en région nantaise et Claude Cochonneau, président de la commission emploi de la FNSEA.
Serge Ménard, salarié agricole et président du Fafséa Pays de la Loire, Dominique Bouhier, salarié et membre de l’Arefa, Jean-François Vinet, maraîcher en région nantaise et Claude Cochonneau, président de la commission emploi de la FNSEA.
© AA

Moins visible que les machines et produits innovants dans les allées du Sival, la main- d’œuvre est néanmoins au cœur des métiers du végétal spécialisé, n’a pas manqué de rappeler Claude Cochonneau, élu FNSEA, en visite sur le salon. Des salariés, le secteur agricole en emploie et va en avoir besoin dans les années à venir. En Pays de la Loire, 50 % des actifs seront à renouveler dans les dix ans à venir et « la pire chose, a rappelé l’élu sarthois, ce serait de devoir diminuer la production par manque de personnel ». La profession met donc d’importants moyens sur la table pour attirer les jeunes, avec la campagne de communication lancée en Pays de la Loire (lire page 22), mais aussi au niveau national avec le démarrage en février d’une communication dans les médias audiovisuels orchestrée par la FNSEA.

Renforcer l’attractivité
La profession cherche, pour renforcer l’attractivité des métiers, à proposer des rémunérations directes et indirectes similaires aux autres grands secteurs de production. Dans ce domaine, la grande nouveauté est la généralisation, à partir du 1er janvier 2010, de la couverture santé et prévoyance des salariés (voir aussi en page 15), suite à un accord signé le 10 juin 2008 par la FNSEA, d’autres organisations patronales et les centrales syndicales. « Des garanties existaient déjà dans certaines régions, comme les Pays de la Loire qui avaient la prévoyance, précise Claude Cochonneau. Pour cette raison, l’accord a laissé 15 mois pour négocier en région et dans les départements, à une seule condition : proposer des prestations au moins égales à la base nationale. À défaut d’accord, cette base nationale s’applique de toute façon, ce qui amène de la sérénité dans les discussions ». La complémentaire santé et prévoyance sera obligatoire pour les permanents (150 000 salariés), optionnelle pour les saisonniers. Du nouveau sur le front de la formation professionnelle aussi, avec la signature d’un accord par les partenaires sociaux en 2008. La FNSEA n’a pas fait partie de l’interprofession auprès du Medef, mais elle a pu adapter le texte aux spécificités de son secteur. Elle a en particulier obtenu la fongibilité des fonds entre les différents dispositifs de formation, ce qui augmente la marge de manœuvre dans le domaine agricole. Les négociations se poursuivent : « Nous voulons garder notre capacité à collecter et à gérer nous-mêmes le Cif (Congé individuel de formation) », souligne Claude Cochonneau. Et, vu l’atomisation des entreprises en agriculture, où l’on doit réaliser parfois des plans de formation pour un ou trois salariés, la profession souhaiterait que les frais de gestion du Fafséa ne soient plus limités à 8 % du budget, comme c’est le cas actuellement.

S.H.

Main-d’œuvre

« Mettre fin au dumping social »

Jean-François Vinet, producteur de tomates en Loire-Atlantique, s’alarme des conséquences des distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne. Il dénonce le « dumping social » des producteurs d’Outre-Rhin : « Les Allemands développent considérablement les productions de légumes en réalisant du dumping social. Ils ont notamment profité de l’ouverture à l’Est pour embaucher des Polonais ». D’après Légumes de France, au cours des dix dernières années, les surfaces cultivées de légumes (à l’exception des légumes secs) ont diminué de 15 % en France. Dans le même temps, les surfaces de plein champ ont augmenté de 21 % en Allemagne. Le coût de l’emploi saisonnier est entre 1,5 et 2 fois plus cher en France qu’en Allemagne.

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