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L'agriculteur laisse la nature travailler

Yohan Leroux est agriculteur au Lude (72) et dans le Noyantais. Partisan de l'agriculture de conservation, il a semé son colza en association avec de la féverole et du tournesol.

Le semis, réalisé grâce au semoir de la Cuma la Noyantaise, s'est passé dans de bonnes conditions, juste avant la pluie.
Le semis, réalisé grâce au semoir de la Cuma la Noyantaise, s'est passé dans de bonnes conditions, juste avant la pluie.
© Yohan Leroux

Selon une étude publiée en 2012, en France, la moitié des exploitations ont moins de
4 cultures. Les céréales comme le blé tendre, l'orge, le blé dur et le maïs occupent de nos jours environ 60 % des terres arables de l'hexagone en cultures pures. Cependant, la diversification des cultures, que ce soit à l'échelle de la rotation, inter-parcellaires ou bien intra-parcellaire, a de nombreux avantages. Aujourd'hui, la spécialisation semble avoir atteint ses limites, et de nombreux agriculteurs innovent afin de tirer profit de la diversification de leur assolement.


Diminuer les charges
C'est le cas de Yohan Leroux, agriculteur au Lude (72), dont la plupart des terres se situent dans le Noyantais. Installé depuis 2 ans à la suite de ses parents, il élève 1 700 porcs, à l'aide d'un atelier post-sevrage et engraissement. Plus de 80 % est vendu en direct. Au niveau des cultures, c'est un adepte de l'agriculture de conservation des sols. « Mon père a arrêté le labour en 2000, et s'est lancé dans les techniques culturales simplifiées. Moi, je pratique depuis 3 ans le semis direct et le non travail du sol », détaille Yohan Leroux. La diversification, l'allongement de ses rotations et la couverture permanente des sols sont dorénavant des adages pour  l'agriculteur. Au départ, une volonté économique : « le prix des céréales n'a pas bougé depuis 30 ans, il a fallu toujours diminuer nos charges. Avec l'agriculture de conservation, on économise beaucoup, et les effets sur les sols sont impressionnants ». Ainsi, seulement 7 000 litres de fioul sont utilisés à l'année pour faire tourner les 93 ha de l'exploitation et l'élevage, sans compter le gain de temps pour l'agriculteur, qui peut se consacrer pleinement à la partie élevage de son activité. Autre levier utilisé pour diminuer ses coûts : l'utilisation de semences fermières. « Le blé, l'orge, le colza, le millet, la féverole ou encore le tournesol viennent de mes semences ! Grâce à ça, mon semis ne me coûte que 16 EUR/ha, auquel il faut rajouter le coup du passage de glyphosate », détaille Yohan Leroux.


Triple association
Cette année, l'agriculteur a tenté de semer son colza en association avec de la féverole et du tournesol. « Avec la féverole et le tournesol, j'espère atteindre une couverture maximale du sol afin de limiter les adventices ». Une stratégie d'étouffement, en somme. Le tournesol étant gélif, il ne devrait pas passer l'hiver, et ainsi être détruit naturellement. Mais son apport se situe bien en amont de la récolte du colza. « Avec son système racinaire pivotant, le tournesol éclate la structure en profondeur, et présente un superbe effet de parapluie. Il permet une meilleure assimilation pour le colza ». La féverole, de son côté, n'est plus à présenter en tant que légumineuse fixatrice d'azote aérien à l'aide de ses nodosités. L'objectif, c'est de « remplacer la mécanisation et l'utilisation d'intrants par le travail des végétaux », résume Yohan Leroux. Le colza est semé à 3,8 kg/ha, le tournesol à 7 kg/ha et la féverole à 80 kg/ha. Un rang sur deux est composé de colza, l'autre étant un mélange tournesol féverole. Semée avec un inter-rang de 18 cm, et fertilisée avec du 18-46, cette association doit permettre au colza de rebondir, après deux années difficiles. Et si cela ne fonctionne pas, cela aura fait un bon couvert avant une culture de printemps.

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