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Prospective agricole
L’Agriculture et l’alimentation, nouvelle priorité mondiale

Les principaux pays de la planète considèrent l’agriculture comme un enjeu international. Leurs ministres de l’Agriculture l’ont rappelé lors du G8 en Italie, les 18, 19 et 20 avril.

Au centre des débats entre les ministres de l’Agriculture réunis dans la 
région de Trévise en Italie (en photo), la volonté politique ou l’absence de volonté, de réguler les marchés agricoles.
Au centre des débats entre les ministres de l’Agriculture réunis dans la
région de Trévise en Italie (en photo), la volonté politique ou l’absence de volonté, de réguler les marchés agricoles.
© AA

Le premier G8 des ministres de l’Agriculture a adopté une longue déclaration commune en faveur de l’agriculture et de la  sécurité alimentaire à l’échelle de la planète. Le Sommet s’est déroulé les 18, 19 et 20 avril à Cison-di-Valmarino, près de Trévise dans le nord de l’Italie. Outre les pays du G8, la réunion a associé les membres du G5 (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud) ainsi que l’Argentine, l’Australie et l’Egypte.
A l’origine de cette initiative, les conclusions du Sommet des chefs d’État et de gouvernement réunis au Japon en juillet dernier. Les grands dirigeants de la planète s’étaient alarmés de la flambée du prix des matières premières agricoles et avaient demandé à leurs sherpas d’étudier des propositions concrètes pour relancer la production agricole et lutter contre la volatilité des prix.
En 2000, les Nations-Unies avaient pris l’engagement de réduire de moitié la proportion de la population confrontée à la pauvreté et à la malnutrition d’ici 2015. « Le monde est loin d’avoir atteint son objectif ». Le G8 agricole n’a pu que dresser un constat d’échec, surtout après l’épisode de l’envolée du prix des matières premières agricoles en 2007 et 2008 qui a exacerbé les conflits alimentaires dans le monde.   Avant de se mettre d’accord sur un catalogue de recommandations générales sur « l’urgente nécessité » d’aider les pays en développement « à accroître la quantité et la qualité » de leur production agricole en augmentant les investissements publics et privés dans l’agriculture, l’agroalimentaire et le développement rural. Sans oublier la recherche, l’innovation et le progrès technique.

Stocks alimentaires
Pour la première fois, les ministres évoquent, mais sans s’engager outre mesure, la constitution de stocks stratégiques de denrées alimentaires. « Nous appelons les institutions internationales à voir si un système de stock ne serait pas une réponse appropriée en cas d’urgence humanitaire ou comme moyen de limiter la volatilité des prix ».
Ils insistent également sur la nécessité de mettre l’agriculture au centre du développement économique global en renforçant le rôle des petites exploitations agricoles et leur accès à la terre dans toutes les parties du monde. Sans craindre les contradictions, le G8 soutient la globalisation des marchés et le rejet du protectionnisme. Tout en encourageant le développement de marchés intégrés à l’échelle locale, régionale et internationale.  Ils soulignent l’importance d’un système commercial international régulé et réaffirment leur engagement en faveur «d’un accord équilibré, global et ambitieux du Round de Doha ».
Ceci étant, les ministres de l’Agriculture en appellent à une nouvelle gouvernance mondiale avec la création d’un comité d’experts qui se consacrera exclusivement  à l’alimentation et à l’agriculture à l’image du Giec pour le changement climatique.
Au delà de ces déclarations d’intention, l’essentiel est que « l’agriculture a été placée en tête des priorités » ainsi que l’a déclaré Michel Barnier et que l’agriculture soit « au cœur de l’agenda international ». Elle le sera encore  lors du prochain G8 qui se tiendra en Sardaigne, en juillet prochain, à partir du document adopté par les ministres de l’Agriculture. Sans le dire, les “Grands” du monde reconnaissent que l’agriculture et l’alimentation ne sont pas seulement l’apanage de l’OMC.

AGRAPRESSE

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