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DOSSIER BOVINS
L’avenir du secteur passe par l’organisation de l’offre

Mickaël Bazantay, responsable de la section bovine à la FDSEA.

Mickaël Bazantay
Mickaël Bazantay
© AA

Le secteur de la viande bovine connaît des jours moroses. Comment expliquer ce climat très négatif ?
Mickaël Bazantay : Les prix en 2008 sont nettement plus bas qu’en 2006 alors que les charges ont fortement augmenté. L’année dernière, les revenus des éleveurs de bovins ont enregistré un recul de 23 %. Pour cette année, à fin mai, l’Institut de l’élevage évalue d’ores et déjà la baisse à 50 %.

Qu’est-ce qui explique ces prix bas ?
En 2007, les prix des jeunes bovins ont été catastrophiques suite à des pertes de marché sur la Grèce et l’Italie. En 2008, c’est la FCO qui a bloqué les broutards destinés l’Italie. Les animaux vont partir en juillet/août, une fois passé le délai lié à la vaccination. Le maintien de ces animaux sur les exploitations n’a pas été sans frais. Certains engraisseurs ont préféré se tourner vers les cultures de vente plus rémunératrices, au lieu de rentrer des animaux. De leur côté, les abattoirs ne donnent pas de signe encourageant.
Ne va-t-on pas finir par manquer de production ?
Ce n’est pas exclu. Toute la question sera de savoir si on est capable de produire en Europe à des prix rémunérateurs ou si, en fonction des négociations de l’OMC, on opte pour l’importation. Il y a un risque à diminuer la production, c’est celle, un jour, de ne plus être représentatif et de ne plus rien peser sur le marché. Si on ajoute la faible rémunération, les conditions de travail, l’attrait d’autres productions plus rémunératrices et l’épée de Damoclès que constitue le découplage, j’ai de vraies craintes pour l’élevage de Maine-et-Loire.

Avec de lourdes conséquences pour les territoires ?
Je reste convaincu que l’élevage a un rôle prépondérant dans la reconquête de la qualité de l’eau, grâce aux prairies. C’est pourquoi la section bovine est favorable au soutien à l’herbe par le premier pilier. Toutes les prairies, pas seulement les prairies naturelles. Les prairies sont un outil de la reconquête de la qualité de l’eau et elles n’ont lieu d’être que s’il y a des ruminants. Cela constitue un argument fort auprès de l’OMC et de l’Union européenne, comme cela a été évoqué la semaine dernière lors de la visite du ministre de l’Agriculture avec les députés européens, membres de la commission agricole. Ceci dit, le
soutien doit assurer la rentabilité économique d’une exploitation, et non pas seulement l’environnement.

Au-delà, quelles solutions peuvent envisager les éleveurs pour s’en sortir ?
Les circuits courts ont constitué une bonne réponse lors de la crise de l’ESB car la demande des consommateurs était réelle. Certains en ont fait leur vrai métier. Pour les autres, on constate que la demande s’épuise. Ce n’est donc pas une vraie réponse.
On pouvait croire que les signes de qualité apportent de la valorisation. Force est de constater que la demande stagne. La GMS se contente d’un ou deux produits d’appel. Et les boucheries traditionnelles se font de plus en plus rares.
Reste à organiser la production. Gérer l’offre. Je suis convaincu que l’avenir passe par la contractualisation. Mais je ne vois pas beaucoup de transformateurs se manifester. C’est pourquoi on a besoin d’une interprofession efficace où chacun puisse s’exprimer et trouver son intérêt. C’est ce à quoi nous incitent les pouvoirs publics. Mais avec cette incohérence qu’ils nous poussent à nous organiser mais nous interdissent de discuter les prix.

M.L.-R.

SOMMAIRE DU DOSSIER BOVINS À DÉCOUVRIR DANS L'ANJOU AGRICOLE

Alimentation.  Les femelles au régime trois tiers

Statistiques. La production attire les candidats

Étude.  ÉLEVER DES BOVINS VIANDE en agriculture bio

Organisation. savoir anticiper les changements en cours

Réseau. Journée régionale le 3 juillet en vendée

Géo.  commercialisation : Maintenir le cap malgré la FCO

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