Viticulture
Le Domaine de la Montcellière récompensé à Paris
À Trémont (Lys-Haut-Layon), les frères Gueneau marquent leur retour sur la scène nationale avec une médaille d'argent au Concours Général Agricole de Paris pour leur Anjou rouge 2025. Entre expertise technique sur les rouges et stratégie commerciale agile face à la crise, les trois associés consolident un modèle basé sur la valorisation qualitative et la vente au détail.
Au Domaine de la Montcellière, le succès est une affaire de famille et de constance. Si la 3e génération aux commandes, les 3 frères Mickaël (53 ans), Anthony (51 ans) et Vincent Gueneau (45 ans) sont des habitués des honneurs au concours des Ligers à Angers - avec encore deux médailles d'or en 2023 et 2024 pour leur Anjou rouge et leur Cabernet d'Anjou - la médaille d'argent décrochée la semaine dernière à Paris pour leur Anjou rouge AOC 2025 revêt une saveur particulière. "C'est d'abord une satisfaction personnelle qui permet de se situer", confie Anthony Gueneau. Ce retour au Concours Général Agricole après plusieurs années d'absence vient valider une stratégie de vinification résolument tournée vers la recherche de qualité, alors que le domaine exploite aujourd'hui 115 ha de vignes et 30 de cultures.
Un millésime 2025 haut en couleur
Si le domaine produit 20 références différentes dans les 3 couleurs, et principalement des blancs, dont l'appellation Côteaux du Layon, mais aussi des bulles (en Saumur et Crémant de Loire méthode traditionnelle), l'angle de la qualité des rouges n'est pas le fruit du hasard. Depuis son installation à l'âge de 20 ans, Anthony Gueneau a poussé pour le développement de cette couleur "plus technique à vinifier". Les vignerons se sont d'ailleurs entourés de deux œnologues pour affiner leurs méthodes visant à apporter "de la matière et de la couleur", sans sacrifier la souplesse. Le résultat ? Des vins plus ronds, conservant la typicité fruitée du Cabernet Franc. "2025 est une année à moelleux et à rouges. Il y a la matière, les degrés sont là... c'est un très beau millésime, comme on n'en avait pas vu depuis longtemps", se réjouit l'associé. Cette quête de qualité est le socle d'un modèle économique robuste, car dans un marché saturé, "la qualité est hyper importante : il faut que ce soit bon et avec un prix raisonnable".
Ne pas perdre de clients
Face à la crise viticole qui secoue le bassin ligérien, la stratégie du Domaine de la Montcellière repose sur un équilibre de distribution bien précis : 80 % de la production est écoulée au détail, tandis que les 20 % restants sont fléchés vers trois négoces saumurois : "Même si les cours ont baissé, on veut garder le contact avec le négoce. C'est un partenaire historique, mais tout reste vinifié à la propriété", précise Anthony Gueneau. La priorité absolue reste la fidélisation des clients. Dans un contexte où les consommateurs font de plus en plus attention au prix unitaire de la bouteille, les associés redoublent d'efforts commerciaux. "On accueille du monde tous les jours, du lundi au samedi. On reçoit des groupes, des cars. On organise des journées trottinettes électriques dans les vignes..." Pour le reste, la vente se fait beaucoup par phoning et courrier. "Il faut faire attention à ne pas perdre de clients et si possible essayer d'en trouver des nouveaux". L'inquiétude reste toutefois de mise pour les années à venir : "Ce qui me fait peur, c'est de tenir 2026 jusqu'aux prochaines échéances électorales de 2027" confie le viticulteur.
Export et transmission
Avec 7 salariés permanents en plus des 3 associés et "une quinzaine" de saisonniers, il s'agit en effet de ne pas se rater. Le domaine maintient un rythme de plantation de 2 à 3 ha par an en moyenne "ces dernières années principalement sur les cépages Grolleau et Cabernet", des cépages "agiles" qui leur permettent tout aussi bien de produire des rouges que des rosés. À moyen terme, les associés visent un nouveau marché, celui de l'export, notamment vers l'Allemagne et la Suisse. Et surtout, la 4e génération pousse à la roue, avec l'installation dès cet été de Maxime, le fils de Mickaël, qui pourrait être suivi par son cousin Valentin (fils d'Anthony) d'ici 3 ans, puis dans un horizon plus lointain par le fils de Vincent. 3 fils, et peut-être demain 3 cousins, c'est le signe qu'au Domaine de la Montcellière, on croit ferme en l'avenir de la production de nos terroirs viticoles de l'Anjou, de Saumur et du Layon.