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Le grand retour du Festi’élevage à Chemillé les 3 et 4 septembre

Interview de Benoît Cesbron, président du Festi’élevage

Benoit Cesbron, président de Festi'élevage

Après deux années d’absence, c’est le grand retour du Festi’élevage à Chemillé les 3 et 4 septembre prochain. Comment se profile cette édition et dans quel état d’esprit sont les éleveurs ?

On est super contents de repartir après cette pause imposée par le Covid. Les éleveurs aiment venir au Festi’élevage. Il y a le côté festif et convivial bien-sûr, et puis ça les change de leur quotidien, marqué cette année par la grosse sécheresse qui nous impacte tous. 2022 est l’édition du renouveau. On repart sur de nouvelles bases. Certains éleveurs sont partis à la retraite, d’autres nous rejoignent, motivés. Malgré tout, il y aura peut-être un peu moins d’animaux que lors des éditions précédentes. Le fait qu’il y ait le concours national Limousins au Mans une semaine après et le concours national Jersiaise au Space va jouer sur les effectifs présents à Chemillé pour ces deux races. Nous n’aurons pas non plus de représentants de la race Montbeliarde cette année. Nous espérons qu’ils nous retrouveront en 2023. Mais au total, ce sont plus de 600 animaux qui seront exposés.

 

Quels seront les temps forts de cette édition 2022 ?

En parallèle des concours départementaux, nous aurons le plaisir d’accueillir cette année le concours national de la race Parthenaise ainsi que l’inter-régional des moutons Rouge de l’Ouest. Dans les deux cas, on est content de la bonne participation des éleveurs. En Parthenaise nous attendons environ 180 animaux. Il est vrai qu’on est dans le berceau, mais on aura aussi des éleveurs de l’Aveyron, de Bretagne, donc ça va faire un bon concours pour une race justement de plus en plus dynamique en dehors de son berceau d’origine de l’Ouest, puisqu’on en trouve de plus en plus dans le Nord de la France, en Bourgogne,etc. Enfin, je voudrais souligner aussi la forte présence des étudiants au Festi’élevage, puisque nous en attendons 200 le vendredi. 150 d’entre eux vont participer aux sélections pour le concours national de pointage du prochain salon de l’agriculture. Et 80 jeunes environ resteront tout le week-end aux côtés des éleveurs pour les aider à s’occuper des animaux. C’est important pour nous parce que c’est la relève !

 

Vous avez aussi voulu passer des messages à l’attention du grand public ?

Oui bien sûr c’est important. Festi’élevage est en lien étroit avec la foire exposition de Chemillé qui a lieu juste à côté, et qui nous permet justement d’attirer le grand public. On s’est donc posé la question de savoir comment on pouvait leur faire passer des messages simples. Et cette année, le thème qui nous est spontanément venu à l’esprit est celui de la souveraineté alimentaire. Après 2 années de Covid qui s’enchaînent aujourd’hui avec la crise Ukrainienne, les Français commencent à prendre conscience, pour la première fois depuis des années, de l’importance de l’arme alimentaire à travers notamment l’inflation, mais aussi les menaces qui pèsent sur nos approvisionnements. Après des années où nos dirigeants ont misé sur le grand supermarché mondial, ils redécouvrent aujourd’hui qu’être autonome sur son territoire est devenu un atout géopolitique précieux. Donc à travers une série de portraits réalisés par l’Anjou agricole auprès de chaque race présente, nous allons décliner les grands axes de la souveraineté apportée par l’agriculture, et plus spécifiquement l’élevage. De la fertilisation en passant par l’autonomie protéique, des circuits courts à toute la segmentation de produits, de la production d’énergie à l’impact carbone de l’élevage, nous allons diffuser des messages simples, chiffrés et faciles à retenir. Et parmi ces messages, celui qu’il faut que chacun entende par dessus tout, c’est qu’il n’y aura pas d’autonomie alimentaire sans éleveurs correctement rémunérés !

 

 

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