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Le loup en Anjou

Entre contes fantastiques et récits documentés, le loup a hanté l'Anjou durant des millénaires. Pierre-Louis Augereau a suivi sa trace dans un livre récemment publié aux éditions La Geste.

© PLA

Saviez-vous que la plus vieille trace encore visible du loup en Anjou était abritée dans le clocher tors de l'église Saint-Étienne de Fougeré ? C'est de ce texte, gravé dans la pierre et attestant de la mort de Thomas Beaussier suite à une attaque de loup enragé en 1713 à la ferme de la Dosteferrière, que Pierre-Louis Augereau, ancien journaliste et passionné d'histoire locale, est parti en quête des liens reliant l'Anjou au canis lupus.

Marqueur du paysage

Et visiblement, les loups occupent l'Anjou depuis des millénaires comme le prouvent les ossements retrouvés sur le site de Roc-en-Pail à Chalonnes-sur-Loire, datant du paléolithique. La toponymie angevine témoigne encore de cette présence : des noms des communes (Chanteloup-les-Bois, Louresse-Rochemenier) aux noms de lieux-dits (Buisson aux loups, Chêne aux loups, Fosse aux loups, Guette-loup, Pinceloup, Poire à loup, Saut aux loups). Chanteloup-les-Bois et Cuon arborent même un loup dans leur blason. Parmi les nombreux patronymes dérivés du mot loup (Loubet, Leloup, Bouteloup,...), certains, tel Sauloup, sont le plus portés dans le Maine-et-Loire, et ce depuis plus d'un siècle. Dans la campagne, des croix et chapelles ont été bâties en remerciement d'avoir échappé au loup : à Andrezé, Yzernay, Savennières et Saint-Rémy-en-Mauges. Une variété de pomme, connue depuis le Moyen-âge du côté de Beaupréau, rend hommage à ce canidé : la bien nommée patte de loup avec sa peau marquée par des griffures. Depuis octobre 2021, les loups sont entrés dans la ville d'Angers et occupent la place Giffard-Langevin, sous forme de sculptures signées de l'artiste Roland Cognet.

Récits et contes

Mais si le loup a marqué les paysages du Maine-et-Loire, c'est qu'il a d'abord marqué les esprits. Les légendes, comme celle de la fosse aux loups à la Jumellière, sont imprégnées de faits réels, largement documentés. Pierre-Louis Augereau a répertorié les mentions des attaques de loup dans les registres paroissiaux, seules sources avant l'apparition des journaux locaux. Ainsi, on en compte 12 dans le Baugeois en 1694 par exemple. Les curés de Corzé et Fontaine-Milon enregistrent le décès d'enfants "dévorés par une bête féroce que l'on appelle loup" en 1695. La même année où Charles Perrault écrit le conte du petit chaperon rouge. "S'est-il, lors de son séjour à Ussé, inspiré de la bête de Benais, qui terrorisa les populations des provinces de Touraine et d'Anjou entre 1693 et 1695, et fit 135 morts, soit plus que la bête du Gevaudan, 70 ans plus tard ?", s'interroge l'ancien journaliste. À la fin du XIXeme siècle, le loup rôde encore dans les contes et romans de René Bazin, situés dans son Haut-Anjou natal.

Chasse au loup

La régulation de ce prédateur ne date pas d'hier dans le département. Des battues collectives étaient organisées sur le territoire. Une délibération du conseil de ville d'Angers, en 1598, rappelle notamment que la noblesse fut convoquée "afin de faire la huée aux loups qui s'attaquent ordinairement aux personnes et les dévorent". Les premiers lieutenants de louveterie du roi ont été nommés en 1471. Aujourd'hui, ils sont 11 dans le département, nommés par le préfet. Qualifié de "nuisible" en 1802, "21 loups sont tués entre 1853 et 1857" en Maine-et-Loire. Lorsque la loi du 3 août 1882 est promulguée afin "d'éradiquer le loup dans l'Hexagone", il n'y en a plus en Anjou. Le Museum d'histoire naturelle, à Angers, conserve la dernière louve tuée en 1855 lors d'une chasse à courre, en forêt de Brissac.

 

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