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Le mancozèbe interdit, les arboriculteurs en pâtissent

L'interdiction de la commercialisation du mancozèbe réduit pour les arboriculteurs les moyens de lutte contre la tavelure.

© Archives AA

La décision a été prise fin octobre par les instances européennes : le mancozèbe sera interdit de commercialisation dès le 31 janvier 2021. Ce fongicide est très utilisé en arboriculture et viticulture. D'après les données de la Banque nationale des ventes de produits phytopharmaceutiques (BNVD), ce fongicide est l'une des molécules les plus vendues en quantité, juste derrière le glyphosate et le prosulfocarbe, soit 2 045,8 tonnes en 2017. Son utilisation restera possible durant l'année 2021 avec un délai restant à fixer par chaque État, de façon à écouler les stocks.
Pour les arboriculteurs, cette interdiction est un nouveau coup dur. « C'est une interdiction abrupte pour un produit que nous utilisons depuis des décennies », souligne Pascal Pineau, arboriculteur et président du Syndicat des producteurs de fruits du Maine-et-Loire. La protection contre la tavelure repose aujourd'hui essentiellement sur trois molécules multisites, dont le mancozèbe, avec un nombre d'interventions limité. « Nous l'utilisons aujourd'hui à des doses très réduites en début de saison avant la floraison. En tant qu'observateur de la nature, je ne vois pas en quoi cette molécule a un impact ». Le retrait du mancozèbe restreint la lutte anti-tavelure à 2 substances actives et diminue  le nombre d'applications possibles. Quid des solutions alternatives ? « D'autres pays de l'UE, eux, ont homologué d'autres produits de substitutions depuis des années. Qu'attend la France pour le faire ? Le retrait du mancozèbe n'a pas les mêmes conséquences en France que dans ces autres pays où des solutions alternatives existent... », regrette Pascal Pineau.

Des outils pour optimiser les traitements
Les agriculteurs, pour protéger leur verger, favorisent des méthodes de lutte respectueuses de l'environnement en privilégiant la lutte intégrée. Contre la tavelure, sélectionner des variétés de pommiers (encore) résistantes ou tolérantes, réduire l'inoculum par broyage ou enfouissement des feuilles à l'automne et  anticiper  les  périodes  de  contamination  sont  des  leviers d'action importants dans le raisonnement de la protection. Les arboriculteurs utilisent des outils d'aide à la décision. Pascal Pineau, lui, utilise le logiciel Rim Pro depuis une quinzaine d'années. Cet outil de modélisation définit les périodes  de  projection et la gravité de l'épisode contaminant à partir des données météorologiques. Ces données météorologiques sont prévisionnelles, calculées et  transmises au logiciel via une station météo disposée sur le verger. Cet outil est surtout utilisé au printemps contre la tavelure, parce que c'est à cette période que les risques de contamination primaire sont les plus élevés. « Ce logiciel est très intéressant à condition d'avoir une bonne station météo. Il permet de mieux évaluer les risques de contamination. On va savoir quand traiter avec le produit adéquat à des moments clés », apprécie Pascal Pineau. Ce logiciel est un moyen de prophylaxie de la maladie. « Au printemps, on n'a pas le droit à l'erreur avec la tavelure, sinon, c'est tout l'été qu'on est obligé de traiter. »

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