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FNB
Le soutien du ministre au projet de contractualisation

Le ministre de l’Agriculture, qui intervenait au terme de la première journée du congrès, s’est montré en phase avec la profession. Mais c’est sur ses actes qu’il sera jugé.

Pierre Chevalier : « La FNB a un projet structurant pour que l’ensemble des
partenaires de la filière bovine retrouve des prix rémunérateurs ».
Pierre Chevalier : « La FNB a un projet structurant pour que l’ensemble des
partenaires de la filière bovine retrouve des prix rémunérateurs ».
© ANJOU AGRICOLE

« Je vous accompagnerai dans votre démarche de contractualisation ». Lors de son intervention au congrès de la FNB à Angers, mercredi après-midi à Angers, le ministre de l’Agriculture a apporté son soutien au projet de la FNB d’inscrire le secteur de la viande bovine dans une démarche de contrat filière. Pierre Chevalier se faisant le porte parole des représentants de l’industrie, de l’agro-alimentaire présents dans la salle, pour dire à Bruno Le Maire : « La FNB a un projet structurant pour que l’ensemble des partenaires de la filière bovine retrouve des prix rémunérateurs. Un projet qui donne à tous des perspectives économiques durables et qui répond aux grands enjeux écologiques et sociétaux. C’est le seul moyen dans cette situation dramatique que connaît la viande bovine ». Pour autant, le président de la FNB n’a pas manqué de rappeler la nécessaire transparence des marges. Ce que le ministre de l’Agriculture a également reconnu en annonçant un renforcement de l’observatoire des prix et des marges. Apui donc du ministre pour défendre des « contrats écrits qui doivent devenir la règle et comporter prix et volumes ». Garantie aussi d’une Loi de modernisation qui renforce le rôle des interprofessions afin qu’elles puissent dégager des indicateurs de marché, sans encourir pour cela les foudres de Bruxelles dont la réglementation en matière de concurrence doit évoluer – le ministre s’est engagé dans cette voie auprès de Dacian Ciolos, le commissaire européen. Le secteur de la viande bovine, durement éprouvé par la crise, subit également la vindicte récurrente des “anti-viande”. Un discours que ne prise pas le ministre qui, en réponse aux différents responsables professionnels qui se sont succédé à la tribune, Henri Brichart pour le lait, William Villeneuve pour les JA, Christiane Lambert au nom de Jean- Michel Lemétayer, s’est déclaré « déterminé à aider la profession ». Bruno Le Maire a rassuré les éleveurs sur la reconduction de la PHAE, de l’ICHN pour les zones de montagne. Il s’est aussi prononcé sur la demande des éleveurs de reporter la vaccination FCO au 30 juin prochain, n’excluant pas que les éleveurs puissent être associés à la vaccination. La Loi de modernisation devrait également prévoir une disposition en matière d’assurance fourrage. Il s’est prononcé pour l’instauration d’une nouvelle méthode d’évaluation préalable des règles environnementales imposées à l’agriculture. « Pour chaque nouvelle mesure, trois questions seront posées : quel impact réel pour la société ? quel impact économique pour la filière ? Que font nos voisins européens ». Quant au photovoltaïque, il a annoncé la création d’un groupe de travail pour son développement sur les bâtiments d’élevage.

Maintenir la production européenne

Il n’en demeure pas moins que les perspectives de la réforme de la Pac et des négociations de l’OMC risquent bien d’entamer un peu plus encore ce secteur d’activité en difficulté depuis plusieurs années. Sur ces sujets, le ministre s’est voulu rassurant, s’engageant à prôner un modèle européen, plus coûteux peutêtre, mais qui garantisse l’indépendance alimentaire, sanitaire et la sécurité environnementale. L’appel de Paris, rassemblant 22 Étatsmembres, devrait venir renforcer cette orientation, espère-t-il. Quant aux négociations du commerce international, le ministre a été clair à la tribune d’Angers : « Je n’irai pas plus loin que ce qui a déjà été concédé ». Cela suffira-t-il à rassurer les éleveurs, à donner des perspectives à ceux qui, en moyenne, ont gagné 6 300 euros pour l’année 2009 ? Plus que les paroles, c’est sur les actes que sera jugé le ministre. La salle s’est montrée attentive, mercredi soir. Si elle est déçue, gageons qu’elle saura alors le faire savoir.

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