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Viticulture
Le troisième vignoble de France est en Val de Loire

Une étude confirme la professionnalisation du troisième vignoble de France. Et le poids économique d’un secteur qui génère plus de 20 000 emplois.

Pierre Aguilas et Christian Groll, du parc des expos d’Angers, ont confié à Stéphane Bonetti, ingénieur, l’étude sur le vignoble du Val de Loire.
Pierre Aguilas et Christian Groll, du parc des expos d’Angers, ont confié à Stéphane Bonetti, ingénieur, l’étude sur le vignoble du Val de Loire.
© AA

Mille kilomètres de fleuve traversent le troisième vignoble de France et en construisent son identité. Le vignoble du Val de Loire peut se targuer d’être le troisième vignoble de France, et revendique sa place à côté des mastodontes, l’Aquitaine en tête, avec quasiment 4 millions d’hectolitres sur 66 000 km2. « Il existe dans cette région une culture forte de l’histoire de la vigne qui s’illustre par la présence de nombreuses petites structures », relate Stéphane Bonetti qui a réalisé l’étude commanditée par le Salon des vins. Il s’agit d’un premier volet d’enquête qui devrait être complété dans les mois qui viennent. « Cette étude a été réalisée dans le même esprit que l’étude Terroirs, il y a quelques années », rappelle Pierre Aguilas, président de la Confédération des vignerons du Val de Loire. « Cela donne des éléments pour étudier comment évoluer, mais aussi des arguments. Alors que certains s’obstinent à nous vilipender, voire s’échinent à vouloir nous faire disparaître, ces chiffres prouvent l’importance économique de la viticulture en Val de Loire ». Celle-ci a bien évolué déjà. Aujourd’hui, le secteur s’est professionnalisé : on enregistre 41 % de déclarants en moins entre 1996 et 2006. Le vignoble compte aujourd’hui 7 000 exploitations professionnelles d’une SAU moyenne de 10 hectares (12,5 hectares en France) réparties dans quatre grandes régions viti-coles : le Pays nantais, l’Anjou-Saumur, la Touraine et le Centre. Avec des poids lourds : le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique en représentent à eux seuls 55 %. Si l’on ajoute l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, on passe à 80 % du vignoble.

68 appellations en Val de Loire
Les 68 appellations du vignoble du Val de Loire sont présentes dans 949 communes. Pour certaines appellations comme le bonnezeaux, le chaume, le quart de chaume, la surface ne couvre que quelques hectares. La part des AOC a augmenté en vingt ans de 22 %. Elles concernent 75 % de la récolte. C’est une des caractéristiques de ce vignoble puisque la part AOC au plan national atteint les 50 %. L’ouverture à d’autres débouchés est cependant présente puisque les cépages « internationalisables » représentent 9 % dans les rouges et 27 % dans les blancs. Globalement, le Val de Loire est le premier vignoble de France pour les blancs avec 79 % (63 % en France) et occupe la cinquième place en rouge et rosés (70 % en Val de Loire, 50 % en France) et en rosé
(62 %). Les vins rosés connaissent une forte progression ces dernières années, évaluée à 62 %. Dans les rouges, la progression est moindre (+ 30 %), mais avec de belles réussites comme le saumur-champigny. Les vins effervescents ont connu, quant à eux, une poussée spectaculaire. Les saumur et les vouvray, déjà bien installés, pèsent pour 32 % du marché des bulles, mais le crémant poursuit régulièrement son ascension. « On a suivi le mouvement, parfois avec un peu de retard », convient Pierre Aguilas.
Autre caractéristique du Val de Loire : la commercialisation en vente directe. Elle arrive juste derrière le négoce (53 %) alors que les coopératives occupent 13 % du marché. La vente directe aujourd’hui ne se résume plus à vendre directement, en cubi ou en bouteilles, aux particuliers. Les viticulteurs, seuls ou en groupe, s’organisent pour s’ouvrir des marchés à l’export, mais aussi pour commercialiser auprès des restaurateurs ou de la grande distribution.

Emplois directs et indirects
Si elle n’occupe que 2 % des surfaces agricoles, la viticulture arrive à égalité avec d’autres secteurs employeurs de main-d’œuvre comme le maraîchage et l’horticulture. L’emploi total en 2005 est évalué à de 6 à 9 %. Concrètement, l’emploi direct s’établit à 12 500 personnes (dont environ un tiers en Maine-et-Loire), parmi lesquels 4 000 chefs d’exploitation et environ 1 300 conjoints.
2 900 de ces exploitations emploient de la main-d’œuvre qui atteignait, en 2006, 6 000 équivalents temps plein, la moitié en Maine-et-Loire et Loire- Atlantique. « La moitié de ces emplois sont permanents », précise Stéphane Bonetti. Les emplois indirects sont plus difficiles à évaluer. Selon les
éléments disponibles, on peut les chiffrer à 4 000 dont 1 500 dans le commerce, soit 16 500 emplois, dont 75 % dans la production. Un chiffre réel « bien au-delà », pensent les responsables de l’étude qui estiment que le poids social et économique de l’agriculture varie « entre 20 000 et
30 000 personnes ».

m. l.-r.


Rendez-vous

22e salon des vins de Loire du 4 au 6 février

Du 4 au 6 février, le salon des vins de Loire rassemble tout le vignoble ligérien au parc des expos d’Angers. En prélude, le dimanche, le concours des ligers. Depuis l’année de sa création, en 1987, le salon des vins de Loire confirme chaque année sa pertinence. L’édition 2008 s’ouvre sur un bilan de campagne plutôt satisfaisant : les blancs sont stables, les rosés confirment leur croissance, les rouges reprennent des couleurs et les bulles poursuivent sur leur lancée. 87 % des exposants reviendront au salon des vins : ils seront encore plus de 600 cette année.
Les visiteurs affichent clairement leur satisfaction. Ils cherchent les nouveautés ou à rencontrer des fournisseurs, avec une part croissante d’étrangers (+ 15 %). Voilà qui devrait plaider pour le maintien d’une manifestation annuelle. L’innovation du salon des vins de Loire, cette année, concerne particulièrement les acheteurs étrangers et les débouchés à l’export. Une convention d’affaires a été mise en place entre exposants et acheteurs internationaux. Ceux-ci viendront des États-Unis, de Grande Bretagne, de Finlande, du Danemark.
« Il s’agit, précisent les organisateurs, de développer les échanges avec des pays présentant un fort potentiel pour les vins du Val de Loire ». 300 rendez-vous d’affaires sont d’ores et déjà convenus entre les 20 acheteurs et 20 “offreurs”.
Se déroulera à nouveau le concours du meilleur élève sommelier en vins du Val de Loire. Ce sera sa 20e édition avec une finale le lundi 4. L’Ésa proposera, le mardi 5, à 14 h 30, un colloque sur le thème “Attractivité des vins de terroir auprès des consommateurs” et des ateliers de dégustation mettront en valeur les associations mets et vins. Tous les détails de ce programme seront repris dans la prochaine édition.

22e salon des vins de Loire du 4 au 6 février : www.salondesvinsdeloire.com 

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