Le végétal local,facteur de résilience
Le CNPH-Piverdière, basé à La Ménitré, qui ouvre ses portes ce samedi 12 septembre, vient d'obtenir le label Végétal local. Porteur de ce projet au centre de formation professionnelle, Frédéric Sérurier en explique l'intérêt.
Le CNPH-Piverdière, basé à La Ménitré, qui ouvre ses portes ce samedi 12 septembre, vient d'obtenir le label Végétal local. Porteur de ce projet au centre de formation professionnelle, Frédéric Sérurier en explique l'intérêt.
"Nous avons 30 000 plantes à vendre", présente Frédéric Sérusier, chargé de projets, en parcourant une vaste ombrière pleine de plants de chênes et autres espèces locales. Il y a 3 ans, le centre de formation pour adultes CNPH-Piverdière s'est lancé dans la production d'arbres et d'arbustes correspondant aux critères de Végétal local. Et depuis le 5 août, le centre de formation est officiellement certifié.
Des haies utiles aux auxiliaires
Qu'est-ce Végétal local ? Il s'agit, à l'origine, d'une marque collective de l'Office français de la biodiversité, créée il y a plus de 10 ans par les Conservatoires botaniques nationaux, l'Afac Agroforesterie et Plante et Cité. Depuis cette année, c'est devenu un label de certification. La filière compte actuellement près de 200 collecteurs et producteurs. En France métropolitaine, 11 aires biogéographiques ont été définies. Le CNPH produit des végétaux définis par l'OFB comme correspondant à la zone Bassin parisien sud. "Le Végétal local correspondait bien aux changements de pratiques culturales que l'on cherche à promouvoir ici. Nous n'utilisons plus de phytos depuis 15 ans", précise Frédéric Sérusier.
L'introduction de végétaux locaux favorise la biodiversité fonctionnelle : "en résumé, on apporte le gite et le couvert aux auxiliaires. Cela peut venir remplacer ou renforcer l'effet de la protection biologique intégrée". L'idée est d'"apporter le maximum de biodiversité génétique".
L'intérêt des haies est important aussi face au changement climatique : "cet été nous l'a encore montré, plus la forêt est diversifiée, plus les haies sont diversifiées, plus elles vont être résistantes en cas de problème sanitaire, d'incendie..."
Une demande extrêmement forte
L'objectif est d'identifier des arbres implantés sur le territoire depuis au moins les années 60, période du remembrement, et qui sont repérés via Geoportail. "Si ces arbres étaient là à l'époque et sont encore là aujourd'hui, c'est qu'ils sont adaptés au changement de climat", souligne Frédéric Sérusier.
Le CNPH-Piverdière s'approvisionne en graines auprès de 3 collecteurs. Ceux ci doivent respecter un cahier des charges (maximum 25 % de graines de chaque individu, avoir 30 individus pour commercialiser un lot...).
Toutefois, il n'existe pas de références techniques pour ces graines sauvages. Le centre de formation effectue donc des expérimentations sur les levées de dormance, le taux de germination. Un houx, par exemple, va mettre pas moins de 2 ans pour germer ! C'est le rôle du formateur référent en la matière, Guénolé Pontreau.
Les graines sont semées, élevées et les premiers plants vont pouvoir désormais être vendus, auprès de structures spécialisées dans la replantation de haies chez les agriculteurs, auprès des collectivités (le label Végétal local entre aujourd'hui dans des critères d'appels d'offre) ou de particuliers. "En commercialisant du végétal local, nous ne faisons pas de concurrence aux professionnels, car peu de professionnels le font encore, et car la demande est extrêmement forte. On peut même travailler en sous-traitance pour des producteurs", précise le chargé de projets.
Des végétaux qui se sont adaptés au fil du temps
Avec la montée des températures estivales, on peut se poser la question d'introduire dans les haies des essences du Sud de la France, peut-être mieux adaptées à des températures élevées et au manque d'eau. Frédéric Sérusier invite à la prudence sur le sujet : "on a eu des excès d'eau, des excès de chaleur et de la sécheresse, mais on n'est pas à l'abri, l'hiver prochain d'un excès de froid à -15°C ! D'autre part, des plantes méditerranéennes, par exemple, peuvent amener des parasites dans des régions où n'y a pas d'auxiliaires naturels".