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chambre d’agriculture
L’enjeu de l’élevage en Maine-et-Loire

Dernière session de la mandature, avant les élections de janvier 2013. Dernière session aussi pour le président sortant, Jean-François Cesbron, au terme de deux mandats.

La dernière session de cette mandature s’est tenue à Beaupréau.
La dernière session de cette mandature s’est tenue à Beaupréau.
© AA

“L’élevage traverse une crise profonde", ont dit les agriculteurs au préfet, François Burdeyron qui assistait à sa première session de la Chambre d’agriculture, en Maine-et-Loire. Cette dernière session de mandature s’est tenue à Beaupréau le 30 novembre au cœur d’une région directement concernée par cette production même si, comme l’a souligné le président du CRDAM, Jean-Pierre Émeriau, “le territoire est très diversifié”. Pascal Gallard, le responsable du secteur élevage, n’a pas manqué de rappeler l’enjeu de l’élevage sur l’économie et le territoire des Mauges et du département. Pas uniquement en ce qui concerne la production, mais également l’impact économique et social qu’a l’élevage sur l’ensemble de la filière et sur le milieu rural. “Un éleveur, c’est en amont et en aval, 6 à 7 emplois directs et indirects”, a rappelé Michel Brossier. Or, le revenu, eu égard aux conditions de travail, l'investissement financier nécessaire, les pressions environnementales toujours plus importantes, l'attrait pour des productions aujourd'hui plus rémunératrices comme les céréales, tous ces éléments entraînent une désaffection pour l'élevage. “On est très préoccupé par la pérennité des outils, par l'impact sur l'emploi salarié dans les outils d'abattage”, a souligné Jean-Denis Lambert, le président de la caisse de Crédit agricole. Une situation jugée suffisamment inquiétante pour que l'ensemble des élus consulaires, quelle que soit leur sensibilité, vote à l'unanimité la motion proposée (lire ci-dessous).
Le tableau serait bien sombre s'il n'était des pistes de réflexion, des actions concrètes, des adaptations, comme sont venus le présenter des agriculteurs et les techniciens de la Chambre d'agriculture.
“Faire des contraintes des opportunités”, préconise Daniel Coutant. Le Gaec de 200 hectares, en bordure du Ribou-Verdon, à Maulévrier, est, à 70 %, composé de prairies permanentes et est en agrobiologie. Objectif : l'optimisa-tion des fourrages en vue de l'autonomie alimentaire. “Depuis deux ans, on y arrive mais les deux années de sécheresse ont été très dures”, se souvient Daniel Coutant. Comment les éleveurs s'y sont-ils pris ? L'élevage des montbéliardes repose sur une gestion rigoureuse “et parfois un peu pointue”, des rations, adaptée aux différentes catégories d'animaux. Seules les vaches en production auront droit au fourrage séché en bottes par exemple.
Pour les productions animales spécialisées, l'enjeu, c'est réduire le coût alimentaire alors que le cours des céréales, dont une grande partie est destinée l'alimentation animale, est au plus haut. La pression foncière rend également difficile l'installation des jeunes et complique les besoins d'épandage. Pour s'installer avec son père, en élevage porcin et viande bovine, Fabrice Piron, de Bourgneuf-en-Mauges, reprendra une petite structure voisine. À terme, il y aura un regroupement des deux troupeaux porcins avec une conduite en cinq bandes et la création d'une maternité de 36 places. Une installation soumise à autorisation. Pour gagner en indice de consommation et répondre à une demande sociétale, les porcelets ne seront plus castrés. Le compostage peut aussi résoudre les problèmes d'épandage et apporter un complément de revenu. “Ce qui coûtait 5 €/tonne est aujourd'hui payé 5 €”.

Un nouveau PMBE
Qui dit installation ou renouvellement dit financement. En particulier, l'investissement dans de nouveaux bâtiments ou l'extension de ceux existants, afin de répondre aux impératifs environnementaux complémentaires. “Les outils progressent en taille, les investissements sont lourds pour le cheptel, le bâtiment… Le PMBE ne sera pas suffisant pour les besoins qui vont voir le jour”, a souligné Alain Denieulle. Pour Pierre Bessin, le DDT, le PMBE est assuré jusqu'en 2013. “La suite est liée au financement de la Pac 2014/2020 mais dans l'esprit du ministre de l'Agriculture, il n'y a pas de raison que le PMBE ne se poursuive pas puisque le PMBE 2007/2013 a montré son efficacité”. Reste à savoir si ce type de soutien suffira à contribuer au maintien de l'élevage dans la région.

M. L.-R.

41 sessions pour Jean-François Cesbron

Dernière session pour Jean-François Cesbron, au terme de deux mandats à la présidence de la Chambre d'agriculture. Deux mandats au cours desquels l'évolution de l'agriculture se sera accompagnée d'une évolution et une adaptation des structures consulaires. En particulier au cours du deuxième mandat où la régionalisation des services s'est accentuée. Parallèlement, la Chambre d'agriculture de Maine-et-Loire s'est organisée en pôles, un schéma d'organisation repris depuis au plan national.
Au cours de cette session, en présence de son épouse Marie-Odile, l'ensemble des élus de la Chambre d'agriculture a salué le président, mais également l'agriculteur qu'incarne Jean-François Cesbron, homme de dialogue toujours au service de l'intérêt général des agriculteurs et de l'agriculture.

MOTION

Les élus de la Chambre d’agriculture de Maine-et-Loire, réunis en session le vendredi 30 novembre 2012 à la Maison de Pays à Beaupréau :

CONSTATENT EN MAINE ET LOIRE

- La faiblesse chronique du revenu des éleveurs, faiblesse qui génère un fort découragement,

- Une diminution de 30 000 bovins sur les 5 dernières années, qui fait craindre la disparition de systèmes polyculture-élevage favorables au maintien  du potentiel agronomique des sols et au maintien du bocage,

- Un risque de déclin de l’élevage qui génère une perte de dynamisme des territoires ruraux et de l’organisation économique et qui se traduit déjà aujourd’hui par une surcapacité d’abattage et des jours chômés dans les abattoirs, portant le risque pour les salariés de ces outils d’abattage d’une précarisation de l’emploi, d’une perte de compétences et d’une dégradation des conditions de travail. Dans ce secteur de la filière, la gestion des relations et des ressources humaines sont à poursuivre et à améliorer pour l’organisation du travail, la reconnaissance de la pénibilité et des efforts à engager pour la réduire.

-  Une forte augmentation des charges, notamment le poste alimentation, en raison de la flambée des matières premières, qui pèse sur les exploitations et qui anéantit le bénéfice de l’augmentation des prix de vente des produits issus de l’élevage.

- Un durcissement incessant des textes réglementaires concernant les obligations environnementales, notamment dans la préparation du 5ème Programme Directive Nitrate : augmentation des normes rejets vaches laitières à l’herbe, augmentation arbitraire des capacités de stockage (de 4,5 mois à 7,5 mois pour les bovins, de 8 à 8,5 mois pour les porcins et les volailles), réduction des calendriers d’épandage… Ces nouvelles contraintes obligent souvent à de nouveaux investissements lourds que les éleveurs ne pourront pas engager.

- Une absence de souplesse dans le verdissement de la proposition PAC concernant les possibilités de retournement des prairies pour s’adapter au nouveau contexte.

DEMANDENT

- Une réelle ambition politique agricole et alimentaire pour l’élevage français, du producteur au consommateur ;

- Un plan national d’accompagnement et de modernisation des exploitations (plan bâtiment renouvelé) ;

- Le maintien d’outils de régulation de la production et des marchés au plan européen ;

-  Le maintien de soutiens directs suffisants pour pérenniser les exploitations et non une convergence aveugle vers des soutiens uniformes à l’hectare ;

- Un plan protéine qui encourage la production et améliore l’autonomie alimentaire.

- Un plan de restructuration des industries d’aval qui souffrent d’un manque de compétitivité ;

- Une reconnaissance accrue de l’organisation des producteurs face à la concentration accrue des interlocuteurs d’aval pour rééquilibrer les rapports de force (contractualisation, prise en compte des coûts de production) ;

- Une juste répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne alimentaire, tirant les enseignements des travaux des observatoires.

ENGAGENT

L’ensemble des organisations professionnelles à se mobiliser pour accompagner les éleveurs afin de maintenir le potentiel et le dynamisme départemental.


DÉLIBERATION ADOPTÉE A L’UNANIMITÉ

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