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Bovins
Les attentes d’une filière aux abois

La Fédération nationale bovine fait sa rentrée dans le Maine-et-Loire alors qu’avec un nouvel épisode de sécheresse, les trésoreries des éleveurs sont plus que jamais à la peine.

Mickaël Bazantay, président de la section bovine départementale, estime que “subir les aléas climatiques fait partie du métier, mais après cinq  années de crise, les éleveurs ne peuvent plus y faire face”.
Mickaël Bazantay, président de la section bovine départementale, estime que “subir les aléas climatiques fait partie du métier, mais après cinq années de crise, les éleveurs ne peuvent plus y faire face”.
© AA

Vendredi 26 août, dans le cadre d’une tournée des régions, la Fédération nationale bovine (FNB) fait étape dans une exploitation de Saint-Laurent-des-Autels. L’objectif est de faire le point sur la situation des exploitations au regard des différentes problématiques rencontrées par les éleveurs, après un printemps et un été marqués par la sécheresse. Outre une prise de température, il s’agit aussi pour la FNB de faire sa rentrée en remettant sur la table les dossiers qu’elle défend depuis plusieurs mois. Mickaël Bazantay, président de la section bovine départementale passe en revue les différents sujets qui ne manqueront pas d’être évoqués lors de cette visite.

Sécheresse

“Le constat est le même dans toutes les exploitations du département : le manque de fourrage est là, même si depuis deux mois les précipi-tations ont permis à l’herbe de repousser ici et là et aux prairies  de ne pas crever”, souligne Mickaël Bazantay.
La sécheresse entraîne en effet l’augmentation des charges liées à l’achat de foin, d'aliments et de paille pour nourrir les animaux. La FNB estime le surcoût alimentaire à 100 € par UGB. Et c’est précisément là que le bât blesse pour les éleveurs : en l’absence de tréso-rerie, comment faire face à ces nouvelles charges ? La sécheresse vient en effet s’ajouter aux difficultés rencontrées par la filière depuis plusieurs années : une baisse des cours doublée d’une augmentation des coûts de production, en lien avec la hausse des matières premières. Dans ce contexte, certains éleveurs ont choisi de décapitaliser une partie de leur cheptel, ce qui a entraîné une chute des cours au deuxième trimestre.

Report d’annuités

“Plan Barnier, plan Sarkozy : le gouvernement a mis en place des mesures successives pour soutenir la filière. Aujourd’hui ces aides montrent leurs limites : en souscrivant de nouveaux prêts, les éleveurs ont augmenté leurs annuités, mais sans parvenir à augmenter leur revenu dans le même temps. La FNB demande une année blanche avec un report des annuités d’emprunts, une proposition qui a du mal à se faire entendre jusqu’ici. S’il n’est pas global, le report pourrait peut-être se faire sur certains prêts”.

Export

“Par l’export, on peut arriver à donner plus de visibilité à la filière. Il y a plus de broutards sur le marché depuis la baisse de la demande de la part des marchés historiques comme l’Italie, la Grèce. Il en est de même pour les jeunes bovins finis. Si on maintient le même niveau de production, il faut impérativement trouver de nouveaux débouchés. De nouveaux marchés sont en train de s’ouvrir dans les pays arabes. Il faut y aller avec une force commerciale groupée et non pas chacun de son côté. C’est ce que défend la FNB à travers la mise en place d’un GIE export. Sans les premières exportations vers la Turquie en novembre, les cours seraient catastrophiques aujourd’hui”.

Contractualisation et gestion de l’offre

“La FNB avait évoqué ces questions lors de son assemblée générale qui s’était tenue en février 2010 à Angers. Depuis les dossiers n’avancent pas : les industriels n’ont pas envie de la contractualisation, idem pour  la production sur la gestion de l’offre. (…) Avec une crise qui perdure depuis cinq ans, il y a un certain nombre de scénarios qui se dessinent. Les industriels risquent d’avoir des problèmes d’approvisionnement. Il y a déjà des catégories où c’est le cas. Aujourd’hui, c’est certainement aux producteurs de prendre les choses en main pour faire avancer cette question de la gestion de l’offre”.

Pour Mickaël Bazantay, le constat est sans appel : après cinq années de crise, non seulement les éleveurs bovins sont aux abois, mais c’est la filière tout entière qui est en bout de course. “Les investissements au niveau de la production sont
stoppés depuis des mois, ce qui ne manquera pas d’avoir des répercussions à un moment donné. On va droit dans le mur si on continue comme ça”, conclut-il.


DELPHINE JÉGO

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