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Élections
Les candidats FDSEA-JA à la rencontre des agriculteurs

D’ici fin janvier, les quatorze réunions intercantonales présentent le programme de la liste FDSEA-JA. Le projet englobe tous les types de production de Maine-et-Loire.

Sur  l’exploitation laitière bio de Christian Huet, à Champigné. 
Sur l’exploitation laitière bio de Christian Huet, à Champigné. 
© Anjou agricole

C’est à Pouancé qu’ont démarré, lundi soir, les réunions intercantonales de la FDSEA, dans le cadre des prochaines élections à la Chambre d'agriculture. Au total, quatorze réunions sont prévues au cours desquelles seront présentés la liste des candidats, le bilan de la mandature (voir page 11) et le projet pour les six ans à venir, construit sur les quatre axes du projet agricole départemental validé par 36 signataires :
l’emploi, le revenu, l’environnement et la citoyenneté.
Au-delà de ce projet global, les problématiques locales ont été abordées dans chacune des étapes régionales.    « Les citations récentes de Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne, indiquant  que les agriculteurs auront besoin d’un revenu d’appoint, sont inacceptables », ont fait remarquer de nombreux participants de Bel-Air de Combrée. Une occasion pour Christiane Lambert, de la FDSEA et Christophe Beautrais, de JA49, de  rappeler l’enjeu de ces élections sur la représentativité syndicale et son importance dans les futures négociations pour le secteur agricole.


Valoriser les productions
Autre question en débat, le slogan FDSEA-JA “Pour une agriculture audacieuse, attractive et solidaire”.
« Il n’y a pas de hiérarchie dans les termes », a précisé Jean-François Cesbron, président sortant de la Chambre d'agriculture. «  Audace signifie la volonté d’entreprendre, en individuel et en collectif ». À Nueillé, c’est la question des zones vulnérables qui a retenu la majorité des échanges (voir encadré ci-dessous).  
« Notre programme s’intéresse à tous les types d’agriculture, à toutes les productions, à tous les modes de commercialisation », a rappelé Jean-François Cesbron. Cette même diversité territoriale se traduit dans la liste FDSEA-JA où figurent deux viticulteurs. C’est chez l’un d’eux, à Saint-Lambert-du-Lattay, que s’est déroulée la première des sept réunions en exploitation. « Quand d’autres régions françaises se portaient bien, nous avons travaillé sur la diminution des rendements, la modernisation des chais, des caves, l’amélioration de la qualité, le traitement des effluents, etc. Grâce à ce travail les vins d’Anjou-Saumur ont aujourd’hui acquis une excellente qualité », rappelle Olivier Lecomte, secrétaire général de la Fédération viticole. « On a des bons produits, mais une notoriété encore insuffisante pour vendre nos vins », ajoute Olivier de Cenival, président du GDDV (Groupement départemental de développement viticole) depuis le 1er janvier. « Les acquis techniques sont bien avancés ; il faut aujourd’hui travailler sur la commercialisation et le marketing », estime le viticulteur. Dans une région où la vente directe occupe une large place, les démarches des entreprises sont aussi soutenues par les opérations de promotion et de communication mises en place dans le cadre de l’interprofession, sur un produit “Loire”.
« Sans eau, pas de productions. Sans productions, pas d’emplois ». Formule lapidaire peut-être mais terriblement réaliste dressée lors de la rencontre au cœur du pôle végétal spécialisé. Le recours au tribunal administratif d’associations de sauvegarde fait planer la menace d’une annulation de l’arrêté pris par le préfet en août 2004. « S’il y a de l’eau dans l’Authion, c’est parce qu’il y a des irriguants », souligne Pascal Laizé. Le responsable environnement de la FDSEA rappelle la volonté de concertation de la profession, la priorité à l’eau potable et défend la transparence. « On avancera sur les dossiers irrigation si on accepte de faire connaître ce que l’on prélève », dit-il. « Réclamer un accès libre et gratuit à l’eau est complètement démagogique. C’est la meilleure façon de mettre fin à l’irrigation ».


Garantir l’accès à l’eau
Au Gaec du Plein air, à Brion (productions végétales spécialisées et production laitière), la facture d’eau représente 15 000 euros. La taxe d’assainissement est de 14 euros par hectare.  « La constitution du Gaec a permis la mutualisation des moyens et l’investissement dans le réseau d’irrigation collectif avec des équipements adaptés et rationnels qui permettent d’irriguer 60 hectares de semences et de pépinières. Outre les salariés permanents, les activités saisonnières fournissent du travail à une cinquantaine de personnes », expliquent les associés Emmanuel Lachaize et Nathalie et Thierry Bessonneau. Leur calcul est vite fait : « S’il n’y a plus d’eau, c’est aussi deux associés qui partent ». Et le risque
« de voir se développer des grandes cultures au détriment des productions spécialisées », alerte Jeannick Cantin. Le président du CRDA Baugeois Vallée, également responsable du CDDL (Comité départemental de développement légumier) veut développer la production maraîchère de la région et invite à parler du métier « en termes positifs ».  « L’installation repose aussi sur la diversité du département et pas uniquement sur les productions traditionnelles », acquiesce Christophe Beautrais, président JA49.
Avec 335 exploitations en agriculture biologique  ou en conversion, le Maine-et-Loire est l’un des premiers départements bio en France. « La Chambre d’agriculture a mis en place des moyens  », rappelle Jean-Louis Lardeux : dix personnes (quatre équivalents temps plein), la ferme expérimentale de Thorigné, mutualisation des moyens au niveau régional, etc. « Notre objectif est de développer l’agriculture biologique, mais certaines productions bio se heurtent à une inorganisation du marché », déplore Yves Beaupère. À tel point que certains laitiers en agriculture bio ont dû se résoudre à cesser leur livraison à Biolait : «  Mais je garde l’espoir d’y revenir », indique Jean-Pierre Rabouan, le responsable du pôle bio à la Chambre d'agriculture. « Nous revendiquons l’aide au maintien, l’organisation de la filière pour une rémunération suffisante de nos pratiques », indique Christian Huet, qui accueillait la troisième réunion en exploitation à Champigné.
H.D. et M.L.R.

Nitrates

Pas d’extension de la zone vulnérable  

Le mauvais feuilleton sur le classement du canton d’Allonnes en zone vulnérable touche à sa fin avec la proposition écrite de non-extension de la zone vulnérable aux nitrates adressée par le préfet de Maine-et-Loire et la Chambre d’agriculture, comme aux autres organisations du département consultées. Ainsi, en l’espace de deux mois (1er article le 24/11/06), les propositions de classement se sont succédé : de l’est du département, puis du canton d’Allonnes pour finalement aboutir au non classement. « Je salue le travail argumenté mené conjointement par la FDSEA et la Chambre d’agriculture pour convaincre l’administration du bien-fondé de notre position », souligne Christiane Lambert, présidente de la FDSEA.
Réunis en bureau le 8 janvier, les élus de Chambre d’agriculture ont émis un avis favorable au maintien du périmètre actuel. « Nous considérons aussi que l’amélioration de la qualité de l’eau à l’est du département comme à l’ouest est réelle mais doit se poursuivre, tout comme les pratiques agricoles sur l’ensemble du département, mais que la réglementation n’était pas adaptée. Nous nous félicitons donc d’avoir été entendus », déclare Jeannick Cantin, président du CRDA Baugeois-Vallée.                                    S.P.

Aînés. Un programme pour défendre les retraites d’aujourd’hui et celles de demain.
Des acquis et des demandes

Une partie des revendications exprimées par la section des aînés a été exaucée. La plus récente concerne l’amélioration des retraites agricoles depuis le 1er janvier (voir AA 5/1/7). Cette victoire n’est pas anodine. À titre d’exemple, indiquent les services du ministère, la revalorisation d’un chef d’exploitation sera majorée de plus de 600 euros par an pour une durée de carrière de 32 ans et demi. Elle pourra atteindre 900 euros par an pour un conjoint collaborateur ou un aide familial pour une durée de carrière de 27 ans et demi. Les revalorisations correspondantes seront intégrées dans la pension de janvier 2007 versée le 8 février. Au total, selon le ministère, ces mesures bénéficieront à 300 000 personnes pour un coût de 162 millions d’euros en 2007 et de 205 millions d’euros par an à partir de 2008. Les aînés peuvent se prévaloir d’autres victoires comme, en 2002, l’amélioration des minima pour les carrières complètes ; en 2003, la création de la retraite complémentaire obligatoire ; en 2004 a été acquise la mensualisation des retraites.
Leur programme électoral se poursuit dans le même sens avec la demande d’un minimum vieillesse pour tous fixé à 75 % du Smic immédiatement (pour les carrières complètes) et 85 % à terme, ainsi que le prévoit la loi Fillon 2003. Également à obtenir  la RCO pour tous ; la base de calcul des retraites sur les
25 meilleures années. Les aînés demandent également une reversion totale dans le cadre de la RCO et une base fixe pour le supplément enfant.

Les futures retraites
En menant ces revendications pour les retraités, les aînés de la FDSEA sont persuadés d’œuvrer pour l’ensemble des agriculteurs. « S’intéresser aux retraites des anciens, c’est travailler pour les futures retraites des actifs », estime Yves Nau. La section des anciens organise également des sessions de préparation à la retraite, en lien avec diverses organisations professionnelles. Parmi les activités de la section, un échange avec un autre département est proposé chaque année. Fin 2006, les six réunions régionales, assorties d’une visite de site, ont rassemblé plus de trois cents personnes. « Une expérience à renouveler », indique Yves Nau. Les retraités sont également informés de la vie de la section grâce à la lettre trimestrielle, Au fil des ans, qui donne également des informations pratiques, juridiques et sociales.
M.L.-R.

Une assemblée en toute convivialité

C’est à la Galetière, au Gaec Mercerolle, à quelques kilomètres du bourg de La Tourlandry, que les participants à l’assemblée générale communale FDSEA ont terminé leur après-midi de réunion. « Une bonne occasion de se connaître autrement qu’autour d’une table », commente François Girard, le président communal (voir ci-dessous). Auparavant, les adhérents avaient évoqué les différents points d’actualité, notamment le projet de construction d’un incinérateur à Trémentines. « Les agriculteurs veulent avoir des garanties vis-à- vis de possibles rejets de dioxine », poursuit le responsable local. « Ce sujet sera évoqué lors de l’assemblée générale cantonale qui se tiendra le 23 janvier à Chemillé  et toutes les alternatives à l’incinération devront être étudiées, indique de son côté Jean-Paul Piet, interrogé sur le sujet. Le syndicalisme mettra tout en œuvre pour défendre les intérêts des agriculteurs quelle que soit la solution retenue. »
Au cours de la rencontre, les formulaires pour la déclaration sécheresse 2006 ont été distribués. « On a aussi fait le point sur le dossier sécheresse 2005 », indique le président local, ainsi que sur la TIPP, le plan bâtiment, le prix du lait, ainsi que le groupement de défense des nuisibles ». Le syndicat local compte aujourd’hui une quinzaine d’adhérents. « On n’était plus que sept, il y a quelques années », se souvient François Girard. « Mais la vie du syndicat ne se limite pas à une réunion annuelle. L’an dernier, quatre réunions ont été organisées, notamment pour parler du projet de carrière sur la commune ».
M.L.-R.
 

Gaec Mercerolle

Une exploitation caprine spécialisée 

Quand il s’est installé sur l’exploitation familiale, en 1996, Stéphane Mercerolle a développé le troupeau de chèvres de ses parents pour atteindre 250 mères en 2000. Avec l’arrivée de sa conjointe, Mélanie Leguay
et de son frère Arnaud, l’objectif est d’atteindre 430 chèvres, avec un plan de développement de 390 000 litres. L’élevage est affilié au Contrôle laitier. La reproduction est assurée pour un tiers par l’insémination animale, les deux tiers en lutte. Parallèlement, le Gaec a un troupeau laitier de 25 prim’ holstein. Pour la production caprine, un nouveau bâtiment a été construit ainsi qu’une salle de traite de 22 postes à décrochage automatique, qui permet la traite de 340 chèvres à l’heure en pleine production. Un distributeur automatique d’aliment a été acquis pour 18 000 euros. « Moins cher qu’une dessileuse- mélangeuse », calcule Stéphane. « Cela permet de gagner une heure à une heure et demi par jour ».
Le Gaec Mercerolle est aujourd’hui une véritable exploitation spécialisée, avec un prix de base moyen de 530 euros/1000 litres. « Aujourd’hui, on peut s’installer en production caprine, affirme Stéphane. Mais il faut étroitement surveiller les charges ». La sécheresse de 2006 est venue porter un nouveau coup dur pour les jeunes agriculteurs. Pires que 2005, les aléas climatiques ont contraint les exploitants à des achats extérieurs.
Les récoltes de maïs ensilage et de foin, sur les 70 hectares de l’exploitation, n’ont pas suffi : 7,5 tonnes de rendement au lieu des 10 à 11 tonnes habituelles de maïs. « Il a fallu acheter 400 grammes de maïs grain par chèvre et par jour pour compenser le déficit », calcule Stéphane. « J’en ai eu pour 7 000 euros ».

M.L.-R.

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