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Les conditions climatiques de cet été tournent à la calamité

Les précipitations ont fait subir de gros dégâts aux cultures. Impossible de moissonner ou de récolter le foin dans de nombreux endroits. Les récoltes sont à l’eau.

Blé à Chanzeaux, melons à Blaison-Gohier, prairies à Saint Léger-sous-Cholet ou dans les Basses Vallées 
angevines, tous les végétaux ont souffert des conditions climatiques.
Blé à Chanzeaux, melons à Blaison-Gohier, prairies à Saint Léger-sous-Cholet ou dans les Basses Vallées
angevines, tous les végétaux ont souffert des conditions climatiques.
© AA

Quand elles n’ont pas perturbé les semis et les levées (voir pour le maïs en page 5), les précipitations récurrentes sont parfois venues balayer les espoirs des agriculteurs. Ainsi, en blé, on table d’ores et déjà sur une baisse de rendement et une chute du poids spécifique (voir AA du 13 juillet). « Un violent orage, au début du mois de juin, a littéralement couché des parcelles de blé. Et la moissonneuse s’est embourbée à la récolte », se souvient Philippe Grégoire, de Chanzeaux. De grosses ornières, encore remplies d’eau, quadrillent les parcelles. « L’entrepreneur envisage d’installer des chenilles. Cela va doubler le coût. Il en reste 26 à moissonner, mais avec quel rendement ? », s’interroge l’agriculteur qui évalue son manque à gagner à 30 000 euros plus l’achat de paille. « Sur la région, on a perdu 50 % en paille et en rendements », confirme Pascal Bondu, le responsable cantonal.

Dégâts des eaux
Dans la région de Saint-Léger-sous-Cholet, Jean-Yves Mériau parcourt ses prairies avec un sentiment d’impuissance. « Ce sont des terres de bas prés, assez humides », convient-il, mais d’habitude, on passe une première fois en mai cette année. On n’a jamais pu entrer dans les parcelles ». Ce qui a repoussé étouffe la première pousse. Le volume de fourrage de mauvaise qualité empêche le sol de sécher. « Ca pourrit là-dessous », montre-t-il. « Et les vaches ne voudront jamais pâturer ça ».
L’éleveur laitier, en système herbe, espère « au moins deux semaines de beau », pour pouvoir enfin accéder aux parcelles spongieuses. « Mais dans quel état seront-elles après le passage des engins ? », s’inquiète-t-il.
Dans les Basses Vallées angevines, « de mémoire d’anciens, on n’avait jamais vu ça », relate Pascal Poulard. La zone est pourtant coutumière des crues, « mais pas à cette date et à cette hauteur ». Dans les marais de Briollay, l’eau est montée d’un mètre en un jour recouvrant les prairies. « Là où la fauche n’est pas faite, tout n’est pas perdu, mais la qualité sera médiocre », estime l’éleveur. Par contre, c’est trop tard pour les javelles restées à terre. Il faudra deux à trois semaines, estime Pascal Poulard, pour entrer dans les parcelles, une fois l’eau retirée.


Pluie et mildiou
Selon le calendrier prévu,
Frédéric Brosselier a démarré les plantations de melons charentais en avril. Cette production, commercialisée en vente directe sur son exploitation de Blaison-Gohier, ne représente qu’une petite partie de l’activité. Le Gaec père/fils produit du lait (220 000 litres) et du tabac. « Les première et deuxième mises en place de melons ont bien fleuri », se rappelle-t-il. La fécondation s’est déroulée dans de bonnes conditions. C’est ensuite que les ennuis ont commencé. La troisième plantation est complètement perdue en raison du phénomène de coulure, dû au froid ». À cela, se sont ajoutés les problèmes sanitaires. Dans la petite parcelle de 60 ares de melons charentais, Frédéric Brosselier mesure l’étendue des dégâts du
mildiou apparu début juin et des conditions climatiques de ces dernières semaines. « Ces perturbations vont entraîner un manque de production pendant une quinzaine de jours », calcule-t-il. Cette année, pour faire face aux problèmes sanitaires, le nombre de traitements a été multiplié par trois. « Cela représente du temps et un coût ». En raison de la moindre récolte et pour maîtriser ses charges, il n’a pas fait appel, cette année, à de la main-d’œuvre temporaire pour ramasser les melons. Ils seront d’un calibre inférieur à celui des autres années, mais la qualité gustative est au rendez-vous. Cette moindre production pèsera bien sûr un peu sur le chiffre d’affaires. La production de melons, en été, « c’est une rentrée de trésorerie appréciable », relate-t-il. Mais les cours meilleurs viendront contrebalancer la moindre quantité. « Pourvu, au moins, que je couvre les frais engagés ».

m. l.-r

Maïs semence : dix jours
de retard pour les castrations

Malgré le retard, les producteurs misent sur une arrière-saison favorable.

L’année semblait bien partie pour les producteurs de maïs semences, avec de belles et homogènes levées. Mais avec un mois de juin froid, c’est toute la production qui a pris près de dix jours de retard par rapport aux années normales. « Pour l’instant, il ne faut pas être inquiets. L’idéal serait que l’arrière-saison soit bonne pour récolter à temps, avant le 1e novembre », explique Jean-Paul Guéry, animateur du SPSM (Syndicat des producteurs de semences de maïs). « En ce moment, le côté positif c’est que l’irrigation est naturelle », ajoute l’animateur.

De 1 à 2 % de pertes
sur le Maine-et-Loire

Certains secteurs, comme celui de Longué-Jumelles ont connus d’importants orages à répétition. « À cause des excédents d’eau, des contrats ont dû être détruits et des surfaces abandonnées. Pour l’ensemble du Maine-et-Loire, ça représente 1 à 2 % de pertes, mais pour les agriculteurs concernés, les dégâts sont inquiétants » souligne Jean-Paul Guéry. Le climat pose donc problème cette année et ce, à plusieurs niveaux : « Le mauvais temps engendre du retard pour les castrations, certes, mais il y a aussi des avortements d’épis dus aux températures froides et au manque de luminosité » raconte Jean-Jacques Girard, président du Sammsa (Syndicat des agriculteurs multiplicateurs des maïs semences de l’Anjou). Il est encore trop tôt pour dresser un bilan exact de la situation, mais les perturbations climatiques pourraient avoir des conséquences sur la qualité des maïs semences. « Les effets initiés par la plante au cours de sa croissance vont avoir un impact sur sa qualité » indique Jean-Jacques Girard. « Car si la floraison
rencontre des problèmes, la fécondation en subira les conséquences et donc la qualité aussi ». Par
ailleurs, les producteurs doivent également faire face à la sésamie. « Ce parasite occasionne des pertes de pieds. Grâce à une lutte collective, son évolution a été maîtrisée. Mais sa présence reste inquiétante » déclare Sébastien Roy, responsable des maïs semence à Terrena. Pour l’heure, les producteurs mettent les bouchées double pour finir les castrations et espèrent une arrière-saison ensoleillée.

M. T.
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