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Crise porcine
Les éleveurs de l’Ouest charcutent les salaisonniers

Dans le Grand Ouest et au-delà, les éleveurs se sont mobilisés cette semaine pour défendre la viande porcine française. Aujourd’hui, les producteurs angevins sont sur le terrain. charcutent les salaisonniers

Aux salaisonneries de Brocéliande (35), les producteurs de porcs ont 
manifesté leur colère de voir des importations de viande espagnole, 
à bas prix, venir concurrencer la production française.
Aux salaisonneries de Brocéliande (35), les producteurs de porcs ont
manifesté leur colère de voir des importations de viande espagnole,
à bas prix, venir concurrencer la production française.
© AA
Le cours du porc frôle un euro. Une situation fortement défavorable aux producteurs : ils perdent de 5 000 à 9 000 euros par mois. Pour mettre en avant la viande nationale et s’assurer que la filière joue le jeu de la production française, un appel interrégional a été lancé par les Fdsea et JA de l’Ouest. Les éleveurs de porcs ont ainsi effectué des visites surprises dans les salaisonneries et des grandes surfaces. La Sarthe a ouvert la marche, samedi dernier, dans un hypermarché. Mais, lundi, la découverte de viande espagnole par une centaine d’éleveurs d’Ille-et-Vilaine à la salaisonnerie Brocéliande, filiale du groupe coopératif Unicopa, a mis le feu aux poudres. « Dans l’esprit du consommateur, les charcuteries de Brocéliande, c’est forcément du porc breton ou du moins français. Il y a tricherie », exposait Nathalie Marchand de la section porcine FDSEA 35. Les Finistériens ont emboîté le pas les jours suivants en intervenant dans les salaisonneries du département breton : Monique Rannou (groupe Intermarché), SBS et Salaisons de l’Arrée. Et bien plus loin, en Corrèze, c’est Madrange qui a été ciblé. Dans les Pays de la Loire, des actions similaires devaient s’organiser en fin de semaine.
Du côté de la grande distribution, l’objectif était double. Les relevés de prix visaient à dénoncer la pression exercée par la distribution. « Des promotions à moins de 3 euros/kg, comme celles à 2,25 euros affichées dans les catalogues de certaines enseignes, ne peuvent en aucun cas assurer une rémunération décente de leurs fournisseurs, et notamment des producteurs. Ils écrasent les prix, mais aussi leurs fournisseurs », s’indigne Gérard Bourcier de la FDSEA 49. Quant à la vérification des origines des viandes porcines, il s’agissait d’un moyen pour communiquer auprès des consommateurs. « Les éleveurs répondent aux attentes du concitoyen en adoptant un mode de production leur assurant qualité et traçabilité. Que le consommateur français soit citoyen et achète de la viande française », pouvait-on lire sur des affiches. Un moyen d’attirer les regards pour ensuite discuter sur les garanties offertes par les produits estampillés “VPF”.

Sonnette d’alarme
Ces mouvements généraux ne cherchent pas seulement à jouer les trouble-fêtes dans les magasins. C’est une façon de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme. La situation des éleveurs s’aggrave de jour en jour. Pour alléger les charges, une caisse nationale d’aide à la trésorerie tarde à voir le jour. Seule la MSA a débloqué une enveloppe de 2,5 millions d’euros.
Le Maine-et-Loire disposera de 94 000 euros pour la prise en charge partielle de cotisations sociales, une somme à répartir entre les filières en difficulté. Les éleveurs de porcs, qui recevront prochainement un courrier, devront se déclarer. Cette démarche ne remplace pas celle d’effectuer individuellement la demande d’un étalement de charges ou le recalcul des cotisations. Du côté des banques, les échanges, en vue de faciliter l’accès à la trésorerie et de limiter les charges, s’organisent sur le plan régional.
H.D
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