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Prix du lait
Les industriels plongent l’interprofession dans l’impasse

Le 18 mars, la “sortie” de la Fnil refusant de « cautionner les tendances à la hausse du prix du lait pour le second trimestre», a comme un air de déjà vu.

La FNPL maintient que l’accord du 3 juin doit s’appliquer.
La FNPL maintient que l’accord du 3 juin doit s’appliquer.
© Réussir

La Fnil (Fédération des industries laitières) à la rencontre de l’interprofession sur le prix du lait, a  claqué la porte de la réunion. Déjà en octobre 2008 et avril 2009 les entreprises avaient refusé tout accord pour s'aligner sur le prix allemand, plus faible que le prix français. Que peut donc contenir l’accord du 3 juin, susceptible de mettre ainsi le feu aux poudres ?
Les hausses prévues pour le 2e trimestre sont légitimes. Le prix du lait du deuxième trimestre 2010 devait afficher + 5,7 % (par rapport au prix moyen de 2009) soit 15 euros/1 000 litres. Il faut rappeler pour mémoire que les hausses du prix du lait pour le premier trimestre, validées par la Fnil et la FNCL, étaient comprises entre 3,1 % et 8,5 %. Mieux, la FNPL avait alors l’assurance que la Fnil et la FNCL respecteraient les termes de l’accord pour l’évolution du prix du lait… en 2010. Cette affirmation de la FNPL n’était pas anodine puisque l'accord n’avait pas été respecté par tous les transformateurs au second semestre 2009. Le leitmotiv des industriels à l’époque, “le prix du lait français est trop cher par rapport aux concurrents” est devenu “le” point de rupture assumée par la Fnil. Pour la Fnil, le problème se concentre chez nos voisins et concurrents allemands : « Avec un prix du lait supérieur de 15 % en 2009 à celui payé en Allemagne, notre principal client et fournisseur, le prix français s’inscrit parmi les plus élevés d’Europe ». « On ne peut nier la réalité économique de la filière laitière française », renchérit la FNCL. « Les transformateurs français ont fait le gros dos en 2009 pour aider les éleveurs à surmonter la crise du lait. Cette situation, ajoutée à la crise économique et sociale, a continué à dégrader la situation des entreprises ». Sur le fond, les industriels privés et coopératifs sont en accord sur le constat. Sur la forme, la FNCL « regrette le désaccord qui est apparu » et appelle de ses vœux à poursuivre le travail interprofessionnel. Tout aurait commencé la veille du 18 mars lors du bureau de la Fnil. Certains adhérents se seraient montrés excédés par la publication des éléments de tendance dans la presse avant la réunion de validation. Sauf que le trimestre précédent, la même chose s’était produite sans porter à conséquence. Aujourd’hui, la FNPL ne comprend pas l’attitude des industriels, car en termes de conjoncture, les tendances sont plutôt favorables. On note le redémarrage de la consommation laitière. C’est un signe habituellement très favorable. Quant au prix du lait payé aux producteurs français, « dévastateurs » pour la FNIL, là encore la FNPL est dubitative. Elle rappelle que la compétitivité ne peut se mesurer au seul prix du lait. Et que la baisse de 54 % du revenu des producteurs de lait est une triste réalité. En 2007, le prix du lait français était inférieur au prix allemand. Certains l’ont déjà oublié. La FNPL maintient que l’accord du 3 juin doit s’appliquer. Elle a choisi de publier les tendances de prix du lait avant que les réunions régionales des interprofessions ne débutent.

agrapresse

Avertissement aux décideurs

Rassemblement de 650 producteurs devant Lactalis en Pays de la Loire

La “sortie” de la Fnil au Cniel (voir article ci-dessus) est attribuée aux principaux collecteurs privés (Lactalis, Bongrain, Danone, Bel …). Les producteurs FDSEA, FDL et JA de la région mettent en cause le premier collecteur national. Le rassemblement de 500 producteurs à Laval et 150 à Bouvron, dimanche soir, montre à quel point le sujet est sensible et la mobilisation forte. Toutefois, les responsables laitiers n’exonèrent pas pour autant les autres entreprises. « Si vu sa taille, Lactalis est un des plus influents, les autres adhérents de la FNIL sont aussi responsables de cet échec, commente Alain Cholet, président de la Fédération départementale laitière. La parole donnée par la Fnil doit être tenue. C’est crucial pour la valeur ajoutée et la crédibilité. Le débat interprofessionnel  sur l’après quotas est trop fondamental pour accepter ce qui peut s’apparenter à des caprices de forme par rapport à des enjeux fondamentaux », poursuit-il, allusion aux indices publiés avant la réunion interprofessionnelle. Christiane Lambert, pour la FNSEA, a fustigé les entreprises en rappelant que déjà l’an dernier à la même époque, elles avaient refusé un accord en avril pour s’aligner sur nos voisins allemands avant de signer après un dur combat syndical et un arbitrage ministériel. L’accord très décrié «a permis aux producteurs français d’être parmi les mieux payé en Europe, mais a divisé les producteurs. Si les entreprises croient pouvoir en profiter, elles se trompent. La réactivité et la présence de nombreux producteurs ce soir montrent notre détermination et notre volonté de faire respecter l’accord qui défend notre prix du lait. »
a-t-elle lancé aux manifestants. Pascal Clément président de la section lait de la FRSEAO, a rappelé que les indices de tendance ont été élaborés avec les entreprises et qu’il est inacceptable de les remettre en cause. Le rassemblement s’est déroulé sans heurt devant un cordon de CRS impressionnant. Tous les regards sont désormais tournés vers la réunion régionale à Rennes aujourd’hui 26 mars.
La vigilance des producteurs est totale.

S.D.

Billet

Alain Cholet, président de la FDL

Difficile de rester responsable face à la provocation et/ou à la pression. Et c’est mon cas aujourd’hui.
Les adhérents de la FDL attendent avec impatience et encore dans le calme, le signal de l’action syndicale. Certains sont déjà intervenus à Laval devant Lactalis. Leur trésorerie tendue, un revenu historiquement bas, seraient des motifs largement suffisants pour les mobiliser.
La provocation des industriels privés n’était pas nécessaire mais pourrait mettre le feu aux poudres.
L’interprofession régionale doit respecter l’accord du 3 juin.
À l’éclairage des indices de tendances de marché publiés par le Cniel, elle doit déterminer le prix du 2e trimestre.
La filière laitière française a trop besoin de cette instance pour pallier le désengagement des pouvoirs publics sur la gestion des marchés pour prendre le risque d’un désaccord ponctuel mais hautement symbolique. Demain l’interprofession devra encore aider à la détermination du prix mais aussi à la régulation des marchés.
Si certains ont, peut-être, intérêt à “casser” l’interprofession et à jouer individuel, ce n’est pas le cas de la majorité des acteurs de la filière. Ceux qui feraient le choix de l’individualisme au détriment de l’intérêt général devront en assumer la
responsabilité face aux
producteurs.
Pour notre part, nous croyons en la bonne volonté des différents acteurs. Mais, si une ou des entreprises ne respectaient pas l’accord, la FDL prendrait alors ses responsabilités.

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