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Végétal spécialisé
Les plantes médicinales ont besoin de bras

L'été est une période d'intense activité à l'entreprise Promoplantes à Chanzeaux. Avec de gros besoins en main-d'œuvre, pour la cueillette de la camomille romaine, mais pas que...

Laurent Martineau, dans une parcelle de scrofulaire, plante aux vertus anti-inflammatoires. Des saisonniers désherbent à la main le champ où les adventices ont proliféré avec la pluie.
© AA

Récolte, mise en place de cultures, désherbage : le travail ne manque pas en ce mois de juillet à l'entreprise Promoplantes, qui produit 450 tonnes de plantes séchées à l'année. La météo pluvieuse a favorisé la pousse des plantes, mais aussi des adventices, qui doivent être éliminées manuellement. Or, Laurent Martineau, comme de nombreux professionnels du secteur, est confronté à la difficulté de trouver du personnel sur toute la durée de la saison. Le problème  est surtout prégnant en mai et juin, « quand les étudiants ne sont pas encore disponibles et alors que nous avons un gros pic d'activité. J'embauche alors des étrangers via des agences d'interim, mais ça reste compliqué », explique-t-il. L'agriculteur ne s'interdit pas d'investir, un jour, dans de la robotisation, mais il est encore « en attente des évolutions au niveau technique ».
En juillet-août, les jeunes sont davantage disponibles et viennent prêter main forte aux 11 salariés permanents de Promoplantes, notamment pour la cueillette des fleurs, qui s'effectue à la main : la camomille, destinée à l'herboristerie et le souci, pour le domaine de la cosmétique.
La cueillette manuelle, emblématique du Chemillois,  ne représente en fait qu'un volume marginal de la production de Promoplantes : 400 à 500 kg de fleurs, sur les 450 tonnes de plantes séchées récoltées mécaniquement, à l'année.
L'entreprise de Laurent Martineau, ce sont 400 ha, dont 75 ha sont cultivés chez lui, à Chanzeaux, le reste étant cultivé par d'autres agriculteurs partenaires. « Ici à Chanzeaux, nous cultivons une quarantaine d'espèces différentes. La majeure partie de la production est contractualisée au moment de la mise en culture », explique Laurent Martineau. Ses principaux clients sont les spécialistes de l'extraction végétale, comme l'entreprise Natinov à Chemillé, ainsi que des firmes cosmétiques et pharmaceutiques.


Plantes pour l'immunité et contre le stress
Le domaine est porteur. La crise sanitaire n'a  pas freiné la demande, même si elle l'a quelque peu modifiée. Ainsi, « il y a eu plus de demandes pour des plantes qui renforcent les défenses immunitaires comme l'échinacée, des plantes anti-stress comme la valériane ou l'eschscholzia. D'autres plantes pour la toux ou la gastro ont été en revanche moins demandées. »

2 à 3 pieds de séneçon dans 1 ha de culture peuvent suffire à faire déclasser un lot


Mais les plantes médicinales restent un marché de niche avec une grande diversité d'espèces et d'itinéraires techniques. Et ce marché cumule un certain nombre de contraintes, comme le souligne Laurent Martineau. Des problèmes d'homologation de produits phytosanitaires notamment.
« Pour cela, l'Institut technique Itepmai travaille beaucoup sur les questions d'homologation et sur la recherche d'alternatives », explique Laurent Martineau, qui préside cet institut depuis 2018. Un projet d'une plateforme d'innovation technologique en désherbage est dans les tuyaux avec la Fnams.
En même temps que le spectre des solutions phyto s'amoindrit, les contraintes réglementaires se durcissent. « Les normes concernant les contaminants naturels dans les plantes sont tellement basses aujourd'hui que c'est difficile à tenir !, explique l'agriculteur, citant cet exemple : « 2 à 3 pieds de séneçon dans 1 ha de culture peuvent suffire à faire déclasser un lot ! Alors, oui, le marché est très porteur, mais le contrat n'est validé qu'après le coup de tampon final, et nous sommes pieds et poings liés aux analyses de lots ».  

S.H.

Camomille
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