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PORCS
Les prix et les marges en débat

À l’occasion de son assemblée générale, le Comité régional porcin (CRP) a relaté son activité 2008 et a proposé de débattre sur les prix et les marges au sein de la filière porcine.

L’assemblée s’est interrogée sur les moyens à mettre en œuvre pour que 
la production porcine soit encore présente demain.
L’assemblée s’est interrogée sur les moyens à mettre en œuvre pour que
la production porcine soit encore présente demain.
© AA

Dans un contexte économique difficile lié à une envolée du prix des aliments face à un prix payé éleveur trop faible et face à de nombreuses restructurations, le CRP, en assemblée générale à Angers vendredi dernier, a présenté les actions menées en 2008 : le volet  sanitaire avec la mise en place de la fiche “Information chaîne alimentaire” et la réflexion de la mise en place d’un Organisme à vocation sanitaire porc. Cette structure aura pour rôle de coordonner et d’accompagner les acteurs du domaine de la protection sanitaire des élevages et de la sécurité alimentaire. 

Le CRP s’est également investi sur le volet communication dans l’objectif de valoriser l’image de la filière et de la profession. Pour cela, des formations à destination des éleveurs ont été organisées ainsi que de multiples opération à destination du grand public.

 

S’organiser pour mieux vendre

Pour 2009, le CRP va poursuivre les actions engagées sur le volet sanitaire mais également, renforcer le volet communication notamment envers les élus et sur les métiers de la production porcine.

Les réglementations Installations classées, la mise aux normes bien-être des truies…  seront aussi des dossiers suivis par le CRP, sans oublier la conjoncture de la filière, de l’aliment au prix payé par le consommateur.

L’assemblée s’est interrogée sur les moyens à mettre en œuvre pour que la production porcine soit encore présente demain. Gérard Bourcier, président de la section porcine de la FRSEA Pays de la Loire, se demande si la filière porcine française est assez unie et organisée pour concurrencer les autres pays producteurs.

Michel Blocq, président de l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne) répond par la négative. «  Il y a un besoin urgent de toilettage des organisations professionnelles. Il faut s’organiser pour mieux vendre et protéger notre marché avec un autre sigle que VPF qui n’est pas accepté par l’Europe ».

«  Les salaisonniers refusent toutes formes d’étiquetage sur l’origine à partir du moment où le marché est européen, explique Jacques Lemaître, président du CRP. C’est avec la distribution qu’il faudra travailler pour mettre en avant l’origine des produits. Le deuxième point à étudier est le logo à utiliser. En effet, VPF a une consonance trop nationale. Il faudrait conserver le cahier des charges mais faire évoluer le sigle ». Ces axes de réflexion sont à poursuivre en parallèle avec le travail initié par l’observatoire des marges et des prix.

Producteurs – consommateurs : même combat

Que ce soit l’étude de l’association UFC Que Choisir ou le rapport rédigé par Christiane Lambert pour le CESE, la déconnexion entre le prix payé au producteur et celui payé par le consommateur est démontrée. Yvette Chaberlot, représentante d’ UFC Que Choisir explique que l’évolution positive des prix à la consommation a été flagrante depuis 2000 mais renforcée depuis 2005. Les raisons de ce constat sont diverses. L’impact du prix de la matière première est faible dans le produit très transformé. En effet, si on prend la baguette, la variation de prix est plus liée à l’évolution du Smic qu’à celui du blé. En fonction de la gamme de produit, cet impact sera également variable : la répercussion sera plus forte dans les produits vendus sous marques distributeurs que sous de grandes marques nationales. Si on recentre sur le porc, une forte volatilité des prix est constatée en amont ; volatilité qui s’atténue en allant vers l’aval. L’enquête d’UFC Que Choisir démontre également ce constat. Lorsque le prix du porc diminue de 26 %, celui du rôti de porc au détail augmente de 18 % et celui de l’échine avec os de 24 %. À partir de ces rapports, on observe une réelle réalisation de valeur ajoutée au sein de la filière porcine mais que cette dernière est surtout concentrée autour des maillons de l’aval.

Il est donc primordial de poursuivre le combat pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière et pour une meilleure organisation de cette dernière afin que la filière porcine aborde l’avenir un peu plus sereinement. Faut-il encore que chaque maillon de la filière joue le jeu de la transparence.

Céline JOLY


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