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Protection des cultures
Les pulvérisateurs s’adaptent aux courbes

A mesure que de nouvelles technologies débarquent au niveau des buses, notamment en termes de modulation de dose, s’ouvrent de nouvelles opportunités pour améliorer les dosages dans les courbes.

En contournant un obstacle de 10 mètres de diamètre, les différences de doses peuvent varier d’un facteur 7 d’une extrémité à l’autre d’une rampe de 30 mètres.
© AA

Ces dernières années, de nouvelles technologies sont arrivées au niveau des buses, afin d’augmenter la plage de dosages. Il est ainsi possible d’améliorer la qualité de pulvérisation,
sur une fourchette de vitesses importante, en étant toujours sur une zone de pression optimale pour les buses. De même, ces technologies ouvrent la voie à la modulation de dose par tronçon, voire à la buse.
Pour ce faire, deux solutions existent sur le marché. La première consiste à activer une ou plusieurs buses avec des porte-buses à commande électrique ou pneumatique. Cette sélection s’effectue automatiquement en fonction de la vitesse d’avancement et du dosage choisi. Le système ouvre la ou les buses les plus adaptées pour se rapprocher du dosage optimal.
La seconde solution s’appuie sur les buses dites à impulsion PWM (pour pulse width modulation - modulation de la durée d’impulsion), où le système pilote alors individuellement  l’ouverture et la fermeture de chaque buse selon un rythme de 10 à 100 Hz : les buses s’ouvrent et se ferment 10 à 100 fois par seconde. En jouant sur les temps d’ouverture et de fermeture de chaque buse, on arrive à faire évoluer en continu le dosage instantané, tout en étant à l’optimal de pression de chaque buse.

LA CERISE SUR LE GÂTEAU

Les agriculteurs investissant dans ces technologies le font pour gagner en précision dans les dosages en fonction de la vitesse et pour la modulation des apports d’intrants. Mais ils
bénéficient en plus d’un système leur permettant de corriger les différences d’application en virage : surdosage à l’intérieur de la courbe et sous-dosage à l’extérieur. « Hormis pour
les parcelles à pivot d’Amérique  du Nord, nous n’avons pas de demande spécifique pour la correction des effets de virage, explique François- Xavier Janin, de Berthoud. C’est davantage perçu comme la cerise sur le gâteau. » « La gestion des courbes n’est pas la raison qui motive leur intérêt pour les buses PWM, poursuit Luc Monville, de Kuhn. Mais ça leur parle. »
Outre la modulation de dose à la buse, la correction des effets des courbes nécessite la mesure de la courbure du virage. Cette dernière est réalisée via un gyroscope, des capteurs de
vitesse en bout de rampe ou des accéléromètres, généralement présent(s) sur les pulvérisateurs dotés de buses PWM ou de sélecteur de buse. Seul Evrard propose la correction
des effets des courbes en option (car nécessite l’équipement d’un accéléromètre) à un tarif autour de 700 euros. « Cette option est sollicitée par un tiers des acquéreurs du sélecteur
de buses Opti-Spray, explique Pierre-Marie Verbeke, directeur commercial d’Hardi-Evrard-Matrot France. L’intérêt varie selon les configurations générales des parcelles. »

PAS D’ÉCONOMIE DE LITRAGE
 
Que ce soit l’une ou l’autre des technologies, le pilotage dans les courbes ne génère pas d’économie de produit, mais plutôt une meilleure répartition. « Sur la base du sélecteur de buse Amaselect, le système CurveControl sollicite la buse la plus adaptée pour être le plus proche de la dose optimale, explique Emmanuel Lévêque, d’Amazone. Mais on peut également
paramétrer la sélection de buse pour ne pas dépasser une certaine dose par unité de surface, ou au contraire ne pas traiter en dessous. »

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