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Les trognes : écologiques et productifs

Si 2020 est l’année des trognes, ou têtards, ces arbres aux multiples usages représentent à la fois le passé, mais également le futur d’une agriculture productive, écologique et diversifiée.

La gestion des trognes, ou têtards, demande des compétences nouvelles à l’agriculteur.
La gestion des trognes, ou têtards, demande des compétences nouvelles à l’agriculteur.
© AA

Le monde agricole est souvent garant du maintien de pratiques ancestrales. Au Gaec du Petit Pont, à Montreuil-sur-Loir, on ne déroge pas à la règle, avec 70 % des arbres taillés en têtard, également appelés trognes. Une manière de combiner entretien de la haie et apport financier.


10 000 € de bénéfices
« L’an dernier, on a taillé 1,5 km de haies, ce qui nous a fait 450 tonnes de bois en plaquettes à destination de la Scic bois énergie », dévoile Benoît Bruneau, l’un des 3 associés de cet élevage de limousines bio. Sur les 240 ha de parcellaire, 20 km de haies sont valorisés. La taille s’effectue durant le mois de novembre, et occupe les éleveurs une cinquantaine d’heures. « 2 heures pour préparer et montrer à l’entreprise de taille le chantier, 8 heures pour reprendre à la tronçonneuse la coupe, 30 h de transport et 11 h de chargement de camion. Le chantier de broyage, cela s’apparente à un chantier d’ensilage », estime l’éleveur, installé en 2011. C’est également en 2011 que le premier chantier de taille et broyage a été réalisé. « Quand je suis arrivé, on n’a pas repris de terres. Il fallait donc rechercher des pistes de valeur ajoutée complémentaires. La filière bois énergie en faisait partie. C’est comme cela que je me suis intéressé aux trognes, qui sont un moyen de rendre plus productifs les arbres ». Et il faut dire que l’intérêt économique est fort, s’ajoutant aux intérêts environnementaux, paysagers et culturels. Lors de l’année 2018, les éleveurs ont ainsi dégagé un chiffre d’affaires de 17 000€ pour cette activité. Une fois déduites les charges d’abattage et de broyage, il reste une marge de presque 10 000€ pour amortir le matériel de l’exploitant, rémunérer ses haies et son travail. Une marge très intéressante, pour une activité peu chronophage.


Valeur inestimable
« Au-delà de la rentabilité grâce aux plaquettes, il y a tout ce qui n’est pas palpable. Par exemple, les animaux pâturent les rejets, et y trouvent sûrement des nutriments ! Les arbres au sein d’une exploitation ont une valeur inestimable », assène Benoît Bruneau. Les essences, des frênes principalement, sont taillées, à 2,50 m, tous les 12 à 15 ans. De quoi assurer un revenu stable pour les agriculteurs. Les rejets latéraux sont mangés par les animaux, ou repris par les éleveurs. De manière à laisser les trognes s’épanouir. Devant tant de bienfaits, pourquoi cette pratique ne se généralise pas ? « Il y a peut-être un manque de temps, d’une part. Mais on demande également aux agriculteurs d’avoir une multitude de cordes à leur arc. Gérer ses haies, cela demande d’apprendre encore de nouvelles compétences, ce qui n’est pas toujours évident. Même nous, on a encore beaucoup à apprendre sur les trognes ». Avec, pourquoi pas dans le futur, une utilisation en bois d’œuvre ?

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