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Lait
L’Europe laitière d’aujourd’hui et de demain

Pour répondre aux interrogations de leurs adhérents sur la production laitière en Europe, les responsables de la FDL avaient invité Stanislav Jas, chargé économique au Copa-Cogeca.

Stanislav Jas : « Pour le Copa-Cogeca, l’activité laitière européenne a besoin de stabilité, d’équilibre sur les marchés, les prix et la répartition géographique de la production, et de prévisibilité pour investir à moyen et long terme. »
Stanislav Jas : « Pour le Copa-Cogeca, l’activité laitière européenne a besoin de stabilité, d’équilibre sur les marchés, les prix et la répartition géographique de la production, et de prévisibilité pour investir à moyen et long terme. »
© AA

L’intervention de Stanislav Jas, chargé du dossier économique au Copa-Cogeca (organisation européenne de 77 syndicats agricoles et coopératives des 27 États) a, semble-t-il, répondu aux attentes des responsables de la Fédération départementale laitière (FDL), qui voulaient mieux connaître l’Europe laitière pour comprendre les enjeux de leur filière.
Après avoir présenté son organisation et rappelé que la production laitière était un secteur majeur dans tous les pays européens, car présente presque partout, Stanislav Jas a aussi montré la grande diversité européenne : différences de rendements, de races, de tailles d’exploitation, de modèles de production, de prix du lait, de marchés, de gestion des quotas, de position politique…
Trois pays (Allemagne, France et Royaume-Uni) représentent à eux seuls presque 50 % des 148 millions de tonnes produites en Europe. En Europe, depuis l’augmentation des quotas, une majorité de pays sous-réalise (Royaume-Uni, France, Hongrie) de plus en plus (0,5 million de tonnes en 2005-2006, 1,9 millions en 2006-2007, 2,2 millions en 2007-2008 puis 7,8 millions en 2008-2009 et enfin plus de 10 millions de tonnes l’an dernier), mais une poignée de pays dépasse leurs quotas (Italie, Allemagne, Pays-Bas) .
Au niveau prix, même grand écart : en juillet 2009, les prix variaient de 16 ct à 50 ct par litre et, un an plus tard, de 21,2 à 51,4 ct. Entre ceux qui sont très élevés et très peu réactifs et ceux qui varient du simple au double en période de crise, qui est le plus fragile ?, s’interroge l’intervenant qui explique que les coûts de production sont aussi très hétérogènes et dépassent chez certains les 50 centimes par litre.
Côté transformation et distribution, les écarts sont aussi flagrants. Les consommateurs qui payent le plus ne sont pas ceux dont les producteurs sont les mieux rémunérés, loin s’en faut. Ainsi si les prix des produits alimentaires (fromages et lait) ont une base 100 en moyenne européenne, la France est à 103, l’Allemagne à 92 et l’Irlande à… 136, loin de la hiérarchie des prix à la production.
Sur le marché mondial, l’Europe importe 0,4 % de sa production et en exporte 7 % alors que son principal concurrent, la Nouvelle-Zélande importe 0,5 % de sa production et en exporte 80 %. La France exporte, comme l’Allemagne, environ 30 % de sa production mais essentiellement sur le marché européen alors que les Pays-Bas et le Danemark exportent respectivement 65 et 75 % de leur production dont une bonne part sur le marché mondial.
Pourquoi craindre le marché mondial ? interroge Stanislav Jas, « certes les prix sont plus volatils, il y a peu de prévisibilité, de transparence mais les prix sont-ils si bas… ? Pas toujours et est-ce mieux en Europe ? », conclut-il.

Comment les producteurs
voient-ils l’avenir ?

Pour le chargé économique au Copa-Cogeca, la réforme de la Pac a plus d’impact que le marché mondial sur les revenus des producteurs et sur leur vision de l’avenir. Selon les pays, cette vision d’après 2015 est très différente, tant sur les formes et degrés de régulation que sur les soutiens que certains voudraient « renationaliser ». Trois groupes se distinguent dans son analyse :
- Les pays où les producteurs souhaitent produire librement et conquérir des parts de marchés mais avec des « protections » européennes (Allemagne, Pays-Bas, Danemark et Suède).
- Les pays où la producteurs sont “fragiles” (Autriche, Finlande, Slovénie, Malte, Chypre mais aussi les “nouveaux” (Pologne, Tchéquie, Slovaquie) vulnérables aux crises et qui veulent une régulation européenne et des soutiens spécifiques pour les défavorisés.
- les pays où les producteurs, convaincus de l’arrêt des quotas en 2015, voulant une régulation par la production (Royaume-Uni - pays pourtant libéral -, l’Espagne et la France soutenues par leurs gouvernements qui, par des lois récentes, encadrent le travail interprofessionnel et la contractualisation).
Enfin, l’intervenant évoque la position du Copa-Cogeca sur les conditions d’une organisation laitière européenne :
- la stabilité : cette production résiste mal aux fluctuations ;
- l’équilibre sur les marchés, les prix et la répartition géographique de la production ;
- la prévisibilité pour investir à moyen et long terme.
Pour celà, il faut « une orientation politique claire pour après 2015, le maintien de la préférence communautaire et des outils de gestion des marchés existants et des soutiens découplés, des mesures de prévention et de gestion des risques, la trans-parence et la connaissance des marchés, le renforcement du poids des producteurs et la formalisation de la négociation collective ».
Il constate que le Groupe de haut niveau mandaté par la commission a fait des propositions en ce sens. Il attend désormais les avancées législatives de la commission afin que les bonnes orientations se transforment en réalisations.

Sylvain Daury

FDL

Des rencontres sur le terrain

La FDL veut maintenant concrétiser les avancées réglementaires sur l’organisation de la filière laitière et Alain Cholet, son président, le confirme : « L’Europe bouge sur ses règles de la concurrence, la Loi de modernisation de l’agriculture (LMA), votée en juillet, reconnaît l’organisation que nous vous proposions depuis trois ans. Aux producteurs maintenant de la mettre en place ».
Selon lui cette organisation repose sur deux piliers :
- l’interprofession qui, selon la loi, doit aider à adapter l’offre à la demande en donnant des indicateurs de connaissance des marchés ;
- l’organisation des producteurs pour massifier l’offre et rééquilibrer le rapport de force entre les producteurs et les transformateurs.
La FDL organisera des rencontres de terrains d’abord avec les organisations existantes pour travailler sur leur nouvelle fonction : « Négocier à terme les volumes et les prix au nom de leurs adhérents » mais aussi avec les producteurs qui ne sont pas encore en organisation de producteurs afin de les convaincre de l’intérêt à la fois individuel et collectif de l’organisation.

S.D.

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