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Territoire
L’évêque d’Angers visite son diocèse

Emmanuel Delmas a fait étape dans une ferme de Saint-Laurent-de-la-Plaine.

Emmanuel Delmas dans la salle de traite.
Emmanuel Delmas dans la salle de traite.
© AA

Le col romain dépasse à peine de la cotte, remontée bien haut. Il fait frais. Le jour se lève à peine dans la cour de la ferme où résonne le cliquetis de la salle de traite. Amené par Thierry Naullet, qui le loge pour la semaine, Emmanuel Delmas, l’évêque d’Angers, participe ce matin à la traite dans deux exploitations du doyenné. C’est la première des visites qu’il effectuera, sur les quatre années qui viennent, dans les douze doyennés de son diocèse. Après un élevage caprin, c’est aux Gats, chez Sylvie et Guy Caillault, qu’il découvre le quotidien des agriculteurs. « Je voulais aller au plus proche des gens, sur leur terrain. Les connaître autrement », indique le prélat. Arrivé en Maine-et-Loire en septembre 2008, originaire du Lot où il a exercé son ministère, pendant vingt ans, Emmanuel Delmas écoute les explications de Guy et Sylvie Caillault : la traite, les soins aux veaux, le renouvellement des génisses, le travail quotidien.
Emmanuel Delmas n’ignore pas la crise qui frappe le monde agricole. « Je veux comprendre ce qui se passe, la société en entier est en difficulté, tous les secteurs de l’économie sont confrontés à des mutations. Ce que j’admire, chez les agriculteurs, c’est qu’ils ne sont pas passifs. Ici, on produit des biens alimentaires, des choses en rapport avec la vie quotidienne. On a besoin de gens qui produisent de la richesse humaine, mais aussi du territoire ». Au cours de la semaine, l’évêque a également visité une Cuma.

M. L.-R

Témoignage

Une semaine entière à la rencontre des personnes

Il aurait pu loger chez les Soeurs de la Communauté où il aurait été sûr d'être choyé, entouré. Mais non, il a préféré loger “chez l'habitant”, chez Thierry et Hélène, une famille de quatre enfants, avec des rires et des jeux, des repas qui chauffent, des leçons qui s'apprennent, des allers et venues qui n'arrêtent pas ; une famille qui vit quoi.
Son programme est chargé sur toute la semaine : rencontre avec les viticulteurs, avec les permanents laïcs, avec les directeurs d'école, les jeunes familles, les adolescents, les agriculteurs, dans un secteur rural où l'agriculture occupe une grande place dans notre économie.
Il y a, certes, moins d'agriculteurs qu'avant mais ici leur place est importante. Sur les routes, chacun croise les tracteurs, on les voit travailler dans les champs, on voit les vaches paître dans les champs. Pendant toute une matinée, Monseigneur Delmas, notre Évêque, vient donc à notre rencontre, nous les agriculteurs, pour parler de nos vies ; il veut la partager, mettre une cotte, des bottes, traire des chèvres chez Yannick et des vaches chez nous.
Tout cela est une grande joie pour nous mais aussi un grand étonnement : nous ne sommes que des gens ordinaires qui faisons un métier passionnant, changeant et souvent difficile. Nous essayons de le faire le mieux que nous pouvons, tout en sachant qu'il y a toujours mieux. On ne pense surtout pas que nos exploitations sont des modèles, mais plutôt des exemples de ce qu'il y a ici et ailleurs.
Nous ne sommes pas non plus de fervents pratiquants même si nous avons ces valeurs chrétiennes en nous. La messe à 10 heures le dimanche ou 19 heures le samedi soir n'est pas facile à suivre. Peut-être aussi ne sait-on pas mettre les priorités là où elles le devraient. L'Évêque, en se déplaçant vers nous, le sait, lui. »

Sylvie Caillault

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