Rouge de l'Ouest
Matthieu Charbonnier, éleveur sélectionneur
Associé avec son frère, Matthieu Charbonnier élève des moutons à Lys-Haut-Layon. Il est l'un des quatre sélectionneurs de la race rouge de l'Ouest dans le département.
Race ovine à petits effectifs, la race rouge de l'Ouest est essentiellement présente dans le Maine-et-Loire, la Vienne et les Deux-Sèvres. Parmi les éleveurs, certains sont spécialisés dans la vente de reproducteurs : les sélectionneurs. L'élevage Charbonnier, à Montilliers, commune déléguée de Lys-Haut-Layon, est l'un des quatre du département. "Je vends 80 % des ovins issus du troupeau en tant que reproducteurs, mâles et femelles", décrit Matthieu Charbonnier. Avec son frère et associé, Damien, ils font naître des animaux à haute valeur génétique qu'ils vendent pour les croisements viande à des éleveurs, friands de cette race aux aptitudes bouchères. "Et il y a de plus en plus de pluri-actifs qui veulent s'installer avec un troupeau plus petit mais une bonne génétique", constate-t-il.
Trois générations d'éleveurs
Présente au sein de l'exploitation familiale "depuis 60 ans", la race rouge de l'Ouest a surtout été développée à partir de l'installation de Damien, en 2007, et via le site internet de l'élevage, support de commercialisation. Aujourd'hui, le troupeau, inscrit à l'Upra, compte 135 brebis, réparties en trois périodes d'agnelages. L'insémination artificielle est pratiquée sur l'un des lots afin de répondre au cahier des charges de la race qui en impose 20 % minimum. Pour les deux autres, les éleveurs utilisent les béliers, achetés à la station de sélection de Nueil-les-Aubiers (79). Ils en vendent également une dizaine, lors de la vente aux enchères. "Cette année, notre moyenne de vente était de 1 500 euros", se réjouit Matthieu Charbonnier.
Race prolifique et laitière
Le travail de sélection porte ses fruits dans ce troupeau avec un bon niveau laitier et une bonne prolificité. " Lors de la campagne 2025-26, les poids âge-type à 30 jours pour des mâles doubles est 15,3 kg et celui des femelles doubles est de 14 kg, souligne par exemple Matthieu Charbonnier. Et le taux de prolificité est de 202 % en brebis et 201 % en agnelle". Grâce au génotypage pratiqué sur leurs animaux, les sélectionneurs connaissent également le potentiel de leurs reproducteurs sur la croissance et la résistance au parasitisme : des critères qui pèsent aussi dans le choix des accouplements.
Autonomie alimentaire
Sur l'exploitation du Gaec Charbonnier, le troupeau ovin évolue aux côtés d'un troupeau bovin de 100 mères charolaises sur une SAU de 130 ha. Dans leur système herbager (90 ha), les deux espèces se complètent. "Les moutons passent avant les vaches dans les prairies pour valoriser les fourrages bas, explique Matthieu Charbonnier. Le parcellaire, groupé et clôturé, simplifie la gestion du pâturage". La ration des animaux est sinon composée des céréales et du maïs ensilage, produit sur l'exploitation. "Cette année, nous n'aurons pas assez de maïs : certains lots passeront à l'enrubannage", envisagent les éleveurs qui avaient reconstruit un silo pour la récolte. Du côté de la paille, l'élevage n'est pas autonome et doit acheter 450 bottes tous les ans.