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Céréales
Moissonner entre deux averses

Dans le Maine-et-Loire, quelques agriculteurs ont trouvé des créneaux pour battre leur orge. Mais la plupart attendent un temps plus clément pour récolter la céréale déjà mûre.

A Saint-Macaire-en-Mauges, le Gaec de la Moinerie a ouvert le bal des moissons. Les orges ont été battues le 25 juin. « On est sur des terrains séchants. On bat toujours dans les premiers », reconnaît l’un des 2 associés Olivier Raud. Sur les 6 hectares récoltés, les rendements sont à la hauteur : 96 qx/ha. « Ce sont les meilleurs rendements qu’on ait jamais faits. D’habitude, on oscille plutôt entre 75 et 80 qx. Le pire, c’est l’année dernière avec 52 qx ».
Le choix des variétés a peut-être joué en faveur des 2 associés dans un contexte de forte pression de pucerons. « Nous avons implanté 2 variétés tolérantes à la jaunisse nanisante : Domino et Joyau. » Le poids spécifique est de 61,5. « Comme nos orges sont destinées à l’alimentation de nos vaches, la qualité a moins d’impact financier que si nous vendions notre production. »

De bon rendement  
Pour Hervé Boujuau à la SCEA du Verger des Roussières, la récolte d’orge a été réalisée le 1er et le 2 juillet. à Bauné, sur la centaine d’hectares de céréales à paille, 16,3 ha sont consacrés à l’orge. Elle a été semée mi-octobre « dans des conditions trop humides sur des terres de qualité moyenne ». Résultat : 78 qx/ha. Le PS de la céréale varie entre 66 et 68. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait d’orge. C’est plutôt satisfaisant autant au niveau rendement qu’au niveau qualité. Surtout que je me suis contenté de faire un fongicide et un désherbant ! »
Cette année, l’EARL La Fontenelle a dépassé son record de rendement en orge : 80 qx/ha. Sur les 156 hectares de grandes cultures, l’EARL a implanté 8 ha d’orge. La céréale a été moissonnée le 30 juin. « J’ai suivi les conseils de mon technicien mais les conditions n’étaient pas idéales. Le taux d’humidité était à 14,5 au début pour finir à 13,7 », explique Cyril Noret. La qualité n’est pas vraiment au rendez-vous. Le PS se situe entre 62 et 63. L’agriculteur a aussi eu le temps de récolter le colza. Les 9 ha ont donné un rendement moyen de 43 qx. « Il n’a pas subi de gelées et il a fleuri très longtemps », souligne  l’exploitant très satisfait de ce résultat.

Difficile de s’organiser
Aussi entrepreneur, Cyril Noret connaît des difficultés d’organisation de chantiers. « Avec la pluie, c’est très complexe de planifier les chantiers. Les ouvriers sont obligés de travailler le soir... » Avec 2 moissonneuses, l’entreprise bat en moyenne 1 000 ha pendant l’été. « En temps normal, un bon tiers des chantiers ont déjà été réalisés à cette époque ».


Echos des moissons : la parole aux organismes de collecte

Patrick Bremaud, directeur général adjoint CAPL
« Au 5 juillet, nous avons rentré 6 000 tonnes d’orge, avec un rendement plutôt pas mal, entre 75 et 80 qx/ha. Quelques centaines de tonnes de colza ont été récoltées aussi, avec un rendement régulièrement au-delà des 30 qx/ha. Nous avons rentré 150 tonnes de blé dur, qui répond bien aux normes qualitativement, et pas du tout de blé tendre pour l’instant.
Un élément nous préoccupe fortement, c’est la météo. Une partie significative de nos céréales sont arrivées ou arrivent à maturité et il nous faudrait les rentrer au plus vite si l’on ne veut pas de dégradation sur le plan qualitatif. On espère commencer la moisson cette semaine. Tout le monde est dans les starting-blocks ! »

Guillaume Bourocher, directeur négoce agricole chez Saboc
« Les orges ont démarré fin de semaine dernière dans le nord Baugeois, sur des parcelles qui étaient bien mûres. Les rendements sont corrects pour la zone, entre 60 et 80 quintaux en fonction du potentiel des parcelles. En revanche, on constate des PS moyens. Nous n’avons pas eu à déplorer de gros accidents de grêle ou de verse, contrairement à certains secteurs, mais l’humidité de ces dernières semaines fait noircir les épis. En blé améliorant, on craint quand même une dégradation sur les PS et le temps de chute de Hagberg. Les chantiers devraient reprendre en fin de semaine s’il ne repleut pas. Mais pour relativiser, moissonner à la mi-juillet n’a rien d’anormal. C’est plutôt ces dernières années qu’on avait tendance à attaquer plus tôt. »

Denis Pelé, dirigeant de Pelé Agri-Conseil
« Au 5 juillet, nous avons récolté 30 % de l’orge et nous avons été agréablement surpris par la qualité. Nous avions des craintes vis-à-vis du rendement à cause des mois d’avril et mai très secs. Au final, nous avons rentré des orges avec des rendements de 70 à 80 qx/ha, un PS moyen de 64 et un taux d’humidité de 14 %. Très peu de colzas sont rentrés, mais les premiers sont très beaux ».

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