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Brunes
Nicolas Grimaud, le bâtisseur

Plus de vingt ans après son installation, Nicolas Grimaud entame une deuxième phase d'investissement pour son atelier laitier afin d'assurer la pérennité de son exploitation.

Début juillet 2026, les travaux étaient en cours sur l'exploitation du Gaec des Cèdres, à Bourgneuf-en-Mauges, commune déléguée de Mauges-sur-Loire. Après avoir refait le béton des silos, les deux associés réalisent la plateforme qui viendra rendre les trajets plus faciles, surtout en hiver, jusqu'à la table d'alimentation des vaches laitières. Ce chantier suit celui de l'agrandissement de la stabulation en mars 2025. "Nous avons ajouté une trentaine de logettes, décrit Nicolas Grimaud. Aujourd'hui, nous avons une centaine de places pour un troupeau de 85 vaches". Depuis la construction du bâtiment en 2004, peu de temps après son installation sur l'exploitation familiale, les effectifs ont progressé. "Nous avions 60 vaches à l'époque, rappelle l'éleveur. Mais avec l'arrivée de mon frère et le départ à la retraite de nos parents, nous avons arrêté la production de lapins pour nous concentrer sur la production laitière".

Brunes et prim'holstein

Dans le troupeau sont mélangées les races brune et prim'holstein. À la recherche de changement et d'un lait plus riche en taux, Nicolas Grimaud avait acheté une vingtaine de génisses brunes en Allemagne lors de la reprise d'un site voisin. Depuis, les deux cohabitent, "mais sans croisement". "Et nous les conduisons de la même manière, tant au niveau alimentation que de la gestion de la reproduction", précise celui qui a présidé le syndicat des éleveurs de Brunes du département pendant deux décennies. Les génisses vêlent à 24 mois et les naissances s'étalent de février à novembre, avec un quart concentré entre le 15 juillet et le 15 août. "Cette organisation nous permet de procéder à un vide sanitaire de deux mois dans chaque bâtiment, argumente l'éleveur. C'est le meilleur moyen de préserver la santé de nos animaux".

Diversification des fourrages

Avec l'augmentation du troupeau se pose la question de l'autonomie alimentaire pour le Gaec des Cèdres qui exploite une surface de 90 ha, dont 32 ha de maïs pour le fourrage. "Habituellement, nous récoltons 10 t de MS/ha, mais une année comme 2026 nous conforte dans notre diversification des fourrages, concède-t-il. Nous implantons du sorgho, même si c'est plus difficile que le maïs, et nous produisons de l'ensilage d'herbe et du foin de luzerne".

Producteur de biogaz

Un autre sujet pourrait remettre en cause la pérennité de l'exploitation : celle de la gestion des effluents. Nicolas Grimaud et son frère ont donc décidé de s'associer au projet de la SAS Loire Mauges Énergie. Avec 17 autres exploitations du secteur, ils alimentent l'unité de méthanisation qui injecte du biogaz dans le réseau depuis décembre 2025. "Le fumier part de la ferme jusqu'à cinq fois par semaine, explique-t-il. Le transport est géré par l'unité de méthanisation qui a sa flotte de camions et de chauffeurs. C'est beaucoup plus simple. Nous n'avons pas à manipuler le fumier plusieurs fois. Et nous récupérons les digestats solides et liquides pour amender nos terres".

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