Aller au contenu principal

PHOTOVOLTAÏQUE
“Nous déposons un recours contre le moratoire sur le photovoltaïque”

FNSEA et Jeunes agriculteurs étaient à la réunion de concertation organisée par les trois ministères de tutelle.

Jean-Pierre Fleury
Jean-Pierre Fleury
© AA

Vous avez participé à la réunion de concertation du 20 décembre, organisée par les trois ministères de tutelle (Économie, Écologie et Énergie). Qu’avez-vous abordé avec le gouvernement lors de cette réunion de concertation ?
Jean-Pierre Fleury : Cette réunion à Bercy s’est tenue à la demande du Premier ministre. Le dossier est désormais géré directement par Matignon. Il est donc devenu très politique. Un nouveau cadre de régulation de la filière doit être proposé d’ici à mi-février 2011.
Ont été abordés au cours de cette rencontre : les conséquences du moratoire gouvernemental sur les files d’attente des dossiers déposés ; les perspectives de la filière et la moralisation du dispositif face aux à-coups politiques ; la déclinaison du Grenelle de l’envi-ronnement au titre du bouquet français des énergies renouvelables, dans le cadre de la mise en conformité avec la Directive européenne sur les énergies renouvelables.

Qu’avez-vous fait valoir au nom des agriculteurs ?
La FNSEA et JA ont d’abord rappelé la profonde incompréhension des agriculteurs après ce moratoire et la perte de lisibilité.
Nous avons dit au gouvernement qu’il ne bâtira pas l’avenir de cette filière sans traiter les files d’attente. 5 300 dossiers, correspondant à 1 400 MW d’électricité d’origine photovoltaïque, sont aujourd’hui en attente, dans lesquels figurent tous les dossiers agricoles. Le directeur général d’ERDF a lui-même reconnu que 700 MW en attente sont de leur responsabilité parce qu’ils n’ont pas répondu aux porteurs de projet dans le délai imparti de trois mois.
Nous avons aussi insisté sur la vocation agricole de cette filière, avec des installations sur les toitures des bâtiments agricoles. L’agriculture est capable à la fois de maîtriser cette filière en lien étroit avec les Régions et les préfets, par exemple, et continuer à assurer son acte de production. L’agriculture connaît bien aussi les logiques de filière et celle-ci est facile à réguler. Or qu’apprenons-nous ? À côté des dossiers agricoles qui relèvent d’ERDF, une bombe est en train de monter en puissance, celle des installations au sol, relevant du Réseau de transport d’électricité (RTE).
Derrière le développement de la filière photovoltaïque, il s’agit enfin d’enjeux de territoire.

Quelles actions envisagez-vous pour débloquer la situation ?
La profession agricole et tous les acteurs de la filière, comme le Syndicat des énergies renouvelables (SER) ou le Syndicat national des installateurs du photovoltaïque (Synaip), sont montés au créneau.
La FNSEA et JA ont décidé de déposer avec eux un recours auprès du Conseil d’État à l’encontre du décret suspendant l’obligation d’achat de l’électricité photovoltaïque. Le dossier mérite aussi une rencontre avec le Premier ministre que nous allons solliciter prochainement.

La filière photovoltaïque n’a-t-elle pas pris un faux départ ?
Ce dossier a été abordé sous l’angle du Grenelle de l’environnement et non sous celui d’un projet industriel. Le moratoire gouvernemental casse une dynamique de développement de la filière photovoltaïque française. En agriculture, les projets sont familiaux avec des artisans qui travaillent derrière. J’affirme ici que ce moratoire a pour but de tuer 50 % des dossiers déposés. C’est le pari gouvernemental et nous ne sommes pas dupes.
Mais la vraie question reste celle-ci : veut-on un projet industriel pour le photovoltaïque qui soit pourvoyeur d’emplois ? La filière pèse aujourd’hui 25 000 emplois mais pourra aller jusqu’à 50 000 emplois demain, essentiellement en milieu rural.

RECUEILLI PAR ACTUAGRI

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Influenza : carte zone de mesures complémentaires, octobre 2026
Le Maine-et-Loire placé en "zone de mesures complémentaires"
Face au risque d'influenza aviaire, la DRAAF renforce son arsenal sanitaire. Le Maine-et-Loire est désormais entièrement placé en…
Les génisses arrivent âgées d'un mois, par lot de 16. Celles-ci, gestantes, vont bientôt partir de l'exploitation.
Il élève ses génisses sans maïs
Ancien producteur de lait, Jean-Claude Naulet élève aujourd'hui des génisses sur son exploitation à Baugé-en-Anjou. Sans ensilage…
Avec un top départ le 10 août, les vendanges ont été très précoces en Anjou-Saumur.
Vendange 2026 : un volume en baisse de 10 %
La Fédération viticole d'Anjou-Saumur a dressé lundi un premier bilan des vendanges 2026. Une récolte en baisse, mais de qualité.
L'équipe de Thomas Constructions Métalliques lors de l'inauguration du nouveau bâtiment le 9 octobre dernier.
Thomas : 50 anset sur les bons rails

Installée depuis juillet dans un atelier flambant neuf de 4 000 m² au sein de la zone des Trois Routes, l'entreprise…

Anthony Daubert, président de l'OP Les 3 Rivières.
Savencia met fin à la relation commerciale avec l'OP Les 3 Rivières
Mardi 6 octobre, Savencia informait par courrier l'OP Les 3 Rivières de la fin de leur relation commerciale. 330…
Le Plan canicule vise à financer des équipements favorisant l'adaptation des bâtiments d'élevage aux fortes chaleurs pour assurer le bien-être des animaux
Anticiper l'ouverture du Plan canicule élevage le 2 novembre

La Région Pays de la Loire ouvre le 2 novembre son plan d'aide en faveur des investissements dans l'adaptation des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois