Parthenaise
Olivier Marolleau reste à l'écoute de la vie du sol
Éleveur de parthenaises à Lys-Haut-Layon, Olivier Marolleau ne cesse d'expérimenter afin d'améliorer son approche système, de la structure du sol à la productivité de ses animaux.
"Je suis obsédé par la couverture du sol." Effectivement, Olivier Marolleau ne laisse pas une parcelle à nu sur son exploitation, située au Voide, commune déléguée de Lys-Haut-Layon. En ce début du mois de juillet 2026, le mélange de sorgho monocoupe/tournesol, n'est pas encore anéanti par la chaleur. La luzerne, semée sous un couvert d'orge, est bien présente. "Peut-être qu'elle sera pâturée en octobre", annonce l'éleveur qui doit nourrir un troupeau de 75 mères parthenaises. Ici, toutes les opportunités de produire du fourrage sont saisies sur la SAU de 104 ha. "Mais aussi de la céréale, à moins de 100 €/t, avec mes pratiques de couvert permanent qui limitent les coûts de mécanisation", ajoute-t-il.
Groupes de progrès
Les coûts, Olivier Marolleau a appris à les calculer grâce à sa participation à des groupes de progrès viande, dès son installation en 1992, avec ses parents, dans un système très intensif (atelier allaitant et d'engraissement de taurillons). "C'était la condition à l'époque pour recevoir les aides JA et mettre en place un atelier de porcs plein air, rappelle-t-il. Mais je ne regrette absolument pas : cela m'a permis d'apprendre beaucoup de choses, dont les coûts de production. Et de remettre en question régulièrement mes connaissances". Cela a abouti au bilan carbone de son élevage qui l'a particulièrement "chamboulé" : "il fallait 7 ha de prairies avec des haies pour compenser le carbone émis par une vache et je consommais 9 t de fioul pour produire 30 t de carcasses". Une prise de conscience qui l'a poussé à changer ses pratiques afin de diminuer son impact environnemental. Il s'est également associé en 2009 à la méthanisation collective de Montilliers Mâchelles. "Mes 850 t de fumier sont transformés en énergie, l'équivalent de 12 t de fioul, explique-t-il. Mon élevage est ainsi auto-suffisant en énergie et mon système plus vertueux".
Des couverts pour structurer le sol
Depuis une dizaine d'années, Olivier Marolleau s'intéresse à l'agriculture de conservation. Structurer le sol sans le toucher, grâce aux couverts végétaux qui maximisent la photosynthèse, est son objectif. Mais aussi améliorer le taux de matière organique afin de lutter contre l'érosion dans ses terres argileuses en pente avec des petits cailloux. Il s'informe, explore, teste des outils et des plantes au fort développement racinaire pour un travail naturel et profond du sol. Et entretient la matière organique dans les premiers centimètres afin "d'obliger les bactéries à remonter" et "d'imiter l'auto-fertilité des forêts". Dans les champs de maïs, couteau à la main, l'agriculteur vérifie que le fumier est encore visible entre les plantes. "Je me trompe souvent, avoue-t-il avec humilité. Mais il ne faut pas avoir peur de l'échec".
Précocité des animaux
Partisan d'une approche système de son exploitation, Olivier Marolleau s'emploie aussi à améliorer les performances de son élevage. Il veut notamment limiter le nombre d'animaux improductifs. Naisseur-engraisseur, il expérimente actuellement le croisement de ses parthenaises avec un taureau angus. "Le but est de rechercher la précocité, dit-il. Je ferai vêler mes génisses à 24 mois plutôt qu'à 3 ans, et la viande sera commercialisable dès 27 mois." Produire des animaux jeunes, adaptés au marché, apportant de la trésorerie à l'exploitation et contribuant à diminuer le nombre d'UGB, sont autant d'arguments favorables à son élevage et à la préservation de l'environnement. "J'aimerais augmenter le nombre de personnes/ha que mon élevage permet de nourrir", annonce-t-il.