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Panacées locales

Dans le cadre de ses animations, Camifolia, le jardin des plantes médicinales et aromatiques, à Chemillé, a récemment organisé une visite de l’exploitation Cailleau herbio à Chemillé.

Yannick Cailleau, producteur de plantes médicinales à Chemillé, a partagé la passion de son métier avec une trentaine de visiteurs.
Yannick Cailleau, producteur de plantes médicinales à Chemillé, a partagé la passion de son métier avec une trentaine de visiteurs.
© AA

Une trentaine de participants ont découvert  les coulisses de la production et de la transformation de plantes médicinales  biologiques sur l’exploitation Cailleau herbio.  Chez les Cailleau, les plantes médicinales sont une passion familiale. Yannick a pris la suite de son père en 2001 en apportant la biodynamie sur
l’exploitation. Aujourd’hui sur les 75 ha de l’exploitation, une quinzaine est consacrée aux plantes médicinales.  Avec ses 10 hectares de céréales et 40 hectares  de prairies, l’exploitation est en autonomie complète pour l’alimentation du  troupeau d’une trentaine de vaches allaitantes. Mais les plantes médicinales  représentent  à elles seules près de 90 % du chiffre d’affaires de l’exploitation.

Récolte mécanique

La visite commence par celle des parcelles. Récoltée ou achetée, la semence est semée en pleine terre ou sous-serre, en mini mottes. Quelques plantes, comme la prêle des champs, ne sont pas cultivées mais  récoltées à l’état sauvage. Tout au long du cycle de production, les  producteurs vont apporter un soin particulier à l’élimination des mauvaises herbes.  Si le désherbage mécanique est possible entre les rangs, entre les pieds, il faut avoir recours à la binette. “En juin, nous ne faisons quasiment que cela”, confie le producteur.
Hysope - la lavande de chez nous -, ortie piquante, camomille romaine, saponaire, marjolaine, souci, mauve, artichaut, bardane, pissenlit, mélisse, menthe poivrée, les plantes se succèdent dans les parcelles. À elle seule, la camomille représente près de la moitié de la surface. Récoltée mécaniquement, elle sera distillée pour la fabrication d’huile essentielle. La récolte à la main des fleurs pour le marché de l’infusion ne se fait quasiment plus. “Aujourd’hui la législation du travail fait que nous ne pouvons plus être compétitifs en faisant ramasser les fleurs” explique Yannick Cailleau. Ces marchés ont été pris par les pays de l’Est. Actuellement  85 % des plantes médicinales sont produites à l’étranger.
La récolte  a lieu habituellement fin juillet-début août, mais cette année, elle a été avancée d’une quinzaine de  jours. Les précipitations tombées au début du mois dernier et la baisse des températures, ont permis de limiter les dégats. L’occasion pour le producteur de rappeler l’importance de l’irrigation : “Nous avons dû beaucoup irrigué, sans quoi nous aurions tout perdu”. Deux réserves alimentées par un puits artésien et un système de drainage assurent les besoins en eau de l’exploitation. “Depuis deux-trois années, nous sommes complètement dépendants de l’irrigation”, insiste-t-il.

Préserver les principes actifs

Après la visite des parcelles, Yannick Cailleau a présenté l’atelier de transformation où les plantes sont coupées -  jamais broyées pour garder le maximum de principes actifs -  avant d’êtres séchées. Pas de machines dernier cri mais du matériel ancien dont l’usage est parfois détourné. Une vieille machine à tabac assure ainsi la découpe. Un moulin à céréales permet de séparer les tiges et les feuilles de la menthe. Le broyeur ne sert quasiment plus car l’exploitation ne fait presque plus de poudre. “Pour la fabrication des gélules, 
les laboratoires demandent aujourd’hui de débactériser les plantes avant broyage. Or cette opération fait perdre 90 % des principes actifs, nous avons fait le choix de ne pas investir dans ce matériel”, explique le producteur.  La visite se poursuit à la distillerie, là où sont fabriquées les huiles essentielles. Près de la moitié des plantes cultivées sur l’exploitation sont destinées à la distillation.
Concernant la commercialisation, Cailleau herbio travaille avec des laboratoires et le réseau Biocoop. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, c’est grâce à son ancienneté, son savoir-faire  et à son offre que l’entreprise familiale parvient à tirer son épingle du jeu. Alors qu’il cultive une vingtaine de plantes, le producteur en compte une soixantaine dans son catalogue : pour avoir une gamme la plus large possible, il fait des échanges avec des producteurs d’autres régions françaises.
À l’issue de la visite, les discussions se sont poursuivies autour d’une tisane. Le moyen le plus simple, et le plus efficace, selon Yannick Cailleau, pour bénéficier des vertus des plantes.

Delphine  Jégo

Huiles essentielles : un marché très concurrentiel

Les ventes d’huiles essentielles ont le vent en poupe ces dernières années mais la concurrence est très forte et la plupart des huiles sur le marché français, à l’exception de la camomille et de la lavande, proviennent de l’étranger (Chine, Madagascar, pays de l’Est).
“Jusqu’ici, nous parvenons à nous maintenir sur nos marchés grâce à la qualité”, souligne Yannick Cailleau. L’hydrolat, l’eau qui a traversé la plante et qui est chargée en huile essentielle, est aussi récupérée.
Utilisée en cosmétologie, cette matière a, selon le producteur, un potentiel intéressant. “C’est une matière naturelle qui se conserve et qui peut entrer dans la composition de nombreux produits”.

D. J.

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