Rouges des prés
Passage de relais de beau-père en belle-fille à l'élevage Douet
Julie Douet, 41 ans, a repris les rênes de la ferme de la Chauffetière, à Châtelais. Passionnée par la rouge des prés, la belle-fille de l'éleveur-sélectionneur Christian Douet a à cœur de perpétuer l'héritage familial.
Julie Douet, 41 ans, a repris les rênes de la ferme de la Chauffetière, à Châtelais. Passionnée par la rouge des prés, la belle-fille de l'éleveur-sélectionneur Christian Douet a à cœur de perpétuer l'héritage familial.
Comment Julie, une esthéticienne de l'Oise, s'est-elle retrouvée à la tête d'un élevage de rouges des prés en Haut Anjou ? Il y a 8 ans, cette fille et petite-fille d'éleveurs -de charolaises- décide de se reconvertir en agriculture, dans l'intention de reprendre la ferme familiale. Elle s'inscrit en BPREA dans sa région. Une de ses professeurs, aussi éleveuse de rouges des prés et commissaire au Salon de l'agriculture, l'invite dans la loge des éleveurs à Paris. C'est là qu'elle fera la connaissance de Julien, le fils de Christian Douet. Pour la petite histoire, les parents de Christian, enfants tous deux d'éleveurs Maine-Anjou, s'étaient, eux aussi, rencontrés au Salon de l'agriculture.
Un an après cette rencontre, la jeune femme vient rejoindre Julien en Anjou, où elle trouve un poste d'assistante d'éducation. Julien, lui, travaille chez un négociant en céréales, où il est toujours actuellement. "Mon intention n'était pas au départ de m'installer", explique Julie. Mais diverses circonstances, -départ en retraite de Christian et départ de son associé de Gaec-, ont fait mûrir l'idée.
Découverte du monde des concours
Julie est installée depuis le 1er janvier. Son principal objectif ? "Garder la même identité, la même génétique et promouvoir la race en perpétuant les concours". Son mari est conjoint collaborateur et son beau-père Christian continue aussi d'apporter son aide précieuse. L'exploitation réalise 45 vêlages par an et dispose d'une surface de 90 ha. L'idée est de passer à 60-65 vêlages, en croît interne et pouvoir augmenter la surface pâturable d'ici quelques années via une reprise de terres. L'élevage vend tous les ans des mâles en station de contrôle et commercialise des reproducteurs, mâles et femelles. La viande est valorisée en AOP Maine-Anjou.
Les concours ont toujours fait partie de l'ADN de la ferme, comme en témoignent plusieurs pignons, littéralement couverts de plaques. "Pour ma part, c'est au Salon de l'agriculture que j'ai découvert la rouge des prés et le monde des concours, car mon père n'en faisait pas, témoigne Julie. J'ai découvert l'avant, le pendant et l'après-concours. J'ai apprécié la convivialité des éleveurs, qui sont devenus une famille".
Premier National à son nom
Au Festi'élevage, l'élevage présentera 9 animaux, dont le taureau UB 40 et les vaches Richesse et Sybelle, déjà concurrents au Sia 2026. L'élevage enchaînera avec le Space, où se déroulera le concours national de la race, puis le Sommet de l'élevage. "Pour la première fois au National au Space, les animaux seront inscrits sous le nom de EI Julie Douet", annonce l'éleveuse. Un détail important pour celle qui s'attache à faire perdurer l'héritage de la famille. Sur la page Facebook de l'élevage Douet, elle a commencé à publier d'anciennes coupures de presse. On y voit notamment l'éleveur sarthois Louis Rezé, arrière-arrière grand-père maternel de Julien Douet, qui fut président de la race Maine-Anjou, ainsi que plusieurs photos d'animaux primés en concours. Julie partage cette passion avec Christian Douet, qui a monté une association d'anciens éleveurs rouge des prés, et se plonge régulièrement dans les archives de la race locale.
Une double activité conservée
La reprise de l'élevage n'a pas été facile, et cette belle histoire familiale aurait pu prendre fin. Sans la ténacité de tous et la volonté de Christian Douet de transmettre, l'élevage aurait pu disparaître. La solidarité familiale a permis à Julie de boucler son financement, car le soutien de la part des banques est très difficile à obtenir pour une exploitation spécialisée en viande bovine, sans atelier complémentaire. À ce jour, Julie Douet conserve un emploi en établissement de formation en parallèle. Et, que ce soit sur l'élevage ou en concours, Christian et Julien sont toujours très présents. "Ce n'est pas sans mal que nous y sommes arrivés", avoue la jeune femme, fière et déterminée.