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Agriculture biologique
Plus de 600 visiteurs à la recherche d’efficacité technique et environnementale

La ferme de Thorigné-d’Anjou ouvrait ses portes le 14 mai pour décliner des solutions durables en dix ateliers.

Sur l’atelier “composer des prairies à flore variée”, les agriculteurs ont pu observer sur le terrain, comprendre les critères de choix et échanger entre eux.
Sur l’atelier “composer des prairies à flore variée”, les agriculteurs ont pu observer sur le terrain, comprendre les critères de choix et échanger entre eux.
© AA

Concilier efficacité économique et respect de l’environnement, c’est ce que la ferme de Thorigné-d’Anjou a su démontrer. « La ferme est à l’équilibre économique. Il y a dix ans, on supposait que notre système pouvait fonctionner. Aujourd’hui on en apporte la preuve », expliquait Jean-Paul Coutard, responsable de la ferme expérimentale. Ces preuves ont été déclinées au travers des 10 ateliers présentés lors de la journée portes ouvertes du 14 mai à Thorigné-d’Anjou. Bien que présentées sur une ferme en agriculture biologique, ces solutions s’adressaient à l’ensemble des visiteurs. « Sur 10 ateliers, 9 concernent aussi bien les agriculteurs bio que conventionnels », confirmait Vincent Houben, responsable de la filière bio pour les chambres d’agriculture des Pays de la Loire.

Un point de repère
Répartis sur l’ensemble de l’exploitation, les ateliers ont permis de développer des techniques précises avec des résultats convaincants, aussi bien au niveau agronomique que sur le plan zootechnique. Les axes se développaient sur quatre thématiques : sols et culture, troupeau allaitant, qualité et énergie. L’autonomie alimentaire des troupeaux est apparue comme le sujet phare au travers de la conférence organisée dans l’après-midi, qui a fait salle comble et sur les ateliers développant les prairies à flore variée et les céréales en mélange qui permettaient d’avoir une approche complète du sujet. Agriculteurs conventionnels, en conversion ou en bio, chacun y trouvait donc son compte.
« Concernant la conversion à l’agriculture biologique, les principaux freins sont techniques. Ils concernent tant le risque sanitaire pour les animaux que le salissement des cultures. Notre objectif aujourd’hui est, entre autre, de répondre à ces freins », soulignait Jean-Louis Lardeux gérant de la ferme de Thorigné-d’Anjou. « Pour le débouché, il y a aujourd’hui moins de problèmes. La création d’e-bio en 1991 qui associait des éleveurs aux structures (Geo et Terrena, etc…) en est un exemple. Elle a conditionné l’organisation de la filière viande bio dans le département. Elle permet une valorisation de la viande d’environ 20 % de plus qu’en méthode conventionnelle » complétait-il. Cette organisation a fait école. C’était l’objet de l’une des quatre conférences de la journée avec l’intervention de Jean-Marc Vincent, président d’Unebio, la société nationale qui fédère les producteurs de viande bio.
De l’amont à l’aval, la filière s’organise mais il ne faut pas aller trop vite, comme le précisait Christian Huet, président de la section Bio FRSEA : « Pousser des agriculteurs dans cette voie alors qu’ils ne sont pas prêts serait contre productif, il faut pouvoir les convaincre. La ferme de Thorigné est devenue un véritable point de repère grandeur nature en matière de technique plus économes. Ces dix années d’expérience donnent une image positive de la filière bio, c’est ce que nous souhaitons partager ». L’objectif semblait atteint à l’issue de cette journée qui a su mobiliser plus de 600 personnes.

S.P.

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