Limousine
Pour ses vaches, Hugues Lemesle aligne des arbres
Hugues Lemesle, éleveur-sélectionneur de Limousines à Erdre en Anjou (La Pouëze), vient d'implanter 2 km de haies bocagères. Une manière de tenter d'adapter son exploitation au réchauffement climatique.
Comment optimiser le pâturage sur son exploitation, tirer le meilleur parti de l'herbe tout en préservant les prairies ? Depuis plusieurs années, Hugues Lemesle mène une réflexion approfondie sur le sujet. Sur 120 ha de surface agricole, l'exploitation d'Hugues Lemesle compte pas moins de 100 ha d'herbe, avec beaucoup de prairies permanentes. Son site principal du Pressoir avait été remembré à la fin des années 80. "Le découpage des parcelles était lié à l'historique du remembrement. On a des îlots de 12 hectares avec 3 parcelles et seulement un point d'eau. Or pour avoir une bonne gestion du pâturage et valoriser l'herbe, ce n'est pas satisfaisant", explique l'éleveur-sélectionneur. Il s'est donné pour objectif de revoir son découpage parcellaire et mieux gérer l'abreuvement. Pour ce faire, il s'est beaucoup documenté sur le pâturage tournant dynamique, notamment le système PâtureSens.
Un système de fil avant-fil arrière
"Et le projet de haies, il est venu à la fin", résume-t-il. Avec un apprenti, il a attaqué les premiers travaux. "J'ai aussi mis mon fils Simon dans la boucle, car planter des haies, ce n'est pas un petit projet ! Ça fige les choses pour des années".
Sur un îlot de 12 hectares, il a ainsi aménagé 900 m de haies bocagères, soit trois lignes de 300 mètres, de manière à avoir des couloirs de 50 m de large pour faire des paddocks de pâturage avec un système de fil avant/fil arrière. Chaque couloir est délimité, d'un côté par une haie et de l'autre, par une clôture et une ligne d'eau.
35 personnes pour la plantation
Pour l'heure, les sujets sont encore jeunes, puisque la plantation a eu lieu en novembre 2025, avec l'aide du service aménagement paysager de la Chambre d'agriculture. "Un gros chantier, qui a nécessité pas moins d'un mois de travail de préparation et qui a mobilisé du monde", indique l'éleveur. Le jour même de la plantation, 35 personnes étaient là, famille et amis, pour prêter main-forte à l'éleveur, signe que le projet a su fédérer au-delà de la ferme. Les haies apporteront de l'ombre aux animaux, les mettront à l'abri du vent, seront source de biodiversité. Et d'ici 15 à 20 ans, les arbres pourront commencer à être valorisés en bois déchiqueté pour le paillage des animaux.
Pour ces plantations, l'éleveur a bénéficié des aides du Pacte en faveur de la Haie (19 500 €). Ces aides ont couvert presque entièrement le coût de l'opération, qu'il n'aurait pas pu entreprendre sans ce soutien. Outre les avantages environnementaux, agronomiques et pour le bien-être animal, le réaménagement des îlots facilite aussi la gestion quotidienne du pâturage et les déplacements des animaux.