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Lait
Prix du lait à l’Ouest : qu’y a-t’il dans la boîte ?

Après la sortie des indices du Cniel, les publications du Cilouest indiquent au final des valeurs utilisables pour payer le lait livré par les producteurs de Bretagne et des Pays de la Loire.

Dans l’Ouest, il s’agit du prix pour un lait standard à 38 g/litres de matière grasse et 32 g/l de matière protéique, pour la meilleure qualité (< 250 000 cellules/ml, 50 000 germes...). Cette référence est l’assurance pour les producteurs de toujours comparer la même chose…
Dans l’Ouest, il s’agit du prix pour un lait standard à 38 g/litres de matière grasse et 32 g/l de matière protéique, pour la meilleure qualité (< 250 000 cellules/ml, 50 000 germes...). Cette référence est l’assurance pour les producteurs de toujours comparer la même chose…
© AA

Les valeurs proposées par le Cilouest** pour le premier trimestre 2010 dans l’Ouest sont 295, 282,50 et 274,50 €/1 000 litres. Il y a en fait désormais trois composantes dans ce prix de base ou de référence qui permet à l’interprofession laitière régionale d’arriver à ces valeurs ci-dessus (tableau 1).

Le prix de l’année dernière : la référence au passé
Comme toujours  dans la formation du prix du lait de chaque mois, on se réfère au prix du lait payé l’année précédente. Pour 2010, la nouveauté consiste à repartir pour tous les mois de l’année, du prix moyen de l’année 2009, soit 278,88 €/1000 litres en Bretagne, Pays de la Loire (moyenne annuelle pondérée des livraisons de chaque mois).

L’indice économique : l’évolution de la valorisation du lait
Cette composante permet de transposer sur le prix du lait payé aux producteurs, la valorisation qui est faite de son lait par les laiteries. Cette valeur calculée tous les trimestres est issue de l’observation des marchés des produits laitiers réalisée par le Cniel*. En 2008, suite à la mise en demeure de la DGCCRF***, le Cniel avait dû changer sa façon de faire, et ne plus publier ses fameuses recommandations interprofessionnelles qui orientaient l’évolution du prix du lait payé aux producteurs.  Désormais, depuis l’accord national interprofessionnel du 3 juin 2009, le Cniel observe les points de conjoncture suivants :
- l’évolution des marchés des produits industriels ;
- l’évolution des marchés des fromages échangés sur le marché européen (gouda, edam, emmental) ;
- l’évolution  des marchés des produits laitiers vendus en France ;
- la différence de prix du lait  payé aux producteurs entre la France et l’Allemagne ;
- l’évolution des coûts de production  en élevage laitier.
L’observation de ces marchés se fait sur la base de données de marché reconnues pour leur fiabilité, leur objectivité et leur constance. C’est notamment le cas des données publiées par France Agri Mer (ex-Office de l’élevage ainsi que ex-Office national Interprofessionnel du lait – Onilait).
Pour calculer les indices de tendance des marchés, les professionnels de la filière considèrent en moyenne ce qu’il advient du lait produit en France : ainsi on considère que le lait produit en France est transformé par n’importe quelle laiterie en, au minimum 20 % de produit industriel (beurre et poudre), 20 % de fromages destinés au marché européen, et au maximum en 60 % de produits de grande consommation vendus en  France (yaourts, fromages français, etc.) % (voir schéma).
En conséquence, un des indices de tendance publié pour début 2010 donnait par exemple une valeur  de + 3,1 % (voir tableau 2).

Et la flexibilité additionnelle ?
Son équivalent en 2010 s’applique pour toutes les laiteries fabriquant plus de 20 % de produits industriels. Cette évolution complémentaire du prix du lait, différente pour chaque entreprise selon son niveau de fabrication de beurre et de poudre, est donc le  reflet de la valorisation de ces produits dits industriels dits basiques. C’est pour cela que suite à l’amélioration de ces marchés fin 2009, cette flexibilité s’est réduite de maximum - 18 €/1 000 litres en 2009 à – 4,41 €/1 000 litres au premier trimestre 2010.

L’indice de saisonnalité : incitation à la régularité des livraisons
Naturellement, du fait des périodes favorables ou non à l’alimentation des animaux, la production laitière connaît des variations de volumes saisonnières. Or, le consommateur mange des produits laitiers de façon régulière tout au long de l’année et le stockage coûte cher, voire est impossible pour certains produits laitiers… L’intérêt des producteurs et des entreprises laitières est donc bien d’avoir une production et une transformation de lait la plus régulière dans l’année possible.  Pour arriver à cela, il est nécessaire de favoriser par le prix, la  production de lait dans les périodes où il coûte normalement le plus cher à produire, c'est-à-dire en été – autrement dit, veiller à ce que le lait d’été et d’automne soit payé  plus cher que le lait de printemps et d’hiver.
Depuis 2007, les variations du prix du lait sont relativement importantes et rapides du fait de la conjoncture économique. Cela a  cassé la saisonnalité habituelle des paiements du lait telle que voulue par la filière laitière régionale. C’est pour cela qu’à partir de 2010, les membres du Cilouest ont tenu à afficher à part l’incitation saisonnalité.

Afin que ce message soit clair et constant auprès des éleveurs, sur l’incitation ou non a produire du lait sur tel ou tel mois,  le Cilouest a élaboré pour utilisation à partir de 2010, cet indice de saisonnalité déterminé pour chaque mois de l’année.  Attention toutefois, s’agissant de la première année d’application du système, l’année 2010 est transitoire vers des indices définitifs arrêtés pour 2011.

Laurent Boussès


*Cniel : Centre national Interprofessionnel de l’Economie Laitière.
** Cilouest : Centre interprofessionnel Laitier de l’Ouest.
*** DGCCRF : Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes.

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