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Élevage
Production porcine : un arrêt de l’hémorragie au second semestre ?

L’assemblée générale du Comité régional porcin (CRP) des Pays de la Loire s’est tenue sur fond de crise. Une détente sur le marché s’annoncerait néanmoins pour la fin de l’année.

En deux mots, pour résumer la situation des éleveurs, un porc charcutier nous coûte 1,70 euro/kilo en ce moment quand on est à peine payé 1,30 euro », introduisait d’entrée Jacques Lemaître à l’assemblée générale du CRP, le 22 mai dernier. C’est donc sous un tableau plutôt sombre que se réunissait la filière, dont une quarantaine d’éleveurs de la région, en quête de signaux positifs. « Ce que l’on aimerait savoir, avant tout, c’est quand va stopper cette hémorragie ? », interpellait un éleveur. Michel Rieu, économiste de l’Ifip, l’institut de la filière porcine, s’appuyant sur les prévisions de production à l’échelle européenne, se veut rassurant. « La baisse de l’offre européenne, en raison des réductions de cheptel, ici et là, devrait se concrétiser par un rééquilibrage entre l’offre et la demande au cours de l’été. L’écart entre la courbe “prix de vente” et celle du coût à la production devrait se resserrer radicalement. » Si cette annonce, comme toute prévision, doit être appréciée avec précaution, cette tendance laisse entrevoir un arrêt dans la baisse infernale des trésoreries. « Cela ne signifie pas que l’on va gagner de l’argent, interprète Jacques Lemaître. Il faudrait des cours à 2 euros pendant six mois pour rattraper nos pertes ! » « En effet, mais ce serait la première phase de rattrapage. La consolidation des trésoreries interviendra progressivement par la suite, avec une poursuite de la baisse de la production européenne en 2009 », complète l’économiste.

Cours du blé à 160 euros la tonne
Du côté des coûts de production très alourdis par la charge alimentaire, là aussi les professionnels osent espérer un apaisement. Certains curseurs reviennent au vert. La rupture de stock entre les deux campagnes des céréales semble écartée à ce jour. Si on table maintenant sur une bonne récolte européenne, les spécialistes estiment le prix du blé de la nouvelle campagne à un cours d’environ 160 euros/tonne avant majoration. Un montant qui renouerait avec une situation plus normale. Par contre, l’ombre d’un cours élevé des protéines, entretenu par la hausse du prix de l’énergie, plane encore sur le coût des formules d’aliment. En marge de ce point conjoncturel, une autre question, présente dans tous les esprits, a fait débat. Les regroupements en cours auront-ils un effet radical sur la fixation du prix du porc à Plérin et la valorisation du porc ? La question reste ouverte, les éleveurs attendent de voir.

CÉLINE JOLY - HÉLÈNE DESCLOUX

Inaporc

L’interprofession sur la voie du consensus

Alors que l’interprofession porcine connaît quelques tourments depuis plusieurs mois, Guillaume Roué, à la tête de la présidence depuis sa création, il y a six ans, est venu s’expliquer. « Inaporc est un lieu d’échanges où chacun peut faire valoir ses valeurs, ses idées ». C’est avec cet esprit que l’interprofession porcine continuer d’exister et surtout, joue son rôle d’interprofession. « Un groupe de travail proposera des évolutions au prochain conseil d’administration du 2 juillet afin que chaque famille s’y sente à l’aise et volontaire pour bâtir des projets collectifs. » Certains rôles, non justifiés, ont en effet été attribués à l’interprofession. « Certains ont cru à tort que l’interprofession allait solutionner le problème du prix », résumait Gérard Viel, président d’Arca. « Il n’a jamais été question de créer un organe de régulation du prix du porc », confirme Guillaume Roué. La mission première est de promouvoir la consommation, tant en France en redonnant ses lettres de noblesse à la viande de porc, qu’à l’export en affirmant l’étiquette France. « L’axe de la communication est le plus important et pourtant le plus contesté. C’est un travail de longue haleine, et c’est pour ça qu’il ne faut pas le caler. » À l’export, le travail collectif, notamment sur des zones à forte valeur ajoutée comme la Corée et le Japon, est complémentaire aux actions individuelles des entreprises. « Nous travaillons sur l’image de la production et du sérieux français. Nous jouons un rôle de “facilitateur”, et nous ne nous substituons pas au commerce des entreprises. » Et pour répondre au tac au tac à certaines critiques : « Pour promouvoir, il faut savoir séduire. En France, on inviterait des dirigeants de société à Roland Garros ou à une finale de foot, dans les autres pays, les mœurs nous font prendre d’autres initiatives. » L’innovation produit est aussi capitale pour la valorisation de la viande porcine. « Nous avons le devoir d’investir sur la recherche et le développement, en partenariat avec l’Ifip. » (voir ci-contre). Guillaume Roué a aussi mis l’accent sur les chantiers économiques. « Nous sommes en train d’étudier le comportement des consommateurs en fonction des prix dans les linéaires. L’objectif est de voir si en resserrant les prix du porc, en les tirant moins vers le bas, les volumes achetés restent tout aussi intéressants ». Malgré les perturbations d’Inaporc, les enjeux et les projets sont tout aussi stratégiques. L’ensemble des familles souhaite évoluer vers un consensus. Rendez-vous est donné au prochain conseil d’administration d’Inaporc.

C.J. - H.D.

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