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Reconquête ovine : priorité au prix, à la technique et à l’installation

Réunie en assemblée générale à Clermont-Ferrand, les 21 et 22 avril, la Fédération nationale ovine (FNO) fait avancer son projet de reconquête ovine lancé l’année dernière.

Pour Serge Préveraud, président de la FNO, 
« c’est bien le prix et la technique qui feront 
le revenu de nos entreprises ». 
Pour Serge Préveraud, président de la FNO,
« c’est bien le prix et la technique qui feront
le revenu de nos entreprises ». 
© Actuagri

La reconquête ovine a été lancée par la FNO en 2009, qui porte sur le prix, la technique et l’installation. En ce printemps 2010, les éleveurs ovins affichent leur optimisme malgré la crise agricole de 2009, et cela s’est vu à Clermont-Ferrand, le 22 avril, au deuxième jour de leur assemblée générale. Certes, le rééquilibrage des aides directes en faveur de l’élevage ovin et des systèmes herbagers, décidé lors du bilan de santé de la Pac en 2009, y est pour beaucoup : la nouvelle aide à la brebis (125 millions d’euros par an) est versée à partir de cette année. Mais ces soutiens accrus vont surtout renflouer des trésoreries déjà très fragilisées, rappelle-t-on à la FNO, qui affirme d’abord que « c’est bien le prix et la technique qui feront le revenu de nos entreprises », souligne son président, Serge Préveraud. Et obtenir un prix rémunérateur dans leurs rapports avec l’aval (transformateurs et distributeurs) exige des producteurs une organisation économique plus efficace. Ici, le ministère de l’Agriculture accélère le mouvement. Lors de son intervention devant les éleveurs, le directeur de Cabinet du ministre, Pascal Viné, a indiqué que le choix du seuil de 40 000 ovins pour être reconnu comme organisations de producteurs (OP) était « quasi acquis », dans le cadre d’un zonage départemental. L’heure est au regroupement de l’offre au sein d’OP fortes. Selon Serge Préveraud, cette disposition doit être inscrite dans un décret « pour être appliquée dans les jours qui viennent » ; elle va correspondre à « une restructuration de 50 % des organisations de producteurs d’ovins », estime-t-il.
L’organisation économique de la production est le préalable indispensable pour les éleveurs ovins à toute mise en œuvre, contrôlée par l’État, d’une contractualisation dans la filière. Contractualisation pour toutes les filières agricoles qui est une priorité du gouvernement dans le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP). Elle arrive au Sénat le 18 mai en procédure d’urgence. Selon le directeur de Cabinet de Bruno Le Maire, l’organisation économique de l’élevage ovin doit permettre de « gagner en compétitivité et négocier en position de force avec l’aval ». D’autant que l’aide Pac est valorisée si l’éleveur va vers la contractualisation. Ces contrats écrits devront garantir un volume et un prix pour une durée allant de 1 à 5 ans. De plus, dans la possibilité donnée par le projet de LMAP à l’interprofession de fixer volumes et prix, « nous sommes allés à la limite maximum de ce que permet le droit de la concurrence communautaire », a souligné Pascal Viné. Bruno Le Maire entend d’ailleurs obtenir de Bruxelles une modification de ce droit pour permettre aux interprofessions de jouer un plus grand rôle dans l’encadrement de la fixation des prix.

Transparence de filière
Seulement, sur la contractualisation proprement dite, Serge Préveraud avertit qu’« on ne peut pas régler un problème commercial aussi vite » et qu’il va falloir « un peu de temps ». En janvier, un accord interprofessionnel a déjà été conclu entre les producteurs et l’aval sur la gestion de l’offre et la valorisation du produit. Les producteurs se sont engagés à permettre une photo plus précise des sorties des agneaux à destination de l’interprofession, Interbev ovins, quand les opérateurs commerciaux se sont engagés à valoriser le produit.
Enfin, répondant à une demande de la FNO, Pascal Viné a proposé que dans le cadre du renforcement de l’Observatoire des prix et des marges, inscrit dans la LMAP, avec un rapport remis chaque année au Parlement, « la prochaine filière intéressée soit la filière ovine ».
La FNO a évoqué son inquiétude quant à la réforme des zones défavorisées sur laquelle travaille actuellement la Commission européenne. La FNO veut participer au groupe de travail mis en place sur le sujet par le ministère de l’Agriculture. 80 % des brebis françaises sont aujourd’hui en zones défavorisées.

Actuagri

Jean-Marc Gaborit*

« L’appui technique est essentiel pour être performant »

Comment avez-vous vécu ce congrès ?
Jean-Marc Gaborit : Dans l’élevage ovin, nous sommes sur un bilan en demi-teinte mais nous avons tous les ingrédients en main pour rebondir. Pour l’instant, le doute domine encore chez les éleveurs mais une fois que l’aide financière sera perçue, en fin d’année, nous pourrons voir à nouveau des investissements se réaliser.

Comment développer la production et améliorer le revenu des éleveurs ?
Je crois beaucoup à l’appui technique collectif pour négocier le virage de l’après 2013. Il nous faudra vraiment être performants. Or aujourd’hui les niveaux de productivité sont trop bas, surtout pour des raisons sanitaires, avec des taux de mortalité qui atteignent parfois 15-20 %.
Une rallonge budgétaire de l’État pour l’appui technique va permettre de mettre l’accent sur la formation des accompagnateurs de projets, par exemple. De plus, au cours du 3e ou 4e trimestre, un guide des bonnes pratiques en élevage ovin va être mis en place.

La réforme des OP aura-t-elle des conséquences dans les Pays de la Loire ?
La restructuration ne va pas engendrer de bouleversements ici, car nous avons eu déjà eu des regroupements de coopératives. En tant qu’éleveurs, notre délégation Pays de la Loire a d’ailleurs apprécié que des responsables de la filière aient fait le déplacement à Clermont-Ferrand, signe de leur volonté de pérenniser la production.

Comment attirer des jeunes vers le métier ?
La pyramide des âges est telle que plus de la moitié du cheptel est détenu aujourd’hui par des plus de 50 ans. On va devoir prendre le problème à bras le corps. Déjà, sur le terrain, nous travaillons sur l’axe départs-installations. Avec l’aide d’étudiants de l’Ésa, nous avons créé des supports de communication pour mettre en relation les cédants et les jeunes. Dans la région, il y a de réelles possibilités d’installation en production principale, mais aussi en ateliers complémentaires, avec du lait ou des céréales. L’élevage ovin peut permettre  de valoriser les couverts hivernaux.

Recueilli par S.H.
*Président de la section ovine de la FDSEA Maine-et-Loire.

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