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Monde
Regards croisés sur un congrès

Véronique Thomas accueille, sur son exploitation de Tiercé, Catherine Koné, agricultrice du Burkina-Faso. Le 3 avril, elles ont assisté au débat sur les réalités de l’agriculture dans le monde lors du congrès de la FNSEA à Nantes.

Du Maroc, du Brésil, du Québec, des États-Unis et du Burkina-Faso, des observateurs ont donné leur vision de la flambée des prix.
Du Maroc, du Brésil, du Québec, des États-Unis et du Burkina-Faso, des observateurs ont donné leur vision de la flambée des prix.
« L’agriculture a de l’avenir ». Dans le car qui les ramène dans le Maine-et-Loire, Véronique Thomas et Catherine Koné partagent leurs impressions à l’issue du congrès de la FNSEA à Nantes. Les deux agricultrices en tirent un bilan positif. « On va revaloriser ce métier », explique Véronique. « J’ai vu des agriculteurs qui allaient de l’avant », poursuit Catherine. Un même optimisme pour deux femmes aux quotidiens radicalement différents.
Catherine est en France pour deux mois. Cette mère de sept enfants est responsable d’un groupe de 20 femmes dans le sud ouest du Burkina-Faso. Ces agricultrices cultivent des céréales et des plantes maraîchères dans des champs collectifs. « Avec cette organisation, souligne la responsable, nous gagnons notre vie indépendamment de nos maris ». De l’argent qui permet de réaliser des projets collectifs : « Nous voulons ouvrir un magasin pour vendre les produits et acheter des bœufs et peut-être même un jour, un tracteur », et individuels : « J’ai pu financer les études de mes enfants. Aujourd’hui, l’une de mes filles est pharmacienne, l’autre
enseignante »
.

Prendre du recul
Lors de son séjour organisé par Afdi (Agriculteurs français développement international), elle est hébergée par Véronique installée à Tiercé en EARL avec son mari et son fils en polyculture-élevage et en maraîchage. L’occasion de découvrir les systèmes de production, la Cuma, la coopérative et... le congrès de la FNSEA. « C’est la deuxième fois que je me rends à une rencontre d’envergure nationale. J’ai trouvé cette journée passionnante, notamment le débat sur l’agriculture dans le monde (voir article ci-dessous) », explique l’exploitante française. Catherine, elle, a été très impressionnée par la foule et aussi touchée de voir l’un de ses compatriotes, Marc Gansoré, producteur de semences et de légumes et président du syndicat des producteurs de fruits et légumes burkinabé, intervenir lors d’un débat sur l’agriculture dans le monde. Face à ceux qui se réjouissaient de la flambée des matières premières et à l’engouement pour les biocarburants, Marc Gansoré qui sera présent le 15 avril dans le Maine-et-Loire, a expliqué «  que quelqu’un qui dort après avoir mangé et celui qui dort à jeun n’auront pas les mêmes objectifs au réveil. Nous devons déjà nourrir la population du Burkina afin de pouvoir parvenir à un même diapason de discussion avec les autres pays ». Lors du congrès, il a réclamé un plus grand soutien de l’état burkinabè aux producteurs et un renfort des partenariats entre producteurs du Nord et du Sud.
Pour les deux agricultrices, ce volet international a été d’une grande richesse : « Cela nous a permis de prendre du recul par rapport à nos métiers, de donner une autre dimension à ce que l’on fait tous les jours ».
Noëlle Huart

L’agriculture mondiale aux multiples visages

Une table ronde sur les “Réalités de l’agriculture dans le monde”, a été organisée lors du congrès de la FNSEA à Nantes, le 3 avril.

« C’est un rattrapage au niveau des prix des céréales pour les agriculteurs. On ne peut pas parler de surenchère, ce prix on l’attendait », a lancé Laurent Pellerin, agriculteur au Québec et premier vice-président de la Fédération canadienne de l’agriculture lors du débat organisé par la FNSEA à Nantes autour des réalités de l’agriculture dans le monde. Aux États-Unis, c’est l’euphorie à en croire Christian Berger, conseiller agricole auprès de l’ambassade de France à Washington. « Le revenu net agricole a battu tous les records en 2007. Après la crise des subprimes, le secteur rural est le seul secteur heureux, même si les productions animales tirent un peu la langue. »

Vulnérabilité
Mohamed Jaouad, conseiller du président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader) veut bien entendre que la hausse du prix de certains produits agricoles profite aux paysans. Mais les pays les plus pauvres n’ont pas les mêmes armes budgétaires pour répondre à son incidence sur le coût de l’alimentation. « Les pouvoirs publics de ces pays ont des problèmes de budget pour subventionner les prix à la consommation. Alors que c’est une question de stabilité politique. » En Afrique de l’Ouest, les prix du riz, du lait, du sucre se sont emballés confrontant les Etats de la région à de sérieuses difficultés pour assurer l’alimentation de leur population. « Il faut aider ces pays », a alerté Mohamed Jaouad. Parallèlement, les producteurs africains ne sont pas dupes, la situation est due aussi aux politiques menées par leurs États. « Le mécontentement est total » sur les orientations prises pas les autorités, raconte Marc Gansoré, producteur de céréales et de fruits et légumes au Burkina Faso, et président de l’Union nationale des producteurs de fruits et légumes de ce pays. « Nous demandons à l’Etat d’accompagner les producteurs locaux », a-t-il souligné.

Réactivité
Mais la perception de la hausse du cours des matières premières et de la baisse du pouvoir d’achat est bien différente au Brésil. « Nous considérons la situation avec distance car la réaction de notre offre de production a été rapide grâce à notre grand potentiel en terres arables », a expliqué Géraldine Kutas, conseillère Politique internationale de l’Union des industries de la canne à sucre de Sao Paulo. La production brésilienne de maïs a déjà augmenté de 20 % en 2007.
ACTUAGRI
 

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